‹ Mes souvenirs (volume 3)Chapitre 280 sur 307 · II · texte numérisé non relu

II

594 P1ËGE8 DIVERSES.

Mes souTenirs ont Thumeur moins chagrine» Et quelquefois sont encor des bienfaits.

Ne craignez point l'air qu'ici l'on respire : Il est, Charmante, aussi pur que mon cœur; A ma raison Tenez enfin sourire, Et vous m'aurez apporté le bonheur.

RenToi de la page 108. — A Monseigneur d'Aguesseau, cketmUer^ chancelier et garde des sceatix de France, commandeur des ordres de Sa Majesté.

Ode Sur la réforme de la procédure du Conseil.

8 novembre 1738.

Fidèle interprète d'Astrée, Ministre du meilleur des rois, Par qui sa prudence éclairée Daigne faire entendre sa voix ; Toi qui, sur les degrés du trône, A plus d'une affreuse Gorgone Sais'faire craindre tes regards, Et qui joins à ce rang sublime La gloire pure et légitime D'être le père des beaux-arts,

D*Aguesseau, quel monstre livide Frémit à tes pieds, abattu, Et semble, d'un œil homicide, Menacer encor la vertu?

Du désespoir et de la rage, Je vois une effrayante image

Sur son front pâle et ténébreux, Et sa gueule, en vain menaçante, Paraît encor toute fumante Du sang des peuples malheureux.

De la Chicane impitoyable J'aperçois les traits odieux Aux humains. Monstre formidable, Que suit la yengeance des Cieux, Jadis, son adresse infernale Inventa ce sombre dédale OCi se perd la droite équité ; Et sous le faix des procédures, Longtemps ses noires impostures Firent gémir la Vérité.

Qu'aux extrémités de la France, Voilant ses lâches attentats, Elle échappe à la vigilance Des plus intègres magistrats; Loin du temple de la justice.

Qu'elle seconde l'avarice D'un tas de prévaricateurs :

Sans m'étonner de leurs pratiques, Je plains les misères publiques Et j'en déteste les auteurs.

Mais qu'au milieu du sanctuaire Où la sagesse de nos rois A commandé qu'un œil sévère Veillât â la garde des lois, Cette insatiable Harpie Ait porté sa tête hardie.

Croyant se cacher à tes soins.

C'est ce qu'on n'aurait osé croire Si nos yeux, si ta propre gloire Ne nous en étaient pas témoins.

Oui, dans ce Conseil équitable.

$n PIÈCES DIVERSES.

Dont Louis dicte les arrêts, Régnait la science exécrable D'immortaliser le procès.

Abusant des bontés royales, Une troupe d'àmes vénales Faisait, aux peuples asservis.

Payer, de leur propre substance.

Le droit d'implorer la balance £t les oracles de Thémis.

Monstre qui causais ces ravages, Sinistre ennemi de la paix, C'en est fait : de tes brigandages Nous ne craignons plus le progrès.

Par un règlement salutaire, Un auguste dépositaire De la suprême autorité, Proscrivant ta rage impuissante, A la justice renaissante Rend sa grâce et sa majesté.

Ces tas d'énormes écritures

Qui, par cent détours favoris.

Déguisaient les fraudes obscures

Que tu vendais à si baut prix,

Vont, en rentrant dans leur poussière,

Se dérober à la lumière

De ce tribunal respecté,

Dont nous ne verrons plus le style.

Par un verbiage inutile,

Déshonorer la vérité.

Bientôt l'équité, triomphante D'un intérêt sordide et bas, De sa cour encor plus brillante Exilera les vains débats.

Peuples dont elle fait la joie.

Des bienfaits qu'elle vous renvoie, Déjà vous goûtez l'heureux fruit.

Que Totre voix reconnaissante Bénisse la main bienfaisante Du monarque qui les produit.

Pour toi, d'Aguesseau, dont le zèle Brave les charmes du repos, Au bonheur d'un peuple fidèle Borne tes illustres travaux; Poursuis : ta sage prévoyance Fera la gloire de la France, Attentive à te consulter; Poursuis : cette hydre sanguinaire.

Que ton bras vient de mettre à terre, A plus d'une tôte à dompter.

Renvoi de la page i08. — A Monsieur d^Aguesseau^ conseiller d^Étaê.

3 mai 1747.

A ce critique illustrissime,

A cet éclairé magistrat,

Qu'Apollon, sur la docte cime.

Admit à son conseil d'État,

Salut, repos, santé fleurie,

Point de vers, au moins pour un temps,

Et quant au reste, heureuse vie

De la part de tous les Flamands

Et d'un plaideur que, par le monde.

On appelle Sainte-Aldegonde,

Mais qui, pour rimer au respect

Qu'il doit au sage commissaire

Qui néglige un peu son affaire.

Prendra le titre non suspect

Du seigneur comte de Gennech.

Le sort, qui règle toutes choses.

Grand magistrat, pour mon bonheur,

Vous fit jage examinateur De tous les moyeas de ma cause; Mais il voulut, pour mon malheur, Que» sur les riyes du Permesse, On prisât trop votre sagesse Chez certain peuple querelleur.

Apollon et dame Folie, Chez lui, font nattre quelquefois Des débats inconnus aux lois, Que la raison ne concilie; Alors, pour rétablir la paix Parmi la poétique engeance, Chez ce peuple d'esprits follets.

Vous voulez bien prendre séance.

Et vous laissez là mon procès.

Or, i cela, malgré mon ire, Monseigneur, je n'ai rien i dire, Et ne veux point me récrier Qu'on ne doit faire qu'un métier :

Vous m'opposeriez le chanoine Qu'on appelle Guillaume- Antoine (i), Et qui, dit-on, dans les combats, N'a pas l'hermine sur les bras.

Je ne veux, par cette supplique.

Que vous prier très humblement De laisser dormir un moment Votre démon hymno-critique; Daignez, seigneur, jeter les yeux Sur un procès plus sérieux Que tous les débats du Permesse, Et dont la singulière espèce.

Aux Cujas du sacré Vallon,

(i) Guillaume -Antoine, comte de Chastellux, lieutenant général des armées et premier chanoine héréditaire de la cathédrale d'Auxerre.

Ne donna jamais la torture,

Et n'est point, à ce qu'on assure,

Dans le Digeste d'Apollon.

Parmi les Muses d'Amonie, Vous égayâtes trop longtemps Votre vaste et fécond génie.

Rapprochez-vous de vos Flamands, Quittez d'une douce manie Les doux, mais dangereux accès ; Laissez le dieu de l'harmonie, £t revenez à mon procès.

£n vain, ce dieu vous fait entendre De sa lyre les doux accords; Venez, la coutume de Flandre Vous causera d'autres transports.

Descendez de ce rang auguste Où vous jugez la docte Cour; Après les Muses, il est juste Que vous me jugiez à mon tour.

Hélas t peut-être mon affaire Déjà serait hors de vos mains, Si mon avocat m'eût pu faire Quelque factum en vers latins.

Renvoi de la page i48. — A Madame de Montulé,

L'Amour, ayant pris la lyre, Dit aux Muses, l'autre jour :

Je me sens dans le délire.

Je veux chanter à mon tour.

Vénus crut voir le mystère.

Et dit à l'enfant ailé :

Tu vas donc chanter ta mère? — Non, maman, c'est Montulé. —

Aux accords qu'il fait entendre,

A leur mouvement léger,

On croit voir, sur l'herbe tendre,

Une nymphe voltiger.

C'est sur moi, dit Terpsichore,

Que ce portrait est moulé?

— Non, répond l'Amour encore :

Cette nymphe est Montulé. —

Bientôt, sa voix ravissante Célèbre un talent nouveau :

On voit la rose naissante S'animer sous le pinceau.

La Muse de la peinture Dit : Rien n'a mieux ressemblé.

C'est mon art d'après nature...

— Non, c'est l'art de Montulé. —

Il peint la sagesse unie Aux grâces de Tenjouement, Et tous les dons du génie Joints à ceux du sentiment.

Ah! c'est Minerve qu'il chante.

Le secret est dévoilé

-» Non, Minerve est moins touchante.

Et c'est toujours Montulé. —

Alors Vénus en colère :

Ingrat, c'est toi qui te plais,

Pour faire oublier ta mère,

A rassembler tant d'attraits.

Pour lui donner, sur mes charmes,

Un empire plus parfait.

Va mettre à ses pieds tes armes

— Maman, je l'ai déjà fait! —

Renvoi de la page 387. — Extraits du Journal de Mareau relatifs à F attentat de Damiens.

Le 5 janvier 1757. — Heu fportentum itnmane^ horrendum, ab<h minabile. Regum optimus sacrilego ictu percussus.

Le il. — Le Roi dîna en public et en robe de chambre; raprès-midi, les dames de la Cour lui firent leurs révérences : elles étaient cent soixante-dix-sept.

Le 16, — A onze heures du matin, M. le premier président communiqua chez lui à messieurs de la Grand'Chambre les lettres patentes qui lui renvoient le jugement du procès contre le parricide.

Te Deum à Sainte-Geneviève en action de grâces de la conservation du Roi. Te Deum à la chapelle de Versailles, auquel Sa Majesté a assisté.

Le 17, — La nuit du 17 au i8, le parricide Damiens, amené à Paris, est mis dans la tour de Montgomery.

Le 20. — Le Roi a fait remettre aux curés de Paris 300,000 livres pour être distribuées aux pauvres honteux. La paroisse de Saint-Sulpice en a eu 35,000.

Le samedi 12 février. — On a commencé le procès de Da« miens. Tous les princes du sang et les pairs se sont trouvés i la Grand'Chambre. On a prononcé bien des décrets contre des gens déjà arrêtés et à la Bastille.

On a pensé décréter un avocat chargé d'avoir dit dans une conversation : t Tout ceci pourrait bien finir par une saignée. » M. le président d'Ormesson et M. de Monaco ont très bien parlé pour s'y opposer. On â lu une lettre de Damiens au Roi, dans laquelle il dit que ce sont les Remontrances des Parlements et les discours de plusieurs personnes, qu'il nomme, qui lui ont échauffé la tête.

Le 19. — Les princes et pairs sont venus au Palais. On a réglé le procès à l'extraordinaire. L'avocat que l'on a pensé décréter, il y a huit jours, est M. Legouvé. Il avait dit chez un notaire, en dtnant : < Ceci ne finira que par une saignée, ou dans la plaine Saint-Denis, ou dans une nouvelle SainlrBarthélemy. >

Le lundi gras 21. — On a commencé le récolement des

témoins du procès de Damiens. Mme de la Bourdonnais a été récolée.

Le 25. — Le Parlement s'est assemblé pour le pf^càs de Damiens.

Dimanche 6 mars. — Mandement de M. l'archevêque publié et Te Deum chanté à Notre-Dame.

Le 26, — Arrêt qui condamne Damiens à être écartelé.

Lundi 28, — Jl quatre heures du matin, Damiens reçoit la question des brodequins : on lui a mis dix-huit coins. 0 a envoyé chercher plusieurs personnes, et entre autres M. le marquis de Laferrière; mais a-t-il dit simplement qu'il leur avait entendu tenir à table beaucoup de discours contre M. l'archevêque. Un nommé Gauthier, qu'il a chargé, déplus, de discours indiscrets, a été mis en prison. A trois heures, il a été exécuté : on lui a brûlé la main avec un feu de soufre; il a été tenaillé; on lui a jeté du plomb fondu dans ses plaies. Il a été ensuite écartelé; mais les chevaux, au nombre de huit, n'ont jamais pu séparer les membres : il a fallu les couper après qu'il a eu essuyé seize secousses; son supplice a duré deux heures. Il était monté à l'hôtel de ville, avant son supplice, pour déclarer qu'il n'avait aucun complice, qu'il demandait pardon à M. l'archevêque d'avoir dit du mal de lui, et pour recommander sa famille à la clémence du Roi. Il a donné des signes extérieurs de dévotion. M. le curé de Saint- Paul ne l'a point quitté et l'a embrassé après la septième secousse. Tout Paris était gardé, ce jour-là, par le régiment des gardes, et les mousquetaires avaient ordre de se tenir assemblés.

Mardi 29, — Les pairs s'assemblent à la Grand'Chambre : arrêt qui bannit les parents les plus proches du parricide et ordonne que les autres changeront de nom.

Mercredi 30. — Arrêt qui condamne au feu trois écrits : Réflexions sur V attentat^ etc.; Lettres du patriote et Déclaration de guerre, dont l'objet était de faire regarder les Jésuites comme complices du parricide, et.de prouver que la Grand'Chambre cherchait aies voiler.

Renvoi de la page 59â. — Impromptu par un vieillard de quatrevingts ans, qui avait refusé le baiser d'une dame qui voulait l'embrasser.

De ce refus connaissez mieux la cause : Vous êtes jeune, et j'ai quatre-vingts ans; Par un baiser je fanerais la rose, Et ce serait outrager le printemps.

Pour ce refus ne croyez pas, bergère, Que rage rend un cœur indifférent; Mais un baiser pourrait-il satisfaire, Ne donnant pas le plaisir que l'on sent?

Je m'en souviens, j'avais une maîtresse, Belle, modeste et fraîche comme vous; Elle eut vos traits, j'avais votre jeunesse, Et c'est ainsi que les baisers sont doux .

Renvoi de la page 592. — Projet de testament qui, après moi, sera mis sous les yeux de Mme Moreau.

Ayant atteint ma soixante et dix-neuvième année, devenu presque aveugle, mais ayant, grâce à Dieu, conservé une tète saine et une très bonne santé, je veux profiter du peu de vie qui me reste encore, pour remplir les derniers devoirs que Dieu m'impose. J'ai veillé pendant ma vie sur ma famille et sur ma maison. J'ai le plus grand intérêt d'y veiller encore au milieu des troubles qui affligent la fin de ma carrière, et qui pourraient, après moi, ajouter aux peines que ma mort doit naturellement causer aux deux personnes que j'ai le plus aimées : mon excellente femme et mon excellente fille.

Ceci est donc mon testament, que je vais faire au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et après avoir remercié Dieu

de tontes les grâces qu'il m'a faites, et dont j'exhorte mes enfants à ne jamais perdre le souvenir. A 4a tète de ces grâces, je mets l'attachement qu*il a daigné m'inspirer pour la religion catholique, apostolique et romaine, dans laquelle je yeux achever de vivre, ainsi que la crcunte qu'il me donne, jointe à la confiance que j'ai en sa bonté.

Je le remercie ensuite des bénédictions qu'il a répandues sur ma fortune, soit en me procurant les moyens de l'acquérir par un travail irréprochable, soit en me dépouillant ensuite d'une grande partie de mes possessions, pour punir et me faire expier au pied de la Croix et les vanités qui ont accompagné mes acquisitions, et les abus que j'ai pu faire de mes jouissances.

Je livre mon corps à la terre, et sur mes obsèques je m'en rapporte entièrement à la piété de ma femme et de ma fille. Je leur ai témoigné le désir que j'ai, attendu les spasmes et les maladies de nerfs auxquelles j'ai été sujet, de n'être enterré que trois jours complets après mon décès. J'invite ma famille à ménager beaucoup les frais de ma sépulture, et je suis bien persuadé qu'elle aimera mieux, par des aumânes, si ma femme et ma fille sont encore en état d'en faire, et par les prières qu'elles offriront pour moi, procurer à mon âme les suffrages de TÉglise et la bénédiction du pauvre. Puisseje alors, après avoir expié les restes de mes souillures, obtenir, dans le sein d'Abraham , la sécurité de les voir un jour me rejoindre dans notre commune patrie, où, en les attendant, je ne les aurai jamais perdues de vue!

Dans l'état actuel des choses, il m'est très difficile de fixer le montant des aumônes que je voudrais partager entre les dépenses du culte de notre église de Chambourcy et la nourriture des pauvres de notre commune. Je n'assignerai point ces aumônes sur le revenu d'un domaine dont ma femme fait déjà un usage si charitable, et qui suffit à peine aux dépenses de ma famille; mais si celle-ci recouvre encore quelque chose du revenu viager et des rentes perpétuelles qui sont inscrites au Grand-Livre, je donne et lègue à la commune de Chambourcy, une fois payé , ce qui reviendra i ma succession d'une année de revenu de six cents livres de rente, dont je destine la moitié aux dépenses du culte de notre église, et l'autre moitié pour

la nourriture des plus pauvres de la paroisse, le tout seulement une fois payé.

Au milieu des ruines dont mes derniers regards auront été témoins, je dois commencer par déclarer que notre première qualité sur la terre où nous voyageons tous , ayant été celle de chrétiens, ma conscience , qui a été et sera la même que celle de ma femme et de mes enfants, est et doit être après moi la plus parfaite et la plus docile soumission aux lois du gouvernement sous lequel je suis né. C'est par religion que j'ai été fidèle à nos rois; mes enfants seront encore, par les mêmes motifs, sujets fidèles du gouvernement qui sortira du creuset où la Providence semble les avoir tous jetés. Cette incertitude sur celui qui, lorsque mon testament sera ouvert, sera devenu la règle de tous nos concitoyens, m'oblige à baser les dispositions qu'il contiendra sur des principes communs à toute espèce de société. Je serai juste envers la digne et respectable compagne de mon exil sur la terre; je serai juste envers ma fille unique et chérie, qui a si bien répondu à l'éducation chrétienne que nous lui avons donnée; je serai juste envers ces bons, anciens et fidèles domestiques qui, devenus une partie intégrante de ma famille, doivent ôtre mis dans la seconde classe de mes enfants.

Bla femme, qui ne m'a apporté aucun bien, mais avec laquelle j'ai acquis tout celui dont je jouis encore, et qui en a fait un si bon usage, a, en vertu de son contrat de mariage, la propriété de la moitié de ma fortune, et l'autre moitié en usufruit. Le cœur de mes enfants ne lui contestera jamais rien; mais ils n'en auraient pas même le droit, puisqu'ils n'ont reçu la dot considérable que j'ai donnée à ma fille que d'après l'engagement qu'ils ont pris de ne demander ni comptes ni partage au survivant de leurs père et mère. Mme de Clédat, ma fille unique, à qui Dieu n'a point donné d'enfants, doit à notre tendresse pour elle Tépoux que nous lui avons choisi d'après les motifs qu'il justifie en la rendant heureuse. Je do;s le remercier, comme elle, de l'engagement qu'elle a pris de ne me point quitter dans ma décrépitude et de me fermer les yeux, et je ne doute point qu'après moi, elle soit encore l'aide, le soutien, la consolation de la meilleure des mères, dont j'espère qu'elle écoutera sans cesse les conseils.

C'est pour procurer à mes enfants les moyens de remplir on devoir si conforme à leur inclination, que je veux leur attacher, par des récompenses prises sur mes biens, ceux de leurs anciens et zélés serviteurs qui seront restés, après mon décès, au service de ma femme et de ma ûlle, car, en cela même, je ne veux gêner la liberté ni de ma femme, ni de mes enfants, ni de leurs domestiques. Ainsi, pour remplir mon but, je proportionnerai lesdites récompenses au temps et à la nature des services personnels qu'ils auront rendus à Mme Moreau, qui, seule et indépendante administratrice de toutes mes propriétés, sera toujours la maîtresse d'annuler ou de ratifier les dispositions que j'aurai faites en leur faveur. * Mais, comme tous les legs dont je me propose de charger mes propriétés n'excèdent point la mesure des dispositions que la loi me permet, je ne fixerai le traitement éventuel de mes domestiques qu'après m'ètre rappelé au souvenir de quelques amis, auxquels mon testament doit porter Thommage de mes sentiments et de ma reconnaissance.

Je donne et lègue , etc.

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