A MON FRERE
Frère, quand les soucis et les peines sans nombre Déroulent à mes yeux l'avenir triste et sombre, Je me prends à songer à ce jour plein de deuil Où, la première fois, nous vîmes un cercueil :
Nous étions orphelins ; nous n’avions plus de mère...
Il fallut, nous aussi, boire à la coupe amère
Où chacun ici-bas s’abreuve tôt ou tard.
Sa dernière parole et son dernier regard [dit-elle, Furent pour nous : “ Enfants ! chers enfants, nous Approchez ! voulez-vous que ma voix maternelle Vous enseigne en mourant le secret d’être heureux : Soyez toujours unis et marchez deux à deux ! ” Nous lui promîmes tout: tu t’en souviens! Ecoute !
Bien des malheurs depuis ont marqué notre route ;
Eh bien ! soyons unis ! et, la main dans la main,
Aidons-nous, et trompons les ennuis du chemin !
Février 1863,
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x ! 99 Ecoute !
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