ACTE II, SCÈNE III
Sitôt que yous sentez l'aiguillon de la chair,
Voyez-vous, a tout prendre, il en coûte moins cher
De choisir un réduit de honne renommée,
Comme est cette maison, bien propre et bien famée,
Que d'aller, comme on fait, séduire méchamment
La femme du prochain pour s'en faire l'amant ;
Au moins le pauvre monde y gagne un peu sa vie.
Pour qui veut se passer une pareille envie,
Sans parler des soupirs et des soins assidus,
Des craintes, des chagrins et des momens perdus,
Ce sont riches cadeaux et coûteuses parures, .
Que sais-je ! points de Flandre, éventails et fourrures,
Sans compter que c'est la pêcher mortellement ;
Car je défends toujours l'honneur du sacrement,
Moi qui vous parle, et tiens pour régie générale
De ne pas transiger sur les points de morale :
Puis, si l'époux apprend...
FERRQN.
(A part.) Tais-toi. Quel souvenir !
SCHOLASTIQUE
Dr çà, mon bon seigneur, je vais faire venir Geneviève-la-Brune, accorte et bien apprise, Dont vous serez content, ou je suis bien surprise; Celle-là n'a jamais connu le médecin :
Sa bouche est aussi fraîche et son corps aussi sain...
PERRON
C'est bon, je n'en veux pas.
158 LA MORT DE FRANÇOIS Ie'
SCHOLASTIQUE
Isabeau-l'Ahurie Conviendrait- elle mieux à votre seigneurie ?
FERRON
Non.
SCHOLASTIQUE
Agnès-Blanc-Tétin ; c'est un joli surnom, Vous en pourrez juger; Pirai-je quérir?
FERRON
Non.
SCHOLASTIQUE
Alors...
FERRON
Ecoule-moi, vieille. As-tu, d'aventure, (Après avoir regardé autour de lui.) On ne nous entend pas ? bon ; — une créature... Tu comprends, n'est-ce pas? Voyons...
SCHOLASTIQUE
C'est étonnant, Je n'y suis pas du tout.
FERRON, après lui avoir dit quelques mots à l'oreille- Comprends-tu maintenant?