Acte I
Personnages: Charlotte de Castelisolé, Marielle, Gertrude, Rita, Yvette, Simonre, Fleurange, Jeannette, Marthe.
La scène se passe dans un jardin, à Saint- Jean-de-Luz, sur Les frontières de l'Espagne.
Quand le rideau se lève, les jeunes filles, | excepté Charlotte et Marielle, sont à Préparer | des guirlandes de fleurs. En travaillant, elles chantent.
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Refrain Travaillons, travaillons, amies, Travaillons, sans perdre un instant ; Achevons ces gerbes fleuries Pour demain, car c’est la Saint-Jean.
Travaillons, travaillons. (bis).
Voyez, auprès de la belle églantine
Je place le gentil jasmin
Et ma guirlande aura charmante mine
À notre fête de demain.
IT
Tai préféré les douces violettes,
La marguerite et le lilas...
Dites, comment aimez-vous ces fleurettes.
Dont l’ensemble est si délicat?
(Prette)—Ma guirlande est terminée, mais ie ne sais où placer cette rose. 2
(Rita) —Poeut-être puis-je t'aider? Apporte-moi ta guirlande, Yvette: la mienne est prête et. d’ailleurs. nous avons bien le temps.
ettes.
. mais Ap-
1e est emps.
(Yvette apporte sa guirlande à Rita, qui y pose la rose). J'espère qu’il fera beau demain.
(Gertrude) —J'en doute... Des huages sombres estompent le firmament et...
(Jeannette) —Oh! tais-toi donc, prophète de malheur.
(Gertrude) —Je ne demande qu'à me tromper, eroyez-le, car la fête promet d’être belle,
(Marielle arrive sur la scène).
(Simonne à Marielle) —Toujours en retard cette chère Marielle!
(Marielle) —Je mérite ce reproche, je l'avoue Mais, je viens de rire... (riant) Ha! ha!ha!...
(Fleurange)—Cela t'arrive assez souvent... de rire, j’entends.
(Marielle souriant) —Est-ce un reproche?
(Jeannette) —Non, non, nous ne te le reprochons pas; bien au contraire. ... Mais, si tu nous disais la cause de ton hilarité, nous ririons avec toi : un plaisir partagé est augmenté de moitié.
(Gertrude) -—Cependant. Ca porte malheur de rire d’un trop grand cœur.
(Marielle saluant Gertrude) —Salut à toi.
aimable prophète!
(Gertrude) —C'est bien, riez, riez; rira bien qui rira le dernier. (Marielle hausse les épaules et tourne le dos à Gertrude)...
(Marielle) —Je viens d'avoir une longue conversation avec Charlotte de Castelisolé.
(riant) Ha ha ha!
(Fvette) —Avee Charlotte? Eh! bien?
(Marielle) —Vous connaissez sa toquade ?
(Rita) —Oh! oui, (déclamant) “Le chàteau de mes ancêtres ce Castel-Isolé. . .”
(Jeannette) —% Ce château en Espagne :
Car il est en Espagne ce château des ancôtres de Charlotte. (Toutes rient).
(Fleurange)—Et dire que Charlotte est tellement convainene de la noblesse dr sos aïeux au'elle affecte la coiffure à boudins et los robes à panier.
(Marielle) -Panvre Charlotte! Elle ne manque pas d'esprit, vous savez, et sur tont antre suiet an: Castel-Tsolé. .. En l’écoutant tont à l'heure, il m'est venne une idée ani. si elle était mise À exécution, nous procurerait. à toutes, heauconp de plaisir et. en même temps. euérirait Charlotte de sa manie. En êtes-vous®?
Fra toi,
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vous ?
(Simonne)—Oui, oui. Fais-nous part de ton plan, nous t'écoutons,
(Marielle) —Tout à l'heure done, je me propose de...
(Charlotte arrive sur la scène)
(Gertrude à Charlotte) —Viens m'aider à terminer cette guirlande, Charlotte. L'oisiveté ne vaut rien et, de plus, elle est mauvaise conseillère, tu sais.
(Charlotte secouant la tête) —Impossible !
Je ne saurais m'occuper de telles bagatelles. Aujourd’hui, je me sens le cœur oppressé, comme si j'étais à la veille d’une catastrophe ou d'un grand événement.
(Marielle) —Qui sait ce que te réserve l’avenir, Charlotte? Peut-être le rêve que tu as fait la nuit dernière se réalisera-t-il bientôt. (Marielle sort en riant tout bas). 2
(Jeannette) Un rêve? Quel rêve?..
(Gertrude) —T'espère que tu n’as pas rêvé que fu assistais À une noce, car, c’est signe de mort, PaGh:
(Charlotte) Non, non... J'ai râvé que ie franchiséais les frontières et que je prenais
enfin possassion du Château de mes anvâtres.
(Chant).
ga
a La aus 8 ho que je veus Ldreomailie qu aa
Ah! te revoir, château de mes ancêtres, Pouvoir enfin m’abriter sous tes tours!.., Dans ce pays que je veux tant connaître, Qu'il serait doux de demeurer toujours!! (bis).
Souvent, la nuit, quand l'étoile scintille.
Je crois te voir 6 Castel-Tsolé!.
Tes vieux donjons, tes flèches, tes aiguilles.
Ton pont-levis, tes jardins et tes prés. (bis)
(Marthe entre, portant, sur un plateau, une longue enveloppe, aux larges cachets de cire.)
(Marthe s'inclinant devant Charlotte) — Pour Mademoiselle de Castelisolé. (elle sort).
PTT:
à quel amail:
res,
Hilo inaître, r tou-
muilles.
. (bis) lateau, ets de
tte) — sort).
(Charlotte) —Pour moi’... On dirait un pli officiel... Que peut bien contenir cette enveloppe”...
(Rita) —Le, moyen de le savoir, Cesi de l'ouvrir,
(Simonne)—Eh ! oui, ouvre-ln donc!
(Yvette) —Et si ce n'est pas une communication trop privée, lis-nous-la ; nous mourons de curiosité,
(Gertrude)-—Et puisse-t-elle ne conienir aucune nouvelle désolante !
(Charlotte déchire l'en veloppe et en retire une lettre, au bas de laquelle est un large cachet de cire; et la lit tout bas).
(Charlotte) —Mon rêve! Il s'efface, il s’effacel!!... Enfin, il est venu ce moment tant désiré, ce jour pour lequel j'ai véeu jus-. qu'ici... Ecoutez: (lisant)
“A Mlle Charlotte de Castelisolé.
Saint-Jean-de-Luz,
En cet an de grâce 1885 Honorée Demoiselle,
Lundi prochain, à cinq heures du soir, le huit-ressort de Castel-Isolé s-ra à la porte de votre demeure pour vous conduire au château de vos ancêtres. Tout sera prêt pour vous
recevoir; Vous n'aurez qu'à prendre possession.
Veillez croire,
Honorée Demoiselle de Custelisolé,
À la considération très distinguée de votre humble et dévoué serviteur,
H. Firmin NP?
(Les jeunes filles ensemble) —Oh!!
(Rita) —C'était donc vrai cette affaire de château en Espagne ?
(Charlotte, l'air hautain)—En avez-vous douté? Mon château est situé sur la route conduisant de Bilbao à Saint-Bastien. (se levant) Au revoir, Je vais hâter mes préparatifs de départ. Je reviendrai, “dimanche, vous faire” mes adieux. (elle sort).
(Jeannette) Et dire que nous nous sommes tant moqué de cette pauvre Charlotte!
(Gertrude) — Je ai toujours dit: rira bien qui rira le dernier,
(Marielle arrive sur font le tour du jardin).
(Marielle) Où pst allée Charlotte?
(Simonne)-Flle est paratifs de départ.
la scène, ses yeux
allée faire ses pré-
(Yvette) —Entends-tu, Marielle? Ce n'est pas un château imaginaire que Custel-Isolé.
(Marielle) —Eh! je le sais bien... Castel-Isolé justifie son nom: il est isolé de toute habitation. Mais ce n’est qu'une ruine que Castel-Tsolé, une ruine pittoresquement située au versant d’une colline, dans la partie la plus sauvage peut-être de l'Espagne.
(Jeannette) —Charlotte a reçu de son notaire, une lettre dont elle nous a donné communication.
(Marielle riant)—Ha! ha! ha! Je sais, je
C’est moi qui l'ai rédigée cette lettre.
tonites, vous V avez cru... Voilà ce qui s'appelle avoir du succès!
(Fleurange)—Comment ! C’est toi !!
(Marielle) —Eh! oui. Et maintenant il s’agit d'exécuter le reste de mon plan... Nous allons rire!... Charlotte ne partira pas seule
pour l'Espagne: nous l’accomnagnerons sans -velle s’en doute.
Rita Nous l'aecormmaonerons distri?
(Marielle) Oui... Tenez Si vons vonlez venir chez moi innnédiatement. je vous ferai part du complot que j'ai imaginé, Venez!
n de plus agréable que de com
Ah! est-il rie
ploter?
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que c’est agréable!
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évidemment,
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or délivrer Ch De Castelisol
De sa toquade sntto
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Nous allons comploter.
Reprise: Comploter. . etc.
(Toutes sortent aux dernières paroles du choeur).