MME DE POLIGNAC ET M. DE BRETEUIL
que l'on affecta de consulter sur les clauses du contrat.
Pour rompre le mariage, on imagina la demande que fît Mme de Polignac de se charger elle-même de l'éducation de sa future belle-fille. Le baron, comme de raison et comme on s'y attendait, prit cela pour une injure et sentit qu'il n'avait rien à espérer de ce côté-là.
Lorsque cela se passait , je n'étais point encore à portée d'être mis par Mme de Polignac clans toutes ses confidences; mais à l'époque où elle osa avouer son amitié pour moi, je la trouvai très sincèrement ennemie de M. de Breteuil, et Mme d'Andlau, sa tante et mon amie de tous les temps, m'a confirmé la vérité de ces particularités que j'avais apprises par Augeard (1), secrétaire des commandements de la Reine.
(1) Très attaché à la famille royale.. Augeard fut accusé d'avoir formé le complot de conduire le Roi et la Reine à Metz ; traduit devant le Chàtelet, il fut acquitté; trois mois après, ayant été impliqué dans le projet de départ de Louis XVI pour Montmédy, il échappa aux conséquences d'une seconde instruction criminelle en se retirant à Bruxelles. Il composa dans cette ville, sur l'ordre des princes, le manifeste par lequel ils protestaient contre la Constitution; rentra en France après le 18 brumaire (9 novembre 1799), et mourut à Paris le 30 mars 1805.