Parlie liée
jeu fît la remarque que Vladimir Petrovitch était horriblement malheureux. Puis Doubkov, après avoir écrit quelque <;hose sur un portefeuille, le montra à Volodia qui regarda distraitement et dit ensuite : « Cest cela! i Et ils laissèrent le jeu.
Volodia prit Doubkov et je montai avec Dmitri dans sa voiture.
— A quel jen, jouaient-ils? demandai-je à Dmitri.
— Au piquet, un jeu stupide. En général, d'ailleurs, le jeu est une stupidité.
— Et jouent-ils gros jeu?
— Ils ne jouent pas gros jeu. N'importe! Ça n'est pas bon.
— Et vous ne jouez pas?
— Non. J'ai donné ma parole de ne pas jouer... Oui, Doubkov ne peut pas faire autrement que de gagner, repritil comme se parlant à lui-même.
— Mais ce n'est pas joli de sa part; car c'est, en ce cas, .que Volodia joue moins bien que lui?
— Certainement, ce n'est pas bien. Heureusement, il n'y a point, à cela, un très grand mal. — Doubkov aime à jouer et il sait jouer. Au fond, c'est un excellent homme.
— Mais, je n'ai pas pensé... repris-je.
— On ne peut certainement penser aucun mal de lui; car, c'est un excellent homme et que j'aime beaucoup, et que j'aimerai toujours, malgré ses faiblesses.
Il me sembla — justement parce que Dmitii défendait trop ardemment Doubkov, qu'il ne l'aimait pas et qu'il ne l'estimait pas. Mais il s'en défendait par pur entêtement et pour qu'on n'eût pas à lui reprocher son inconstance.
Il était de ces natures qui aiment pour toute leur vie, non que les objets de leur affection leur restent également chers, également agréables ; mais parce que, ayant commis la faute d'aimer, ils jugeraient déshonnête de ne plus aimer...