INTRODUCTION
Wedgwood, le célèbre potier du StafFordshire, l'inventeur de la faïence fine et du grès cérame, s'est le premier préoccupé de Festimation précise des températures élevées. Dans une notice publiée en 1782, il développe, pour faire comprendre l'importance de cette question, des considérations dont, aujourd'hui encore, la méditation serait souvent profitable.
« La plupart des produits obtenus sous l'action du feu voient leur beauté et leur valeur considérablement dépréciées par les excès ou les défauts de chaleur les pins faibles; souvent l'artiste ne peut tirer parti de ses expériences personnelles en raison de l'impossibilité de repérer le degré de chaleur qui a été obtenu sous ses yeux. A plus forte raison ne peut-il profiter des expériences d'autrui, parce que l'on peut encore moins conimunif[uer l'idée imparfaite que chacun se fait de ces degrés de température. »
Joignant l'exemple au précepte, Wedgwood avait créé pour son usage personnel un pyromètre utilisant la contraction de l'argile. Cet instrument, pendant près d'un siècle, a été le seul guide dans les recherches
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aux lempératurcs élevées. Remplacé aujoiircriuii par des appareils criin caractère plus scienliTiquo, il est tombé dans un oubli peut-être exagéré.
Depuis Wedgwood, bien des savants se sont occupés de la mesure des températures élevées, mais avec un succès inégal. Trop indifférents aux choses pratiques, ils ont surtout envisagé le problème comme un prétexte à dissertations savantes. La nouveauté et Foriginalité des méthodes les attiraient plus que la précision des résultats et la facilité des mesures. Aussi jusqu'à ces dernières années la confusion a-t-elle été en croissant. La température d'un four à acier variait suivant les observateurs de i.5oo à 2.000; celle du soleil de i.5oo à i. 000.000 de degrés.
Précisons tout d'abord la difficulté capitale du problème. La température n'est pas une grandeur mesurable au sens strict du mot. INIesurer une longueur, un poids, c'est compter combien de fois il faut juxtaposer un corps donné pris comme unité [met re^ gramme) pour réaliser un système complexe équivalent soit comme longueur, soit comme poids au cor[)s étudié. La possibilité d'une semblable mesure suppose l'existence préalable de deux lois physiques : l'une d'équivalence^ et l'autre à'additivité. La température obéit bien à la première de ces deux lois ; deux corps en équilibre de température avec un troisième et par suite équivalents par rapport aux échanges de chaleur vis-à-vis de ce troisième, seront encore équivalents, c'est-à-dire également en équilibre vis-à-vis de tout autre corps, qui serait isolément en équilibre avec l'un d'eux. Cette loi permet de repérer la température par comparaison avec un corps choisi arbitrairement comme corps thermométrique. ]Mais la seconde loi est en défaut; on ne peut, par la juxtaposition de plusieurs corps à la même température, réaliser un système équivalent, au point de vue des échanges de
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chaleur, à un corps de température différente ; on ne mesure donc pas la température, au moins tant que Ton envisage seulement les phénomènes de convection.
Pour repérer une température on donne la mesure d'un phénomène quelconque variant avec la température. Par exemple, pour le thermomètre centigrade à mercure on définit la température par la dilatation apparente du mercure^ comptée à partir de la température de fusion de la glace et mesurée au moyen d'une unité égale au i/ioo de la dilatation entre la température de fusion de la glace et celle d'cbullition de Veau sous la pression atmosphérique.
Échelles thermométriques. — Pour un repérage semblable, il y a quatre données à choisir arbitrairement : le phénomène mesuré, le corps thermométrique, Vorigine de la graduation et Yunité de mesure ; tandis que dans une mesure proprement dite il n'y a qu'une donnée arbitraire, la grandeur choisie comme unité. Ou comprend que le nombre des échelles thermométriques puisse être illimité; trop souvent les expérimentateurs se sont fait un point d'honneur d'avoir chacun la leur.
Voici quelques exemples d'échelles thermométriques, choisis entre beaucoup d'autres :
Farcnhcit.
Réaumur.
Celsius, Wedgwood.