‹ Mes premières années de ParisChapitre 23 sur 136 · A MADAME JEANNE · texte numérisé non relu

A MADAME JEANNE

Pourquoi je viens peu souvent ?

— Supposez qu'on vous conduise.

Quand vous avez faim, devant La table la plus exquise.

Le lustre jette un frisson Sur les verres de Bohême ;

Le vin est une chanson, Le dessert est un poëme !

C'est un régal à donner J.'appélit de l'homme à l'ange :

Eh bien ! ce divin dîner, C'est un autre qui le mange I

Un autre, bras accoudes, S'emplit, se gorge, se carre.

Et vous, vous le regardez. — Voilà pourquoi je suis rare.

Un autre vous mange, hélas !

Un autre est là qui, vorace, Veut pour lui tous ces doux plats.

Jeunesse, esprit, beauté, grâce !

Un autre est là, fier, joyeux.

Indilïérent à nos fièvres, Qui se repaît de vos yeux Et se grise de vos lèvres

Et, le soir, je m'en reviens Avec une faim accrue

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