‹ Mes vers [microforme]Chapitre 94 sur 155 · LE GRAND-MÉNAGE · texte numérisé non relu

LE GRAND-MÉNAGE

La guerre. lhorrible guerr#!

À ja rivière. au fleuve !

Ma femme sera veuve :

Elle l’a bieu voulu :

Car notre maisonnette N'est jamais assez nette.

Je suis bien résolu !

Voici, sans badinage,

Le fait: le grand-ménage Redéfait ma maison !

Ce diable s'y d'émène, Darant une semaine, Deux fois chaque saison.

Le sacripant commence Par la besogne immense De lever les tapis.

De leur laine grossière Sort toute la poussière Qui met l'affaire au pis.

Alors, cuisine, salle

Et salon, tout est sale !

On ne peut rien toucher...

On irait en nacelle,

Tant l’eau terne ruisselle Partout sur le plancher !

—0 chères araignées,

O mouches, dédaignées Par ce diable ou Titan … Qu'étes-vous devenues ?

Où sont les vents, les nues Et les neiges d'antan ?—

On mange sur le pouce,

Car la besogne pousse !

On mange. hélas ! J'entends Que du faux dieu la dupe D'autres choses s'occupe …

On vit de l'air du temps,

Si quelquefois l'on dine, C’est, comme à la soudine, De mets froids, étoutfants… Servis—c'est délectable !— Sur le coin d'une table

Où orimpent dix enfants !

Les lits et les couchettes

— Disons tout sans cachettes— Sont affreux... démontés.…

Ils sont dans la censive

De Madame Lessire

Pour huit jours bien comptés.

Huit jours dormir sur chaise {

Huit jours sans un peu d’'aise Dans mon humble foyer '

Pour qu'ensuite on m'v place Comme un marbre sous glace / J'aime mieux me noyer !

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