ACTE I. SCENE III
Et faites-moi Thonneur de m'écoutcr un peu.
Mon intérêt n*est pas le seul qui soit en jeu. Je ne suis pas Breton, c'est vrai. J'ai fait la guerre Aux Bretons ; je suivais les drapeaux de mon père Et mon père servait le parti Navarrais...
DE MAUNY
Nous disons môme chose en des termes plus vrais. Le parti Navarrais, que servait votre père, Chez nous, nous l'appelons parti de l'Angleterre.
DE CAOURS
Soit, admettons le terme et mettons tout au pis :
J'ai secondé l'Anglais, j'ai brùlc le pays;
J'ai tour à tour servi, mercenaire barbare.
Et le duc de Lancastre et le roi de Navarre,
C'est dit. Mais tous ces gens que j'ai servis d'abord.
Il ne tiendrait qu'à mol de les servir encor.
Déjà de tous cotés couve un autre incendie.
La Bretagne est en paix, mais non la Normandie ;
Le royaume de France est toujours aux abois.
Et mon père m'ayant investi de ses droits,
Maitre de mes destins et de mes alliances.
a8 MESSIRE DU GUESCLIN.
J'ai quatre cents archers et deux cent trente lances. Qui, quel que soit mon but, me servant à mon gré. Suivront ma plume rouge où je la porterai.
DE MAUST.
Du Gucsclin en confie autant à mon courage.
DE CAOURS
Tant mieux, double la force et double aussi l'ouvrage!
Avec un chef pareil pour diriger nos coups,
En selle! camarade, et le monde est à nous.
Car la guerre est prochaine, inévitable, sûre,
Le signal va sonner de revêtir l'armure,
Et cotte chevauchée est un rêve inouï
De guerroyer derrière un guerrier comme lui.
DE MAUX Y
Soyez franc, vous suivez la sœur plus que le frère.
DE CAOURS
La question, soigneur, est au moins téméraire, Serait-ce là ce dont vous me vouliez parler.*^