‹ Mes souvenirs (volume 4)Chapitre 122 sur 200 · A LA POURSUITE D'ABD-EL-KADER · texte numérisé non relu

A LA POURSUITE D'ABD-EL-KADER

Au bout du sabre. — Deux victimes. — Le capitaine Ducrot. — Ça se gâte. — En retraite. — Va-et-vient. — Oreilles salées. — Cavalerie ruinée. — Vie de garnison. — Bourbaki. — Un original. — Histoire d'amour. — Souvenir.

La catastrophe de Sidi-Brahim, que j'ai racontée dans le chapitre précédent, ne créa pas l'insurrection qui nous mit tous en campagne. Mais elle Pétendit et y marqua l'entrée d'Abd-el-Kader. Cette insurrection avait éclaté, dès le mois d'avril, du côté d'Orléansville, dans le Dahra. Le Mohammed -ben-Abdallah contre lequel nous nous étions escrimés en Kabylie était surnommé Bou-Baghla (Phomme à la mule) . Le Mohammed-ben-Abdallah qui opéra parallèlement aux environs d'Orléansville, était surnommé Bou-Maza (l'homme à la chèvre), à cause d'une chèvre familière qui le suivait comme un chien. Bou-Baghla et Bou-Maza se donnaient tous les deux pour le Moul-Saâ (le mattre de l'heure) , une sorte de Messie annoncé, par les prophètes arabes, comme devant chasser les chrétiens venus pour punir les péchés des croyants, et destinéàrégner sur le monde musulman pacifié. Cette croyance, cette attente d'un libérateur, soigneusement entretenues par les confréries religieuses, sont encore, à l'heure qu'il est, profondément ancrées dans l'âme des Arabes, et leurs chefs

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