I. — Introduction
L'ensemble des données numériques, déduites des expériences gyromagnétiques effectuées jusqu'à ce jour, a permis de distinguer l’électron tournant comme principal porteur de moment dans les éléments et alliages ferromagnétiques (1).
La difficulté des mesures et leur importance se trouvent à l’origine de nombreux travaux. Les premières expériences positives furent celles de Barnett (1), qui en 1914 réussit à mesurer le changement d'aimantation que subit un barreau de fer en rotation. Le phénomène inverse, rotation par variation d'aimantation, put être constaté en 1915 par Einstein et de Haas (2) et fut repris plus tard par différents auteurs (3, 4, 5, 6, 7, 8, 9).
Sucksmith, Chattock et Bates (7, 8) attribuèrent au seul spin de l’électron les moments atomiques du fer et du nickel. Les travaux ultérieurs de Barnett (10, 11,12) donnèrent pour les mêmes substances des résultats en léger désaccord avec ceux des chercheurs anglais et firent supposer pour celles ci et pour un certain nombre d’alliages ferromagnétiques une faible participation de moment orbital au moment magnétique total, Une contribution importante du moment orbital ne put toutefois être constatée que pour la pyrrhotine mesurée par Cœterier (13, 14) en 1935.
Les résultats des différents auteurs sont donc peu concordants et les éléments atomiques porteurs de moment dans les ferromagnétiques ne’ sont pas connus avec certitude. Les nombres de Barnett, étayés par de nombreux travaux, ont cependant largement influencé les conceptions actuelles du ferromagnétisme. Ils ont été utilisés pour interpréter divers phénomènes, entre autres l’anisotropie magnétique et les moments fractionnaires.
Plus récemment, R. Forrer (15, 16), se basant sur les chiffres fournis par les expériences gyromagnétiques de Barnett, a tenté d'expliquer la différence des moments magnétiques observés pour des alliages de même densité électronique du groupe fer, cobalt,
(*) Pour une revue d'ensemble du sujet, voir par exemple : S. J. Barnerr. Rev. Mod. Phys., 1935, 7, 130. Becrer-DôRiN6. Ferromagnetismus, 1939, 72.