II AVANT-PROPOS
ce discret confident de mes pensées, que, lors de mon évasion des mains de l'ennemi, àPontà-Mousson, je l'emportai avec moi. Je l'avais placé sur ma poitrine, en dessous de vieux vêtements civils que m'avait donnés M. Schwœbel. C'était d'ailleurs parfaitement insensé, attendu que, si j'avais été arrêté et fouillé par quelque uhlan trop curieux, ma qualité d'officier français en rupture de ban devenait ainsi par trop facile à découvrir.
Ces notes ont pris, dans la suite, une importance qu'alors j'étais loin de prévoir. On y trouve, par exemple, dans le récit de la bataille, de. Sadan, cetta phrase caractéristique : « ...La général (Ducrot) m'envoie dira à Galliffet de charger sans retard... » Et plus loin : « Nous allons alors à Galliffet... Nous nous mettons à ses côtés pour ébranler ses escadrons à la charge... » Je le demande à tout homme de bonne foi. Ce document tout personnel, écrit deux ou trois jours après la
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bataille, sous le toit où tout l'état-major du premier corps avait cherché un abri, dans cette presqu'île d'Iges que l'histoire a dénommée « le Camp de la misère », n'est-il pas la preuve irréfutable que c'est bien le général de Galliffet qui avait pris, après la blessure mortelle du général Margueritte, le commandement de sa division, et qu'il était bien, au su et au vu de tous, général de brigade, puisque, malgré la présence de colonels de cette division plus anciens de grade, c'est auprès de lui que m'envoyait et que se plaçait lui-même plus tard le général Ducrot, pour lancer encore une fois sur l'ennemi ce qui restait des « braves gens »?
Si j'insiste sur ce point, c'est pour souligner, sans fausse modestie, l'intérêt qui s'attache avec raison à des souvenirs fidèlement rédigés d'après des notes prises sur le vif des événements mêmes. Le public a d'ailleurs semblé le comprendre plus que je n'étais en droit de