acte nr, SCÈNE m
Dès que je le permets!
(François P* se relève péniblement).
Ecoute ; les enfers N'ont pas de maux pareils à ceux que j'ai soufferts; Mes traits, nouveaux pour toi, paraissent te surprendre : Ah ! la chose n'est pas malaisée à comprendre ; La douleur, — vois-tu bien, — n'est pas longue à vieill'r Son homme, et quand le cœur s'est pris à défaillir, Qu'il n'y reste plus rien, hélas ! il est d'usage Que les rides de l'âme aillent vite au visage. — Tu m'as déshonoré. Tu dois te souvenir Comme j'ai tout appris : j'ai voulu te punir. Il me vint dans l'idée, à moi, quêta complice Elle-même servît d'instrument av. supplice. Alors je suis allé dans le lieu que j'ai pu Trouver le plus infect et le plus corrompu. Entends-tu bien cela? — Là, j'ai risqué ma vie. Grâce à l'enfer, ma haine à souhait fut servie. Or ce mal dont tes gens ne t'ont pas dit le nom, Est-il encor besoin que je te le dise?
FRANÇOIS 1er.
Non !
Pour Dieu, n'achevez pas! Que pouvez-vous prétendre A présent?
FERBON.
Je n'ai pas tout dit. 11 faut m'entendre. Sais-tu qu'après cela, ma femme que j'aimais, Voulait à ton amour renoncer à jamais, Et qu'il me fallut, moi, — comprends-tu la torture? — Pousser jusqu'en ton lit la pauvre créature !
^00 LA MORT DE FRANÇOIS I''r
— Elle est morte; — c'est bien ; — moi je me suis guéri, Mais de corps seulement, car le cœur est flétri ! Misérable et souffrant, et las de l'existence ;
J'ai blanchi dans le jeûne et dans la pénitence; Hélas ! je crus gagner à changer de tourment, Et que c'est souffrir moins que souffrir autrement. J'ai fui; mais la douleur, effroyable compagne, Parcourut avec moi l'Italie et l'Espagne. Quoiqu'elle m'ait fait chauve et caduc en huit ans, J'ai su que tu mourais, j'accours! — Il était temps.
— Je repars; mais entends mes adieux: Anathème! Puisse Dieu sur ton front sécher l'eau du baptême ! Anathème sois-tu, roi de France, et les tiens Anathèmes soient-ils entre tous les chrétiens.
FRANÇOIS 1er, faisant un dernier effort. A moi !