ALLÉGORIE
Sitôt partir, fauvette du canton !
Quand à nos cœurs ta présence est si chère ?
Mais tu te dois moins à nous qu’à ta mère :
Va lui chanter ta joyeuse chanson.
Toi, nous quitter. O ! quelle trahison … Nans qu'on le sache, un amant te rappelle !
Qu'il est heureux... son amante fidèle Veut lui chanter sa joyeuse chanson.
Non, chantes-tu, je pars, c’est la saison … Pour aucun lieu je n'ai de préférence, Et je suis libre : au sortir de l'enfance, Où n’a d’amour encor que sa chanson.
O! reste alors. L'été, dans le buisson, Tu choisiras le plus beau nid de mousse, Ou, dans la ville, une retraite douce, Près des amis que charme ta chanson.
Elle partit. En vain, à l'unisson, Plusieurs oiseaux tentèrent sa conquête ; Aucun d’entre eux n'engagea la fauvette
À nous chanter plus longtemps sa chanson !
Elle partit. Sur sa route, un pinson Lui proposa de son nid le partage,
Et la fauvette accepta : c'était sage, Elle n'aimait presque plus sa chanson.