‹ Messieurs les assassinsChapitre 5 sur 10 · TROISIÈME RAISON · texte numérisé non relu

TROISIÈME RAISON

On a aboli les tortures, le bûcher, la roue, les supplices de tout genre. On a supprimé successivement la peine de mort pour sacrilège, pour blasphème, pour chasse sur les terres du seigneur, pour fausse monnaie, pourvoi de grand chemin, pour vol domestique, etc., et on a bien fait, parce que la peine de mort n'était pas indispensable pour l'exemple.

On l'a supprimée pour cause politique, el on a bien fait, parce que, en politique, ce sont les vaincus qui sont jugés par des ennemis vain-

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queurs ; c cs4 nue continuatioii da combat, a[\ ce

cettie Duance que le CDinbot a tien entre des ennemis armés et des ennemis désarmés.

On a aboli lapeiate de mort pour Fas^ssinat quaiKi la prémédi(iitk>n n'est pas établie.

On l'a abolie toiites les fois que, soit dans les détails du crime, soit dans le rq^ntir, soit dans les entraînements de l'accusé, les jurés trouvent des circonstances atténoanles. On Ta abolie même quand ils ne trouvent de raison de faire grâce que dans leur pitié ou dans leur pusillanimité.

On Ta tellement abolie, qu'il n'y a pas un crime, tel hideux soit-il, pour lequel la peine capitale soit assurée * .

A « Il y a qiielqiiB& jours, Jean^Baptiftte Perrin et aaaœuf comparaissaient devant la cour d'assises des Ardennes.

» Perrin a fait succomber^ après de longues lottes, ses deux sœurs à des projets incestnenx. — La première s'i-sl réfugiée dans nn couvent, — la seconde est deyenae groflie.

» Un enfant nait; — Perrin. le coupe en morceaux et le fait bouillir d'ans une marmite. — Le lendemain, il force

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Et vous dUes : c C'es^t pour celd qu'il feittl la suppriEner. >

Vraiment vos arguments sont singulîèreBiefit choisis! J*ai, je crois, démontré qitô ie premier

sa sœnr à le désosser et à en Caire une pàlée poar les pourceaux.

» Léouie Perrin a été déclarée non coupable, Pcrrin eoupahle avec eireonttanees atténuantes, »

{La Presse, 1er août 1864.)

Les morceaux étaient si petits f

c Trois accusés comparaissent devant la cour de Golmar. Le crime dont ils avaient à ilSpondre était le parricide; ce parricide, longuement prémédité, avait été accompli avec une barbarie révoltante. Le fils, assisté d'un complice, avait noyé sa mère dans da purin d'étable. — La bru était également accusée, et elle a été convaincue de complicité. Les faits étaient acquis, et la cause, considérée en elle-même, loin de comporter des circonstances atténuantes, n'en comportait que d'aggravantes. Le jury a rapporté une déclaralion de circonstances atténuantes au bénéfice des trois accusés. Le fils parricide et sa femme ont été, en conséuence, condamnés aux travaux forcés à perpétuité, et leur complice à vingt années do la même peine. »

{Le Temps,mai 1864.)

Et e journal dit :

< La peine de mort vient de subir, devant une da nos cours d'assises, un échec des plus graves. »

Qu'il me permette d'ajouter :

« £i le parricide de recevoir on puissant encouragement. *

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mènerait logiquement à rétablir les supplices, et en voici un qui peut encore s'invoquer victorieusement contre vous. C'est précisément parce qu'on a réduit la peine de mort aux nécessités de Texempie seul, c'est-à-dire qu'on en a retranché tout ce qui pouvait l'aggraver par les souffrances ; c'est parce qu'on en a borné l'application à un très-petit nombre de cas et pour des crimes horribles,pour aucun desquels cependant elle n'est certaine ; c'est précisément pour cela qu'il n'y pas lieu d'en demander la suppression.

Désirer cette suppression, c'est une autre affaire ! Je le répète, je ne permets à personne do dire qu'il la désire plus que moi.

Autrefois, les prisons étaient de hideux cloaques, fétides, empoisonnés; on y mourait de faim.

On les a assainies; on a assuré la nourriture des prisonniers ; on n'a laissé à la prison, ce qui est certainement bien assez, que l'horreur même de la prison.

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En raisonnant sur les prisons comme vous raisonnez sur réchafaud, ce serait une raison de détruire les prisons.

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