‹ Mes vers [microforme]Chapitre 18 sur 155 · UN MIGNON · texte numérisé non relu

UN MIGNON

Un enfant de cinq ans, le mignon de sa mère,

Entre avec elle un jour chez un marchand-libraire,

Où se trouvait un homme aimable et respecté,

Qui lisait un journal avec avidité.

L'enfant prenant un livre à. très forte relieure,

En frappe avec vigueur l’homme en pleine figure. Pour sa correction, la mère, apostrophant

Non cher mignon, lui dit : Mais...comment, mon enfant, Encor de la main gauche.….est-ce ainsi qu'on écoute ? —Ecouta:t-il jamais, le pauvre enfant ? j'en doute.

UN RÊVE VRAL.

(À Mie. E. D)

J'ai fait un rêve très mauvais !

Je vous le dis sans artifice :

La nuit dernière je rêvais

Etre avec vous au Sacrifice

De la messe, un certain matin.

Vous y disiez une prière,

Un mot français, un mot latin, Qui fit rire l’église entière,

Le grave comme l’enfantin ; Vous en fournissiez bien matière.

Mais je riais de mauvais cœur.

À Dieu vous demandiez en grâce De vous épargner le malheur

De tomber un jour dans la nasse De l'Amour, ce tendeur d'appâts….

Quand votre prière fut dite,

Un ange vint, vous dit tout bas :

“ Rassure-toi, chère petite,

“ On t'aime et tu n'aimeras pas...” Mon cœur alors battit bien vite !

L'ange aussitôt, venant à moi

Et voulant savoir ma pensée,

Me dit: Eh bien! qu’en dis-tu, toi ? ” Alors je vous prends à brassée… Vous me dites : “ Charles, sans bruit, “ Yolons aux voûtes de l'Eglise.

“ Mais à ma mère, avant la nuit,

“ Je dois pur l'ange être remise...” L'ange, à ces mots, pourtant, s'enfuit.

Mais bien vite je prends sa mise.

Alors en pressant votre main,

J'en vois jaillir mille étincelles…

Je ne suis plus un être humain,

Car je suis l'ange.…j'ai des ailes.

Avee vous je crois m’envoler

Ni haut que je m'en émerveille…

Je sens que je vais m'éveiller…

Je crois tomber...mais je m’éveille, Mes bras pressaient mon oreiller, Plus sur mon cœur qu’à mon oreille.

Sans m'expliquer ce rêve atfreux, Mon cœur ici prend la parole :

L'amour est un présent des cieux, Qui met au front une auréole

Aussi brillante que le jour.

L'éclat qu'un magnifique trône Produit au milieu d’une cour, Pâlit près de celui que donne Au front de la femme l’amour ; Il l’orne mieux qu’une couronne.

L'amour est le plus doux penchant Que Dieu donne à notre nature ; Il devient vicieux, méchant,

Quand l’âme en fait trop sa pâture.

Alors il se montre jaloux,

Injuste, ingrat et souvent traitre… Mais. toutefois, rassurez-vous :

Quand sagement on sert ce maitre, Il ne nous parle qu'à genoux

Du cher ange qui l’a fait naître.

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