SEPTEMBRE
Charlotte et Jacqueline
En avoir une... ah! pensez donc, Déjà c'était une fortune.
D'une autre le ciel m'a fait don.
En avoir deux... ah! pensez donc!
De tout j’eusse fait l’abandon Pour pouvoir en obtenir une,
En avoir une... ah! pensez donc, Déjà c'était une fortune!
Et maintenant j'en compte deux, L'une aussi charmante que l’autre; Et voyez si je suis heureux Maintenant que j'en compte deux!
Vous importuneriez les cieux
Pour que l’une d’elles fût vôtre; Et voilà que j’en compte deux, L'une aussi charmante que l’autre!
L’une a déjà fait ses cinq ans,
L'autre à peine quelques semaines.
Ce ne sont donc plus des enfants:
L’une a déjà fait ses cinq ans.
Combien aux yeux des grands-parents Ces deux visions sont sereines:
L’une a déjà fait ses cinq ans,
L'autre à peine quelques semaines!
Charlotte est grande et parle haut ; Plutôt pensive est Jacqueline.
Et puis, si le redire il faut,
Charlotte est grande et parle haut.
Ce n’est, certes, pas un défaut,
Non plus que d’être moins mutine:
Charlotte est grande et parle haut; :
Plutôt pensive est Jacqueline.
Je crois pouvoir le dire ici, Elles sont également belles ;
Et puis, que j'en raffole aussi
Je crois pouvoir le dire ici,
En ajoutant encor ceci:
Au monde je ne vois plus qu’elles Et crois pouvoir le dire ici, Elles sont également belles.
De toute l’ardeur de mes vœux
Parfois j’évoque leur image,
Et les embrasse toutes deux
De toute l’ardeur de mes vœux, Cherchant, au fond de leurs grands yeux, Quelque chose de mon jeune âge, Lorsque, dans l’ardeur de mes vœux, Parfois j’évoque leur image.
Je les vois grandir, embellir
Dans leur cœur comme en leur personne,
Sans craindre, moi, de trop vieillir
A les voir grandir, embellir.
Indéfinissable plaisir,
Jusqu'à ce que mon heure sonne
Je les vois grandir, embellir,
Dans leur cœur comme en leur personne! !
Douces et saintes visions
Qui bercez le cœur des grands-pères ES Lassés de désillusions!
Douces et saintes visions!
De quels merveilleux horizons
Vous dorez leurs heures dernières, Douces et saintes visions
Qui bercez le cœur des grands-pères!