ADRIEN BOIELDIEU
M. Adrien Boïeldieu, le fds de l’auteui* de la Dame Blanche^ porte avec honneur un nom qui serait un fardeau pour un musicien, si le talent, des études sérieuses et d’excellentes qualités de cœur n’en faisaient plutôt un précieux héritage. Ce jeune musicien, qui suit courageusement la voie par laquelle son illustre père est arrivé à la célébrité, a montré, par sa partition de Marguerite, que la muse délicate qui avait servi à l’auteur de la Dame Blanche, n’a pas déserté le logis à la mort de son protégé. Nature sensible et passionnée pour le surnaturel, M. Adrien Boïeldieu est très-amateur du spiritisme. Nous ne savons ni quel est son esprit familier, ni quel est son esprit protecteur ; car, pour
/iDRIEN BOIELDIEL.
ceux qui l’ignorent, les adeptes du spiritisme croient à ces deux puissances. Mais nous supposons, ou plutôt nous espérons que l’un des deux est son père, — l’autre Mozart. Si son père le conseille, si Mozart l’inspire, Adrien Boïeldieu marchera d’un pas sûr au succès.
VICTOR MASSÉ
VICTOR MASSÉ
M. Victor Massé, prix de Rome, dont on applaudissait tout dernièrement un opéra comique qui s’est trompé de porte et s’est trouvé on ne sait comment à l’Académie impériale de musique, la Mule de Pedro. Victor Massé compte de beaux succès dans sa carrière de compositeur, la Chanteuse voilée, Galathée et les Noces de Jeannette en tête, trois ouvrages qui demeureront au répertoire et qui ont fait le tour de la France, trois ouvrages d’un style et d’un caractère tout à fait différents, et qui n’ont de commun que la paternité et le succès.
Nous citons ces trois, sans faire tort aux autres partitions de ce compositeur. Et cependant, malgré son beau talent, malgré la facilité avec laquelle es portes du théâtre se sont ouvertes devant lui.
VICTOR MASSÉ
M. Massé s’est vu obligé d’accepter l’emploi de directeur des chœurs à l’Opéra! Nous savons bien qu’il n’y a pas de sots métiers; mais nous nous demandons comment le musicien s’y prend pour travailler et surtout pour s’inspirer, après avoir répété des heures entières avec ces Messieurs des chœurs. La Mule de Pedro répond à notre question. Il y a là de charmantes mélodies, mais quelles sont moins fraîches, moins originales, moins bien réussies que la chanson de l’Aiguille des Noces de Jeannette, que la chanson de l’Abeille de la Reine de Topaze, et que le chant de C Amphore de Galaihée. 11 est vrai qu’ alors M. Victor Massé ne fatiguait pas son beau talent à faire chanter juste toute cette tribu de choristes qui peuple le grand Opéra.
Est-ce que les pères auraient raison de contrarier la vocation de leurs fils, et de se méfier de la carrière de musicien préférée par ces u jeunes fous » à celle d’avocat, de médecin ou de notaire? Aux objections des auteurs de leurs jours, les fils répondent : Meyerbeer ou Auber. Les pères, eux, citent Victor Massé ;c’est-à-dire le talent, la réputation; mais où est la fortune?
FRANÇOIS BAZIN
FRANÇOIS BAZIN
M. F. Bazin, aussi prix de Rome, est entré dans la carrière musicale par une porte dorée. Il a eu le rare
bonheur d’entendre sa cantate, couronnée, Louise
de Montfort^ chantée à l’Opéra. On n’a pas oublié le succès qu’y obtint M“* Stolz plus particulièrement. Pourquoi n’a-t-on pas suivi ce bel exemple? Pourquoi les cantates couronnées à l’Institut, ne seraient-elles pas exécutées à la scène? Le jeune compositeur serait ainsi présenté au public qui se souviendrait de lui au premier ouvrtqge qu’il présenterait au théâtre. Mais, hélas! c’est presque à huis clos, que ces coups d’essais ont lieu, même quand ils sont des coups de maître.
M. Bazin pour qui cette heureuse exception eut
rnANÇOlS BAZIN.
beaucoup d’influence, ne se crut pas pour cela arrivé au faîte. Homme énergique, caractère honorable, esprit cultivé, toujours ouvert aux nobles aspirations de l’art, il ne cessa de travailler avec ardeur ; par de constants eflbrts il sut bientôt conquérir une place enviée comme compositeur et comme théoricien. Il est aujourd’hui l’un de nos meilleurs contre-pointistes. Professeur d’harmonie au Conservatoire, et auteur d’un traité d’harmonie adopté non-seulement dmis toutes les écoles de France, mais aussi dans les principaux Conservatoires de l’étranger, il a formé d’excellents élèves. 11 est très-rare de lire les noms des lauréats aux concours du Conservatoire, sans qu’ils soient suivis de ces mots très-flatteurs pour le maître : « élève de M. Bazin. »
Mais le professeur marche de front avec le compositeur. M. Bazin, qui est un rude travailleur, profite de ses moments de liberté pour donner à r Opéra-Comique de charmantes partitions, telles que le Trompette de Al. le Prince, AJadelon, les Désespérés, Maître Patkelin. Ce dernier ouvragé surtout restera au répertoire, comme les Rendez-vous Bourgeois. Entre ces partitions et les leçons au
FRANÇOIS BAZIN
Conservatoire, M. Bazin trouve encore le temps de former d’excellents chefs de musique militaire, et de composer de beaux chœurs pour l’Orphéon dont il est l’un des directeurs.
DigliIzedijy^Gœgle
AIMÉ MAILI.AnD — EBNEST BEYER. 291