I.t' iviiir reverdit tous les ans
I)«tnc, pas de soupirs superflus Lorsque tu voi<! tourner ta crème.
Si tu n'es ni vieux ni perclus, Ne pleure pas en cerf qui braime, Ni ne fais la irueulc de brème, llomme disent les paysans, Pâques revient après Carême.
Le caur reverdit tous les ans.
Prince, voici mon théorème :
Aimer chaque amour que tu sens Comme si c'était le suprême.
Le cœur reverdit tous les ans.
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BALLADE DK L II I UONDiaLE
l/liirondollc, oiseau de romiince Banal au bout des mauvais vers, Est la reine du ciel immense.
Mais, malgré sa course à travers Mille et un mondes découverts, Malgré ses vagabonds coups d'aile Aux i)lus lointiiins diables vauverls, Hlle n'a (ju'un nid, Thirondelle.
Son vid va, vient et recommence.
• Elle a la cervelle à l'envers 1
• C'est la débauche et la démence !
« Elle aime donc tout l'univers ! »
nisent colimaçons cl vers.
DANS LF.S R F. Mot s 05
Sur elle prends plutôt modi-Ie, Bourgeois rampant, Irisle et pervers.
Elle n'a qu'un nid, riiirondello.
Sans doute, à Iheure li'iiu'lénience Où de la neige en menus- vairs Choit la froide et molle semence, L'hirondelle a fui nos hivers.
Mais du pays des vétivers Toujours elle revient tidèle Au même coin des volets verts.
Elle n'a qu'un nid, l'hirondelle.
Prince, entre tant d'amours divers, D'un seul bâtis la citadelle «)ù l'on t'accueille à bras ouverts.
Elle n'a qu'un nid. l'iiiioiulelle.
96 MKS r \ 1! \ItlS
J'ai vécu. Voici mon avis.
Fuis le baiser de la Chimère Qui vous laisse une soif amère El des désirs inassouvis.
Concentre tous tes sens ravis Dans cet ici-bas éphémère.
La terre est ta femme et ta mère :
Greffe-toi sur la terre, et vis.
Dans ses entrailles prends ta force, Comme un chêne, Que ton écorce Se ;,'onfle de son suc vivant.
Kl tends tes poings noueux ijjeins d'elle,
Pour que la Chimère, ce veni,
Y casse en hurlant ses coups d'aile.
IIANS LKS REMOL"^
Autre conseil, au temps des fleurs !
L'arbre, gercé par la froidure, Sent mollir son écorce dure ir.ii'i 11 vAvo jaillit en plcui's.
Les oiseaux aux primes chaleurs Chantent déjà dans la verdure.
Jouis d'Avril pendant iju'il dure, liht'MO. emplis-loi de nids sirfleurs.
Tes pieds sont vissés dans la terre ; Mais tes branches vers le mystère Tendent leurs bras i''i)ris du vol.
Aime l'oiseau, le vent (jui passe, Et par eux, vieux forçai du sol, Soùle-toi d'azur et d'espace.
« U fatigue de vivre ! Encore une journée
« Qui recommence! Encore une étape à fournir !
« Cette route jamais ne sera terminée !
» Le passé me prédit quel sera l'avenir.
< L'aube amenant midi, midi le crépuscule,
« D.iiis i";iul)i' IiImiicIic on voit déjà le snir j;iunir.
' Marclier, toujours marcher vers un but qui recule.
( Le poursuivre, en sachant qu'on n'y doit pas toucher,
« Quel supplice, à In fois atroce et ridicule ! »
— Mais songe aux pieds des moris, las de ne plus niarche
r»ANS LK< Il KM o es
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Tes fe'uèires, ton bâton, ton snc- ! Ouvre la porte. Ne l'acca^'narde pas chez toi comme en prison. ^■'vs, laisse errer ta course où le hasard la porte.
Tu dis : . Toujours l'étape, et point de garnison ! . Prends garnison partout, dans 1 auberge clémente ^>ui pour dôme a le ciel et pour murs Ihorizon.
C'est le désir d'un but fixé qui te tourmente.
L'arrivée incertaine attriste le départ.
Mais l'arrivée est sûre et la route est charmante
^»uaiid .111 m.MvI,.. en rêvant sans aller nulk- jiart.
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