‹ Messéniennes et poésies diverses: 13:e édChapitre 11 sur 27 · PARTHÉNOPE ET L'ÉTRANGÈRE · texte numérisé non relu

PARTHÉNOPE ET L'ÉTRANGÈRE

{j femme, t|ue veux-tu?— ParthéDope, ud asile. -Quel est ton crime?— Aucun. -Qu'as-tu fait?— Des ingrats. —Quels sont tes ennËmis?-4^uz qu'affranchît mon bras ; Hier on m'adorait, aujourd'hui l'on m'exile.

-Comment dois-tu payer mon hospitalité?

-Far des périls d'un jour et des lois éternelles.

■ Googk-

8o SEPTIÈME

—Qui t'osera poursuivre au sein de ma cité?

—Des rois.-Quand viendront-ilsî— Demain.— De quel cô tt-i

—De tous... £b bien! pour moi tes portes ^'ouvreot-elles ?

—Entre, quel est ton nom?— Je suis la Liberté!

Recevez-la, remparts antiques,

Par elle autrefois habités;

Au rang de vos divinités

Recevea-)a, sacrés portiques ;

Levez-vous, ombres héroïques,

Faites cortège à ses cdtéa.

BAu del Napolitain , rayonne d'allégresse ,

O terre , enfante des soldats , Et vous peuples , chantez ; peuples , c'est la déesse ' Pour qui mpurut Léonidas.

Sa tête a dédaigné les ornements futiles,

Les siens sont quelques fleurs qui semblent s'entr'ouvrir ;

THESSÉHIENNE. 8i

Le sang les fit éclore au pied des Thermopyles, Deux mille aos n'oot pu les flétrir.

Sa couronne immortelle exhale sur sa tra« Je ne sais quel parfum dont s'enivre l'audace ; Sa Toix terrible et douce a des accents vainqueurs,

Qui ne trouvent point de rebelle.

Ses yeux d'un saint amour font palpiter les coeurs,

Et la verbi seule est plus belle.

Le peuple se demande, autour d'elle arrêté.

Comment elle a des rois encouru la colère.

• Bêlas I répond cette noble étrangère , « Je leur ai dit la vérité.

'< SI jamais sous mon nom l'imprudence ou la haine • Ébranla leur pouvoir, que je veux conteair, • Est-ce Ji moi d'en porter la peine ?

8a SEPTIEME

n Est-ce aux Gemiams à m'en punir?

« Ont-ils donc oublié , ces vaincus de la veille , 1 Ces esclaves d'hier, aujourd'hui vos tyrans, n Que leurs cris de détreçse ont frappé mon oreille, 1 Qu'auprèsd'Arminius j'ai marché dans leurs rangs. • Seule, j'ai rallié leurs peuplades tremblantes,

■ Et de la Germanie armant les défenseurs,.

« J'ai creusé de mes mains, dans ses neiges sanglantes, « Un lit de mort aux oppresseurs.

" Vengei-moi .justes Dieux qui voyes mes outrages ! " Puisse le souvenir de mes bienfaits passés

■ Poui-suivre ces ingrats, par l'eflroi dispersés [

- Puissent les fib d'Odiii errants sur les nuages , '

" 1^ front chaîné d'orages , . La nuil km .pparâiire à la lueui des feux ,

MESSENIENNE. Sî

V El puissent les débris des légions romaines , < Dont j'ai blanchi leurs plaines, " 6e lever devant eoxl

" Que dis-je? Rome entière est-elle ensevelie

• Dans la poudre de leurs sillons?

«Mon pied, frappant le sein de l'antique Italie,

" En fait jaillir des bataillons.

• Rome, ne sens-tu pas, au fond de tes entrailles,

1 S'agiter les froids ossements « Des guerriers citoyens , que tant de funérnilles

1 Ont couchés sous tes monuments ?

1 Génois, brises vos fers; la mer impatiente « De vous voir secouer un indigne repos, « Se gonfle avec orgueil sous la forêt flottante, « Où vous arborez me? drapeaux. >*

■ Veuve des Médicis, renais noble Florence I

a Ouvre-inoi tes bras triomphants , "Préfère à l'esclavage, où dorment tes enfants, " Ton orageuse indépendance.

■ O fille de Neptune, 6 Venise, 6 cité

1 Belle comme Vénus , et qiù sortis comme elle «De l'écume des flots, surpris de ta beauté!

■ Épouvante Albion d'une spleudeur uouvellc.

■ Doge , règne en mon nom ; sénat, reconnaU^muîj «Réveille-toi, Zéno; Pisani, lève-toi:

■ C'est la liberté qui t'appelle. >

— Elle dit : à sa. voix s'agite un peuple entier. Dans la fournaise ardente Je vois blanchir l'acier;

Tentends le fer crier

Sous la lime mordaute; L'enclume au loin gémît, l'airain soaae; un guerrier Prépare à ce sgnal sa lance menaçante,

Un autre son coursier.

Le père chargé d'ans, mais jeune encor d'audace, Anne son dernier fils, le devance et prend place

Au milieu des soldats.

Arrêté par sa sœur, qui rit de sa colère.

L'enfant dit à sa mère :

Je veux mourir dans les combats.

Que n'auraient-Us pas fait ceux , en qui la vaillance

Avait, la force pour appui ?

quel homme dans la fuite eût mis son espérance , S

Et quel homme aurait craint pour lui Cette mort,i[ue cherchaient iâTietllesse et l'enfance?

Ib s'écrièrent tous d'une commune voix :

■ Assis sous ton laurier que nous courons défradrc , «Vitale, prrads ta l^re et chante nos exploits; •• Jamais un oppresseur ne foulera ta cendre. « Ils partirent alors ces peuples belliqueux.

Et trente jours plus tard, oppresseur et tranquille, Le Germain triomphant s'enivrait avec eux Au pied du laurier de Virgile.

La liberté fuyait en détournant les yeux , Quand Parthénope la rappelle.

La déesse un moment s'arrête au haut des cicu^ « Tu m'as trahie; adieu, dit-elle.

Jepars.-Qnoi!pO(irtou)Ours?-Onm'attend.-Dansquellieu? —En Grèce.-O» y suivra tes traces fugitives.

—J'aurai des défenseurs.-Là, comme sur mes rives, On peut céder au uombre.-Oui, mais on meurt; adieu! •

HUITIEME

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