‹ Mes rimesChapitre 24 sur 29 · A MONSEIGNEUR FABRE · texte numérisé non relu

A MONSEIGNEUR FABRE

Monseigneur ! vous venez scruter mon être intime, Ouvrir mon cœur saignant, ainsi qu'une victime, Y lire mon destin, en bien, en mal écrit, Et laver tout le mal avec le sang du Christ ; Yous ne m'en dites rien, mais je sais bien comprendre Ce qui me reste, après ce que vous venez prendre : La mort devient mon lot puisque l'âme est à vous. A vos pieds Bon Pasteur, je me mets à genoux Pour que vous m'emportiez plié sur votre épaule. Monseigneur! C'est très-grand; vous jouez un beau rôle; Infatigable acteur, debout près de la croix Yous nous appelez tous, de votre douce voix ; En vain plane la mort au-dessus de l'abîme, Partout où vous passez il n'est plus de victime, Il n'est que des élus qui sortent de vos mains. La paix marche après vous, suit toujours vos chemins : Depuis votre* venue il me semble être un autre Que je n'étais avant : vous m'avez fait apôtre,

Je prêché autour de moi la résignation,

J'appaisc les chagrins, la désolation

Que provoque mon sort : Monseigneur ! c'est miracle

Je tenais à la vie, eh bien ! c'est comme obstacle,

Sacrifice, malheur, qu'aujourd'hui je la vois.

Si, de vie ou de mort, je devais faire choix,

Je n'hésiterais pas ; des lueurs purpurines,

Le sang du Christ jailli des piqûres d'épines,

Goutte à goutte tombé sur les fleurs du chemin,

Me dirigent au ciel, que montre votre main.

LA

Page 1