L'AUTOMNE
Allons, enfants, voici le temps de battre ; C’est le dernier des traveaux du dehors.
Dans quelques jours, nous pourrons, près de l’âtre, Nous reposer de nos puissants efforts.
Allons, mes braves, Et plus d’entraves !
En mains fléaux, Vans et râteaux !
Ça! du courage ; Car, en ce jour, La femme enrage b De mettre au four Le gâteau riche Et puis la miche En fine fleur de blé houveau.
À l’œuvre donc, mes enfants, ho!
Courage, amis ! La force et le courage Ne manquent pas, l’un aux bras, l’autre au cœur. Ces denx pouvoirs, appliqués à l'ouvrage, Nous font encor mépriser la vapeur.
Allons, mes braves, &c.. &c.
[IT
Quand le travail à la rude fatigue Aura cessé de commander nos bras, Moi, je m'engage à vos jouer la gigue, Et notre femme, à tuer l'agneau gras.
Allons, mes braves, &e.,, &c.
#8. femine encote, il est bon de le dire, Du dernier sucre a gardé les sirops, Pour nous donner la praline et la tire, Le dernier soir de la fin des travaux.
Allons, mes braves, &e. &e.
Enfin, voici: dans le grenier, mes hommes,
Du tabac frais votre part vous attend.
Au même endroit, n'oubliez pas les pommes
Que, dans huit jours, j'abandonne au brelan.
Allons, mes braves, &e., &c.
Allons, enfants, du travail l'heure sonne :
La récompense est au bout du chemin.
Battons, battous le blé que Dieu nous donne ; C’est un trésor qu’il met sous notre main.
Allons, mes braves, &e., &c.