‹ Mes premières années de ParisChapitre 109 sur 136 · LIVRE IV. — PROSERPINE · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — PROSERPINE

PROSERPINE

Ne l'épouse pas si tu veux te soustraiie Au noir sépulcre, et si tu veux sauver ton frère !

ANGIOLA

Mon frère!

PROSE RPIiNE.

Il va mouri]'! Tu n'as plus qu'un moment. Tu viens du cloître; alors tu dois croire au serment, X'est-ce pas? Jure-moi, par ta mère c{ue glace La terre, de ne pas l'épouser, quoi qu'il fasse! Romps le charme maudit dont il t'ensorcela. Jure.

AXGIOLA, r observant.

Quel intérêt avez-vous à cela?

L'ardeur dont vous parlez...

Renonce à ta chimère Et je te sauverai. Jure-le par ta mère!

ANGIOLA

Il faudrait...

PROSERPINE

Sur-le-champ!

ANGIOLA

Ni ce soir ni demain.

Vous ne m'effrayez pas. D'autant qu'à votre main, A votre voix, à tout votre air, je conjecture

Que vous n'avez jamais dit la bonne aventure.

PROSERPINE

Non, je ne la dis pas, enfant, — mais je la fais!

Elle se démasque.

L'amour aurait pour vous de sinistres effets. Tenez, vous m'avez l'air d'une enfant simple et douce, Allez- vous-en! J'ignore où le démon me pousse, Mais je sens que mon sort touche au terme à présont, Et qu'il va se verser moins de pleurs que de sang i Votre Sabatino m'appartient! Soyez sage, Et tâchez de ne pas me barrer le passage, Ou vous pourriez avoir k vous en repentir. Au couvent! au couvent! Je dois vous avertir Que ce ne sont pas là des amours comme d'autres. De lugubres amours, pauvre enfant, que les nôtres! Les lames vont reluire avant la fin du jour. Les autres, d'ordinaire, ont, pour faire l'amour, Les serrements de main où toute l'àme passe. Les mots mystérieux, les rougeurs de la face. Le sourire, les pleurs, que sais-je? C'est à coups D'épée et de stylet que nous le faisons, nous!

AN GICLA, criant.

Ucnzo !

1>R0SERPI.\E.

Silence!

ANGIOLA

A moi, Renzo! Renzoi

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