PARTHÉNOPE
(( De vous voir secouer un indigne repos ,
u Se gonfle avec orgueil sous la foret flottante,
Ou vous arborez mes drapeaux.
(c Veuve des Médicis, renais, noble Florence,
(( Préfère à ton repos tes droits que je défends
a Préfère à l'esclavage oii dorment tes enfans
c( Ton orageuse indépendance.
(( O fille de Neptune, o Venise, ô cité
(( Iklle connne Vénus, et qui sortis comme elle
(( De l'écume des flots, siupiis de ta beauté,
« Épouvante Albion d'une splendeur nouvelle.
<( Doce, rèi>ne en mon nom ; sénat, reconnais-moi ;
(( lléveille-toi , Zétio ; Pisani , lève-toi :
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« C'est la I.ihcMté ([ni t\'i|)|)cll(* »
Elle cllt : il sa voix s'agite un peuple entier ;
Daiïs la fournaise ai'deiite
Je vois hlancliir l'acier ;
J'entends le fer crier
Sous la lime mordante ; L'enclume au loin gémit , l'airain sonne, un guerrier Prépare à ce signal sa lance menaçante,
Un autre son coursier.
Le père chargé (^ans, mais jeune encor d'audace, Arme son dernier fds, le devance et prend [)lace
Au milieu des soldats; Arrêté par sa sœur, qui rit de sa colère,
76 PARTIIKNOPE
L'enfant dit à sa mère :
Je veux mourir dans les combats.
Que n'auraient-ils pas fait, ceux en qui la vaillance
Avait la force pour appui?
Quel homme dans la fuite eût mis son espérance ,
Et quel homme aurait craint pour lui Cette mort que cherchaient la vieillesse et l'enfance?
Ils s'écrièrent tous d'une commune voix : a Assis sous ton laurier que nous courons défendre , (( Virgile, prends ta lyre et chante nos exploits ; « Jamais un oppresseur ne foulera ta cendre. » Ils partirent alors ces peuples belliqueux , Et trente jours plus tard , oppresseur et tranquille , Le Germain triomphant s'enivrait avec eux Au pied du laurier de Virgile.
KT i;i:tranci:rk
T^a Tiiherté fuyait en détournant les yeux ,
Quand Partliénope la ra|)[)e]le.
La déesse un moment s'arrête au haut des cieux ;
c( Tu m'as trahie; adieu, dit-elle, Je pars. — Quoi! pour toujours? — On m'attend.— -Dans quel Heu? — Kn Grèce. — -On y suivra tes traces fugitives. - — J'aurai des défenseurs. — Là, comme sur mes rives, On peut céder au nond)re. — Oui, mais on meurt; acheu ! »