ACTE III. SCÈNE XVI. l
COMTE D AUXERRE
Mais nous parlerons, nous. Quel autre que vous-même, Messîre, eut pu trouver ce noble stratagème Pour faire à nos soldats l'aumône de votre or. En nous cachant la main qui versait ce trésor P
DU GUESCLIX.
Chacun doit son obole aux communes misères.
JACQUES BUREAU
Ah I vous vendez vos biens, ah I vous grevez vos terres. Vous fondez en lingots tout votre vaisselier^ Et vous vous dépouillez de tout, bon chevalier I
DU 6UESCLIN.
D'abord, contée ainsi, la chose est inexacte,
Je n'ai pas, moi, messieurs, l'honneur d'un pareil acte;
Mes biens à moi, c'est mon épée et mon missel.
Les bions vendus, ce sont les biens des Raguencl.
Et puisqu'on un élan qui m'émeut sans me plaire.
Votre reconnaissance exige qu'on l'éclairé.
Que vous cherchez vraiment à qui dire merci,
l64 MESSIRE DU GUESCLIN.
La grande àme qu*il faut honorer,
(Moatrani Tipliaine, qui lorlie de U cliapolle se dirige vers rintérieur da cloître.)
La voici I C*cst Tiphaine, ma femme, à qui, sur sa demande, J*ai fait savoir combien la détresse était grande; Que tout allait sombrer quand nous touchions au but. Et qui dix jours après m'apportait son tribut.
TIPHAI:(E.
Oh! Du Guosclin, pourquoi?
JACQUES BUREAU
Pourquoi? pour votre gloire.
Pour qu'à jamais vos noms soient mêlés dans Thistoire, Et qu'un barde breton unisse en son refrain Tiphaine Raguenel et Bertrand Du Guesclin.
TIPHAINE
Je n'ai rien fait pour tous qui ne soit pour moi-même, Car je sers ce qu'il sert, ce qu'il aime, je l'aime. Votre cause m'est chère, autant qu'à mon époux.