L'IMMORTALITÉ DE L'AME
De nos jours où l'infidélité marche si ouvertement, et que même à Montréal, à l'ombre de l'Eglise, on voit ces mots: Free Thought Club, invitant des discussions sur ces sujets, il me semble qu'il est bon même de tirer le rideau qui doit cacher la vie sacrée de la famille, si par ce moyen on peut démontré, ne fut-ce qu'à une seule personne, que l’âme est immortelle, que nous pouvons être assurés que ceux que nous chérissons et qui nous berçèrent ne sont pas perdus, maïs n'ont fait que nous dévancer un peu, et qu'il n’en est pas comme le veulent ces misérables athés, qui disent que tout n’est que matière, et que nous retournerons au néant, Je ne peux pas concevoir qu'un être ayant perdu père ou mère, sœur ou frère, par la mort, peut pour un instant se permettre cette criminelle, cette horrible doctrine, Ah! pauvres misérables, s’il y en a parmi vous qui sont capables d'accepter une croyance si pénible, gardez la
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cachée dans votre cœur, n’essayez pas de la propager; mais permettez-nous d'avoir la consolation de l'assurance parfaite que les liens rompus dans ce monde par la mort nous serons. réunis avec une plus grande abondance de bonheur. Maintenant, mes faits Venez avec moi à la maison qui existe vis-à-vis le Morrin College, sur la rue Ste, Anne, à Québec. Cette maison occupée il y a quelques années par l’Hon. M. Chouinard a été notre maison paternelle durant dix ans. A l’époque dont je vous parle, Morrin College était la prison, et à l’âge de neuf ans j'étais présente à la mort de ma mère. Madame veuve François Roy, la tante de cette Dile Balzaretti, plus tard Mad. Boucher, était présente, ainsi que mon grand oncle, et virent la scène qui se présenta. Une très belle dame, âgée de vingt-huit ans seulement, étendue sur son lit de mort, l’aînée de ses six enfants n'avait que neuf ans (moi-même), venait de mourir, elle n'avait pu parler depuis quelques heures. Sa voix était trop faible pour articuler, Son mari désespéré criait dans son agonie, “elle est morte, elle est mortel!” lorsqu'une voix claire, forte était entendue : “ Non, pas morte,
mais avec Jésus.” Sa voix est revenue pour
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quelques minutes, et elle a parlé à tout et chacun et à moi spécialement, me donnant de bon conseils, me confiant mes petites sœurs et mes petits frères. Un avis qu’elle m'a donné et que je n'ai jamais oublié, et qui après plus de cinquante ans résonne encore dans ma mémoire, est celui-ci: ‘“ Mon enfant, je ne sais pas quel sera ton sort dans la vie, peut-être très heureuse, alors remercie le bon Dieu! Mais, lorsque le malheur viendra, ne murmure pas en regardant avec envie ceux que tu croiras plus heureux, tu ne connais pas leurs peines secrètes, mais porte ton regard sur ceux qui souffrent plus que toi, et sois reconnaissante pour ce qui t'est donné de bonheur.” Ces mots ont été le principe de ma vie, Peu de personnes ont eu plus d'années de vrai bonheur suivies de peines aigues ; mais, lorsaue la mort décima ma famille, et que pendant dix ans je portais presque toujours le deuil, je reprenais courage; pourvu que ceux qu’on aime sont bons, qu'importe s’ils sont ici avec nous sur la terre ou nous ont précédés dans le ciel, La dame dont je vous parle était protestante, mais une sainte. Où elle a été élevée il n’y avait jamais eu une église catholique, elle était entièrement pieuse selon sa croyance. ‘“ Celui
qui connaît la loi sera jugé par la ioi, et celui qui ne connaît pas la loi sera jugé sans la loi.” Si forte était l'impression de cette scène que je me rappelle même des mots de l'hymne qu'elle me demanda de lui lire, Qu'est-ce qui donnait à cette jeune dame le courage d’expirer sans une larme, et de laisser six petits enfants dont la plus jeune n'avait que six mois? C'était la foi. Elle savait que nous sommes tous entre les mains de Celui qui ne permet pas qu'un petit oiseau tombe sans sa permission. Prions tous avec ferveur, et cette foi nous sera donnée aussi, En entendant cette lecture, elle ferma les yeux, et c'était fini.
Comme la plupart de mes lecteurs comprennent l'anglais, je vais le reproduire :