VI AVERTISSEMENT
tés sur l'échafaud ; celui qui avait été choisi pour être le principal conseil des ministres a perdu toutes ses places. Néanmoins il n'a rien oublié du passé; il est toujours fidèle au Roi et à la Reine, — lui et sa femme prirent le deuil le 21 janvier 1793 et ne le quittèrent plus jusqu'à leur mort, — mais il les juge sans faiblesse, ainsi d'ailleurs que les autres personnages de l'histoire. Son opinion est parfois sévère : on retrouve l'homme qui n'a jamais transigé avec sa conscience et n'a jamais voulu être Vdme damnée de personne.
A cette date de 1797, Moreau est près d'atteindre ses quatre-vingts ans (1) ; il a assisté aux épouvantables scènes de la Terreur, et a failli, suivant son expression, périr sous le couteau de Robespierre. Il ne faut donc pas s'étonner si le mysticisme que nous signalions au cours de la notice placée en tête du premier volume l'amène à rechercher les causes de la Révolution dans l'impiété des grands et dans les crimes des rois, et lui fait considérer tous les malheurs qui viennent de fondre sur le trône comme le châtiment non seulement du présent, mais encore du passé. On n'est pas habitué à rencontrer l'Histoire sous ce point de vue, et peut-être trouvera-t-on intéressant de suivre
(1) Le portrait de Moreau reproduit au commencement de ce second volume le représente vers cet âge. Il est de tradition dans la famille que ce portrait a été retouché par Greuze.
AVERTISSEMENT vu
Fauteur dans les rapprochements par lesquels il s'efforce de mettre en lumière sa manière d'envisager ces terribles événements, destinés à donner de si formidables leçons aux princes et aux peuples!