‹ Messire du Guesclin;Chapitre 34 sur 102 · ACTE II. SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II. SCÈNE II

DU GUESCLin.

Mille diables d'enfer ! qu'est-ce que je disais I Ai- je assez su prédire, ai -je assez fait comprendre La faute de surseoir et le péril d'attendre?

Ah ! Votre Seigneurie a de quoi s'applaudir.

Enfin le mal est fait, il s'agit d'en sortir.

COMTE d'aUXERRE.

Qu'est-ce à dire, monsieur, et quelle est cette audace P Interrompre le prince et le blâmer en face I Enfin, contre tous les usages de la cour.

Parler sans que ce soit seulement votre tour! Il n'appartient qu'à moi...

LE DAUPHIN

Là, là! comte d'Auxcrre, Laissez parler mon homme : il est brusque et sincère, Et même quand son zèle a de pareils éclats, D part d'un cœur trop haut pour ne l'excuser pas.

COMTE d'aUXERRE.

Heureux le favori dont la faveur commence.

DU 6UESCLIN.

Récompense ou faveur, justice ou bienveillance,

66 MESSIRE DU GUESGLIN.

Je VOUS rends grâce, prince, et vous verres bientôt Si le remercîment d*un Breton n'est qu*un mot.

LE DAUPHIN

L'autre nouvelle, hélas I va croître encor le trouble. Par un pacte secret dont nous avons le double. Mon cousin de Navarre et le prévût Marcel Ont fait avec l'Anglais un marché criminel ; Véritable traité de guerre et d'alliance ; Où les trois alliés se partagent la France.

Vous voyez quels périls viennent nous enlacer ; Auquel faut- il courir et par où commencer?

COMTE d'aUXERRE.

En peu de mots voici quel avis est le nôtre : Battre Marcel n'est rien si nous n'écrasons l'autre; Edouard Trois vaincu, c'est Marcel désarmé.

DU GUESCLIIf.

Oui bien, si dans Paris Marcel reste enfermé. Mais, si nous décampons sans assaut ni bataille, Que croyez- vous qu'il fasse? où voulez-vous qu'il aille? Au-devant de l'Anglais; cl nous pris dans l'étau.

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