LE DUC D'HARCOURT, GOUVERNEUR DU DAUPHIN
aucune part à la correspondance qui, dès lors, se proposa de former, entre les deux Cours de Versailles et de Vienne, une coalition également formidable et à la liberté des peuples et à cet incommode christianisme, contre lequel nos ministres philosophes et nos gens de lettres courtisans ne cessaient d'armer l'opinion publique.
Veut-on se convaincre que cette aristocratie ne se vantait de sa popularité que pour atteindre plus sûrement cetjte double fin? Il ne faut que s'arrêter à quelques anecdotes dont l'authencité m'a été garantie par des gens dignes de foi. La suivante prouve que ceux qui inspirèrent à la Cour de France le projet d'anéantir la religion furent ensuite les ennemis les plus décidés de l'autorité royale.
Le roi des Français avait toujours porté le titre de Roi
Très-Chrétien et de fils aîné de l'Église. L'éducation de
l'héritier du trône avait, dans tous les temps, été confiée à
un évêque, car le corps des pasteurs devait, en quelque
façon, répondre de la foi que l'on considérait comme
faisant partie de l'héritage du prince. Le jour où le jeune
dauphin fut remis entre les mains des hommes fut celui
où l'archevêque de Toulouse, qui plus tard a bien montré
qu'il ne croyait ni à la religion ni à la monarchie, obtint
le titre de ministre qu'il avait tant désiré; l'éducation du
Dauphin, que l'aristocratie constituante a nommé depuis
le Prince royal, fut confiée au duc d'Harcourt, et l'on ne
donna point de précepteur à son élève. Un très honnête
homme, après avoir été témoin d'une conversation entre
le Roi et le nouveau gouverneur, m'a assuré avoir entendu
dire au premier : « Au moins, parmi les ecclésiastiques que
vous pourrez mettre auprès de lui, vous ne choisirez point des
diseux de messes. »
La duchesse de Polignac, qui avait dû à la seule faveur