‹ Messéniennes, et Chants populairesChapitre 60 sur 65 · CHOEUR · texte numérisé non relu

CHOEUR

Des fleurs ! vierges , semez des fleurs! Hector dans le tombeau précède son vieux père.

ll^E TROYENNE.

Ilion , [lion , tu dors, et dans tes murs Pyrrhus veille enflammé d'une cruelle joie ; Tels que des loups errans par des sentiers obscurs , Les Grecs viennent saisir leur proie.

UNE AUTRE

Hélas ! demain à son retour Le soleil pour Argos ramènera le jour; Mais il ne luira plus pour Troie.

CAM au: m,

hm; rnovi-.wr,.

() (Jétestal)le nuit ! o perlich* soinincil ! D'où vient qu'autour (Je moi brille liue clarté sorn[)re! Quels affreux liurleinens se prolonj^cnt dans I Oinhre ! Quel épouvantahle réveil I

UNE JEIINK IROY i:\NE

Sthénéhis massacre mon frère

UNE JEUNE TROYENNE

Ajax poursuit ma sœur dans les bras de ma mère.

UNE AUTRE

Ulysse fbide aux pieds mon père

UNE TRO'kENNK.

IVos |)alais sont détruits, nos temples ra\aj;es;

368 I KS TH()Yi:iNrSKS

Femmes, enfaiis, vieillards, sous le fer tout succombe, Par un même trépas dans une même tombe Tous les citoyens sont plongés.

UNE AUTRE

Adieu, champs où fut Froie ; adieu , teire chérie. Et vous , mânes sacrés des héros et des rois^ Doux sommets de l'Ida , beau ciel de la patrie, Adieu pour la dernière fois!

UNE TROYENNE

Un joui, en parcourant la plage solitaire,

Des forêts le tigre indompté Souillera de ses pas l'auguste sanctuaire ,

Séjour de la divinité.

UNE TROYENNE

Le pâtre de l'Ida, seul près d'un vieux portirpie, Sous les rameaux sanglans du lauiier domesticpie, Oii l'ombre de Priam semble i>émir encor.

CANTATi:. :\m

(]li('i'' hcra (les vÀtvs ranti(|iie s()ii\craino, TiiiHlis ([lie le Ix'lier hondira dans la plaine Sur le tornl)eaiJ d'ITector.

UNE AUTRE

\\t lions, tristes débris, battus par les tempêtes, La mer nous jettera sur rpielque l)ord lointain.

UNE AUTRE

Des vainqueurs nous verrons les fêtes ; Nous dn userons aux Grecs la table du festin. Leurs épouses riront de notre obéissance; Et dans les coupes d'or oii buvaient nos aieux , Debout , nous verserons aux convives joyeux

TiC vin , l'ivresse et l'arrogance.

UNE TROYENNE

Chantez cette Tlion proscrite par les dieux ;

Chantez, nous diront-ils , misérables captives,

:ro Li:s.TROYKNNi:s

]:t ({ue l'iiymne tioyen retentisse en ces lieux. O fleuves (Fllion, nous chantions sur vos rives , Quand des murs de Priani les nombreux citoyens, Enrichis dans la paix , triomphaient dans la guerre ;

Mais les hymnes troyens Ne retentiront plus sur la rive étrangère !

UNE AUTUE.

Si tu veux entendre nos chants,

Rends-nous, peuple cruel , nos époux et nos pères , Nos en fan s et nos frères !

Fais sortir Ilion de ses débris fumans !

Mais puisque nul effort aujourd'hui ne peut rendre La splendeur à Pergame en cendre , La vie aux guerriers Phrygiens,

Sans cesse nous voulons pleurer notre misère, Et les hymnes troyens

Ne retentiront pas siu^ la rive étrangère.

CAMATK.

cuoKvn.

Adieu , nianes sacrés dt'S héros et des rois!

Adieu , terre chérie !

Doux soiiunet de l'Ida , beau ciel de la patrie . Vous entendez nos chants pour la dernière fois !

DANAK

SiMONIDE.

FiEs ministres f'oiigiieux du tyran d'Eolic, Troublaient au loin les aiis de leurs longs siffleinens, Et des rochers émus jus(ju'en leurs fondemens Amphitrite insultait la eime ensevelie

Sous ses monts écumans.

Un torrent pluvieux s'éelia[)pait des images, Et les pâles clartés que vomissaient leurs lianes,

Sillonnaient les Ilots turhulens

De cet océan sans i'i\ aiies.

374 DANAE

Le front déjà voilé des ombres du trépas , Seule sur un esquif, Danaé gémissante Levait au ciel ses yeux éteints par l'épouvante, Ses yeux... Son jeune fils reposait dans ses bras, Enfin, avec transport sur son cœur elle presse Ce fils, l'unique objet de ses mornes douleurs, Puis de ses froides mains doucement le caresse, Lt lui dit, le couvrant de baisers et de pleurs :

c( Si jeune tu ne peux connaître « Toute l'horreur de notre sort ; (c Pauvre enfant, tu souris peut-être (c Au flot qui t'apporte la mort.

a Pliébé, que ton céleste frère a Abaisse ses regards sur moi

(c Fils (le liatonc, souviens-toi (c Des iiifoit unes de l;i mcre.

ce Ifélas! ralluniaiit son (lainhcau, « Que raiirore tarde à paraître; ce Dieux ! quelle nuit, et quel berceau ce Pour un enfant qui vient de naître !

c( 0 mon fils ! il n'est plus d'espoir! c( néjà r abîme nous dévore :

c( Sur mon sein je te presse encore.

ce Mais je ne dois plus te revoir. »

Cependant Jupiter a tressailli de crainte :

Pale, il s'est élance, le courioux dans les yeux :

C'est un père, un amant, c'est le maître des dieux

Il porte sur son front cette majesté sainte

Qui consterne la terre et fait trcjubler les cieux.

La foudre à son aspect se tait éj)ouvantée ;

A ses j)ic(ls les autans dcposcnl leur lincur ,

370 DAN ai:.

De la voûte du ciel , qu'elle avait insultée,

La mer précipitée Dans ses gouffres sans fond retombe de terreur, Il parle ; Danaé tremble à sa voix chérie , Se courbe sous sa gloire, et frissonne, et s'écrie :

(c Grâce, dieu redouté , ne nous consume pas « De l'éclat dévorant dont ta gloire est armée, (c Et toi , lève , ô mon fils , ta tête inanimée ; (c C'est ton père , tends-lui les bras !

« Il m'exauce, aucun bruit ne frappe mes oreilles; (C La nuit a rallumé ses astres radieux ; ce Tu souris, tes beaux yeux se ferment, tu sommeilles ; « Dors, mon fils, sur la foi des dieux. )>

Elle dit, et l'esquif, sons un ciel sans nuage

DAiNAi:. v:

Poussé par les /épliiis, <^lisse jus(m'au rivage. Haiiaé sur des fleurs (lé[)Ose sou trésoî' , Cet euf'aut qu'à regret les Ilots senihleut lui reudre, L'écoute respirer, l'entend , l'écoute encor,

Ne peut se lasser de l'entendre, Kt le cœur agité d'un doux fréniisseinent ,

Sentant son sein pressé par la bouche vermeille

De l'enfant qui s'éveille, Rend un pieux honunage à son céleste amant.

Devéna. iel"^

Deq^oeTauriller se

ANTIGOINK ET ISMKNK

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