MESURE D’EN AHI DD PARALLÈLE MOYEN
Celte opération, assez minutieuse vu la hauteur de re signal, a duré jusqu’à deux heures et demie du soir, moment où l'on a pu commencer la mesure de la base.
Dix-huit personnes ont roacoyru à cette opération; savoir ; sept sapeurs du génie, huit soldats d’élite d’infanterie, M. Kessard, capitaine, M. Levrel, lieutenant, et moi, appartenans alors tous les trois à l’ex-corps royal militaire des ingénieurs-géographes.
La manœuvre relative à cette mesure était ainsi disposée : le sergent et le caporal des sapeurs du génie callaient les régies de platine chacune par un des bouts. M. le lieutenant Levret était chargé d'en préparer le contact définitif, et faisait les observations du niveau; M. le capitaine Fessard les alignait ; après quoi j'observais les thermomètres métalliques et les languettes des trois règles mises en contact sur le terrain. M. Levret venait immédiatement après moi, et répétait les mêmes observations, qui étaient comparées et inscrites sur trois registres, tenus séparément par MM. Fessard, Levret et moi. Avant d'enlever la première règle (c’est-à-dire le n"â), M. Fessard vérifiait encore la longueur des laDguettes, que nous avions inscrite sur nos registres. Ensuite deux sapeurs transportaient celte règle n° 2 en avant; uu cinquième sapeur tenait la niveau, et le plaçait sur le toit des règles d'après l'ordre qu’il en recevait; deux grenadiers étaient chargés de porter les trépieds en bois en avant, lesquels étaient reçus et disposés convenablement sur le terrain par un caporal de ligne ou par un sapeur du génie; deux autres soldats restaient disponibles, soit pour remplacer les porteurs des trépieds chargés de l’ouvrage le plus pénible à faire (1), soit pour monter la garde pendant la nuit.
Après un travail de vingt-sept jours à raison de huit à neuf heures par jour, en employant constamment la manœuvre qui vient d’élre décrite, l’on est arrivé à un demi-mètre prés du centre du signal de Captieux, le 16 octobre suivant, à dix heures du matin. Enfin le scellement du cylindre en cuivre, de pareille dimension que le précédent, et disposé de même au centre de ce signal atoc les mêmes soins qu’on avait employés pour placer celui de L'Eugean, ayant occupé les observateurs jusqu'à midi et demi, à une heure l'opération s'est trouvée heureusement achevée, sans qu’un ail été obligé de recommencer la mesure d’une seule portée des règles.
Telle est la marche uniforme que l’on a suivie invariablement pour exécuter cette opération géodésique fondamentale.
(t) On nvsit tracé un cberainde deux métrés de large aur toute l’étendue de la ligne è mesurer afln d'cftacer les légères inégalités nu plutôt 1rs rngosilés produites par les piaules et les atbrisseaua qui comrenl cea plaines, et surtout par lea pieds îles bestiaux qui viennent y pacager. Ce chemin , creusé , d'un à denx décimètres , au milieu d'uo sol sur lequel U bruyère domine , laissait à découvert un système de racines longues et flexibles , qui , se croisant dans tous les sena à une profondeur d'un demi- mètre , formai eut un réseau serré et élastique du cdlé de la surface supérieure , mise à jour par ces dispositions préliminaires. Il en résultait que l’usage des soles en bois, employées jusqu'à prêtent pour l’exécution «le semblables travaux, n’aurait point convenu sur le terrain dont il s'agit, puisqu'il ne permettait pas de donner aux appareils et aux inslrumens l'immobilité nécessaire au succès de l'opération. Pour y parvenir il était essentiel que les trépieds ou soles en bois sur lesquels devaient reposer les régies de platine fussent d'une construction assez solide et d'un poids assez grand pour que ces nvouvemens d'élasticité n'eussent aucun effet nuisible aux manœuvres exécutées pour mesurer la base, C'est dans ce but qn’on a fait construire les trépieds en bois qui ont servi à faire ce travail, et dont un des modèles a été transporté au dépdt de la guerre. (*\ le plan n* 3.) Ces trépieds pesaient 33 kilogrammes chaque. Ils étaient armés chacun de trois pointes en fer de deux décimètres de longueur, qai se Irouraient enfoncées eu terre à l’aide de l'effort produit par le poids de rhoUM chargé de les placer sur le sol.
E8TRE LE PÔLE BT L'ÉQUATEUR. 143
Les deux pyramides en pierre de taille qui fixent les extrémités de celte base ont été érigées sous mes yeux pendant les journées des 19, 20, 21 et 22 octobre, et d'après des dispositions arrêtées préalablement, pour que les axes des cylindres en cuivre, ceux des pyramides en pierre de taille, ainsi que ceux des deux signaux en bois qui servent de poiut de mire, fussent communs entre eux, et parfaitement identiques.
De larges fossés creusés à 3 mètres de distance, et parallèlement aux semelles sur lesquelles reposent les deux pyramides en bois, sont destines à les préserver des incendies produits annuellement par l'usage où sont les paysans landais de brûler, au mois d’août, les bruyères qui couvrent leurs landes afin de rcnouvelcrles pacages nécessaires au parcours de leurs troupeaux de moulons. (F. les PI. 3, 4 t 5 et 6.)