LIVRE IV. — L'AVÉxNEMENT D'HENRI V
Ainsi le prince va, rompant ces viles chaînes, Rejeter ses amis comme des mots obscènes, Et ne gardera d'eux qu'un savoir plus profond De ce que les méchants imaginent ou font. Et, connaissant par cœur leurs trames déloyales, Ses fautes deviendront des qualités royales.
LE ROI
On ne voit pas l'abeille abandonner le miel Qu'elle dépose au creux d'une charogne... — Ciel! Approchez -vous, amis, mon malaise redouble; Je n'y vois plus; je sens ma tête qui se trouble; Je tombe; à moi, mes lils !
Il se trouve mal.
HUM PII RE Y, le soutenant.
Que Votre Majesté Prenne courage !
GLARENCE.
0 Dieu! quelle calamité!
^VAR^VICK.
Du calme! ces accès sont fréquents; cela passe, Mais il lui faut de l'air; éloignons-nous, de grâce.
Tous s'écartent du roi.
CLAREXCE.
Ces accès sont trop forts pour son sang épuisé. Son pauvre corps royal est tellement usé Par les coups répétés dont le destin le frappe Que je vois au travers son âme qui s'échappe.
"llli MES PREMIÈRES ANNÉES DE PARIS.
iiUMPiiRt: y.
l.es récits de la foule annonccnl de grands maux : On a vu circuler d'étranges animaux; Des pères ont frémi de leur progéniture. Les saisons ont rompu le cours de la nature; On dirait que Tannée, ayant trouvé là-haut Plusieurs mois endormis, les a franchis d'un saut.
CLARENCE
La rivière, poussant ses eaux désespérées, A, sans un seul reflux, éprouvé trois marées; Oui, c"cst un grand malheur qui nous est annoncé Car les vieillards, bavards registres du passé, Disent, en y voyant de sinistres présages. Que le même prodige effraya nos rivages Justement quelques jours avant que le linceul Enveloppât le grand Edouard, notre aïeul.
AVARMICK.
Plus bas! le roi revient.
nuMiMiRry.
Ah ! sa ^ie est tarie!
LL ROI
Portez-moi sur ce lit.
On lu soulève.
Doucement, je vous prie.
On le place sur lo lil.
Ne faites pas de bruit, chers amis. Je voudrais Seulement qu'on me vhit faire, mais pas trop près.