CHANT DU DÉPART
Si j'étais de la fortune maitre, Je n'irais pas,
Jeune encore, empoisonner mon ètre, Là-bas. là-bas.
Je vivrais seus le toit de mon pere, Heureux, content.
Pour ma sœur, ma Zélie et ma mere, Que j'aime tant!
J'aimerais, et j'aimerais sans cesse, D'âme et de cœur;
Car aimer, prier, c'est la sagesse, C'est le bonheur !
Je dirais à celle que j'adore Tout mon amour,
Et l'ennui, qui sans cesse dévore Comme un vautour,
do —— - — —
De mon cœur n'aurait pas fait la proie Qu'il va tenir.
Non! mon âme aimerait trop la joie Qu'il vient bannir!
J'aurais moins d'amers regrets dans l’âme… Et le remord,
Ni cuisant ! ferait place à la flamme Jusqu'à la mort.
Et chaque heure au bonheur asservie, Comme jadis,
Doux Québec, tu serais de ma vie Le paradis !
Si j étais de la fortune maitre, Je n'irais pas, Jeune encore, empoisonner mon être, Là-bas. là-bas !
Québec, 1855.