‹ Mes vers [microforme]Chapitre 91 sur 155 · À L'AGE HEUREUX · texte numérisé non relu

À L'AGE HEUREUX

Le premier àge de la vie est l'âge du bonheur: il est incont :

an vautour de Prométhée.

Le remords ne peut te saisir, Naive et confiante enfance.

Dont la gaité prend la défense :

Non, sous l'égide du plaisir,

Le remords ne peut te saisir…

Pourrait-il entrer dans ton âme, Quand tu poursuis le papillon Dans la plaine, dans le sillon ?

Oh! par quelle influence infâme Pourrait-il entrer dans ton âme ?

MEX VERS

Peut-l se présenter à toi, Quand tu remplis avec ivresse Les airs de tes cris d'allégresse ?

Quand jouer fait ta seule loi, Peut-1l se présenter à toi ?

Peut-il te tourmenter, en songes.

Par quelques cauchemars pesants ?

Ou mettre le trouble en tes sens,

Par quelques séduisants mensonges ?

Pent-il te tourmenter en songes ?

Non, rien ne trouble ton sommeil:

Et ta paupiere reste close

Méme aux baisers que l’on dépose À plaisir sur ton front vermeil.…..

Non, rien ne trouble ton sommeil.

Le remords attend un autre âge ; Il vient reprendre, il vient punir Ceux qui n'ont pas su prévenir, Par la sagesse, son outrage…

Le remords attend un autre âge.

À son heure, il vient, le vautour, Prendre dans sa puissante serre L'äme du pécheur, qu'il lacère, Qu'il trouble, parlois, sans retour … À son heure, il vient, le vantour !

Ïl vit d'angoisses qu'il fait naitre, De pleurs, de reproches sanglants… C'est lui qui semble des talents (%) Demander compte pour LE MAITRE.

1! vit d’angoisses qu'il fait naitre.

ne t'a jamais fait pleurer

Comme on pleure quand on est homme :

Quand Pavenir, tel qu'un fantôme Effraie et ne peut plus leurrer

Îl ne ta jamais fait pleurer.

Tu verses bien, parlois, des larmes, Dans tes jours les plus oragenx.

Qui s’écoulent au sein des jeux :

En faisant tes premières armes, Tu verses bien, parfois, des larmes :

€") Parabole de l'Evangile.

MES VERX

Mais tu n'as pas de noirs chagrins.

Pour un habit que tu déchires,

'e sont des pleurs mêlés de rires, Qui rendent tes traits plus sereins ; Mais tu n'as pas de noirs chagrins,.

Enfin ton sort me fait envie

Et m'inspire un vœu superilu :

Pourquoi Dieu n'a-t-1l pas voulu A ton déclin borner la vie,

O douce enfance que j'envie ?

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