NSALUTS AU JOUR DE L'AN
Un nouvel an commence !
La joie est grande, immense, Au dehors, au foyer.
Tout a cet air de fête
Que le bonheur seul prête Et force à déployer.
Salut, jour d'allégresse, Où l’âme est dans l'ivresse De la donce amitié :
Où la moitié du monde, Qu'un pur amour seconde, Etreint l’autre moitié :
PT
Où la mère, l'épouse,
Dès l'aurore, jalouse
De l'époux un baiser...
Faveur douce, charmante, Qu'amant vole à l’'amante Qui veut la refuser ;
Où l'accord s'improvise Entre amis que divise Un rien qu'on a commis ; Où la main est pressée, Sans arrière-pensée,
À de vieux ennemis.
Salut, jour qui dégages De ses sombres nuages
Du cœur le firmament ; Toi, par qui notre enfance, Sans qu’il en fût défense, Se pamait d'agrément !
Aujourd'hui, par tendresse, Tout bon père s'empresse D'abdiquer sa rigueur,
Et la bruyante joie
Que l'enfance déploie, Semble charmer son cœur.
De bonheur son front brille :
Près de lui sa famille e Vient de se réunir.
Son œil de pleurs se mouille, Quand elle s’agenouille
Et qu'il va la bénir !
Mais qu’elle est douce l'heure Où de plaisir on pleure, Refoulant des sanglots… L'heure où la joie enflamme, Où de tendresse l’âme
Sait déverser des flots !
Aujourd'hui quelle mère Se montrerait sévere
A l'égard des enfants ?
En livrant les étrennes, Elle a lâché les rênes
À des coursiers piaffants…
Hélas! sans qu'on sen plaigne, Quel tohu-bohu règne
Par toute la maison !
On dirait le vacarme
Que produit une alarme
Dans toute garnison !
C'est dans l’ordre ; on tolère « Aujourd'hui, sans colère,
Plus d'an jeu défendu.
On ne fait plus un crime
De pratiquer l'escrime
Et le cheval fondu.
O sublime journée,
Tes sœurs, toute l’année, Devraient te ressembler.
Vœu superflu! chacune, Peut-être, d’infortune Viendra nous accabler !
Mais qu'importe ? Courage !
[l en faut, si l'orage Recommence demain …
Il en faut pour combattre, Il en faut pour abattre
Les ronces du chemin.
Salut, jour admirable,
À jamais mémorable,
Dont chaque heure sourit ; Aux fastes de mémoire, Comme un jour de victoire, D'âge en âge on t'inscrit !
Un nonvel an commence !
La joie est grande, immense, Au dehors, au foyer.
Tout a cet air de fête
Que le bonheur seul prête Et force à déployer.
ler janvier 1877.