‹ Mesure des températures élevéesChapitre 51 sur 88 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

MONTRES FUSIBLES (Skcer)

On a depuis longtemps songé à repérer les températures au moyen des points de fusion de certains métaux et alliages, ^lais les métaux non oxydables sont peu nombreux et tous très coûteux : Targent, For, le palladium, le platine. On a cependant employé parfois ces métaux et leurs alliages, en admettant que le point de fusion d'un mélange de deux corps est la moyenne arithmétique des points de fusion des composants, ce qui est tout à fait inexact. L'emploi de ces alliages est avec raison complètement abandonné aujourd'hui.

On pourrait, en s'adressant aux sels métalliques, dont un très grand nombre peuvent être chauffés sans altération constituer une échelle de points de fusion dont l'emploi serait souvent très commode ; mais ce travail n'est pas encore fait, au moins d'une façon suffisamment précise. Aux sels isolés on pourrait ajouter leurs combinaisons définies et leurs mélanges eutectiques qui ont des points de fusion complètement définis. ]Mais on ne pourrait pas prendre lui mélange quelconque de deux sels parce qu'en général la solidification se produit dans un grand intervalle de température et d'une façon progressive .

Au lieu d'utiliser la fusion de corps cristallisés qui passent brusquement de l'état solide à l'état liquide, on

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peut se servir du ramollissement progressif des matières vitreuses, c'est-à-dire de medanges renfermant un excès de l'un des trois acides silicique, borique ou phosphorique. 11 est nécessaire dans ce cas d'avoir un procédé j)récis pour définir un degré type de ramollissement ; on prend un affaissement déterminé d'un prisme de grandeur déterminée. Ces petits prismes formés d'éléments vitreux sont connus sous le nom de m outres fusibles.

L'idée première de cette méthode appartient à MM. Laulli et Yogt qui l'ont appliquée à la manufacture (le Sèvres avant 1882. INlais ils ne lui ont pas donné tout le développement qu'elle comportait; ils se sont contentés d'établir un petit nombre de montres fusibles correspondant aux diverses températures employées dans la fabrication de la porcelaine de Sèvres.

Seger, directeur d'un laboratoire de recherches céramiques, à la manufacture royale de Berlin, a publié, en 1886, un important mémoire sur cette question. Il a déterminé toute une série de montres fusibles espacées de 25° environ et embrassant l'intervalle de température de 600 à I 800". Les matières premières qui entrent dans la composition de ces montres sont essentiellenient :

Du sable quartzeux pur ;

Du feldspath de Norvège ;

Du carbonate de chaux pur;

Du kaolin de Zettlitz.

La composition de ce dernier est

Si02

Al^O»

FcO'

Alcalis

Eau

MONTRES FUSIBLES

Pour obtenir les montres très peu fusibles on ajoute de Fahiniine calcinée, et pour les montres très fusibles de l'oxyde de fer, de Toxyde de plomb, du carbonate de soude et de l'acide borique.

La forme de ces montres (fig. Sj) est celle de pyramides triangulaires de i5 millimètres de côté et 5o mil-

Fig. 37.

limètres de hauteur. Sous l'action de la chaleur, quand le ramollissement commence, elles se contractent d'abord sans changer de forme, puis elles s'inclinent, se courbent en laissant leur pointe se tourner vers le bas et enfin s'aplatissent complètement. On dit que la montre est tombée, c'est-à-dire est fondue, quand elle est à moitié courbée la pointe tournée vers le bas.

Le point de fusion de ces montres a été déterminé à la manufacture de porcelaine de Berlin par comparaison avec le pyromètre thermo-électrique de M. H. Le Chatelier précédemment décrit.

Les montres sont numérotées, pour les moins fusibles qui ont été établies les premières, de i à 38 ; cette dernière, la moins fusible, correspond à i 980°. La seconde série, plus fusible, et établie postérieurement, est numérotée de CI à 022 ; cette dernière montre, la plus fusible, correspond à ogo".

Si au lieu de se servir des montres de fabrication allemande on veut les fabriquer soi-même en employant les mêmes formules, il est prudent d'en faire une nou-

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|ile graduation. Les kaolins, les feldspaths de dide-

întes provenances n'ont jamais des compositions exac-

^ tenicnt semblables, et de très faibles variations dans les

teneurs en alcalis peuvent amener des changements

nota])les dans la fusibilité, au moins pour les montres

les moins fusibles.

On remarquera que dans un grand nombre de montres la silice et l'alumine sont dans les proportions APO^ + loSiO^ Cela tient à ce que ce mélange est le plus fusible que Ton puisse obtenir avec la silice et Talumine seules. On en est parti pour obtenir les autres montres, les moins fusibles par addition d'alumine, et les plus fusibles par addition de bases alcalines.

Le tableau suivant donne la liste des montres de l'échelle de Seger (voir p. i88).

Ces montres peuvent être classées en une série de groupes dans chacun desquels les compositions des différentes montres dérivent de celle de l'une d'entre elles, généralement de la plus fusible, par addition en proportion variable ou quelquefois substitution d'une autre matière.

Les montres 28 à 38 dérivent de la montre 27 par addition de quantités croissantes d'APO^

Les montres 5 à 28 de la montre 5 par addition àa (juantités croissantes du mélange APO^ + loSiO".

Les montres i à 5 de la montre i par substitution de ([uantités croissantes d'alumine au sesquioxyde de fer.

Les montres 010 à i de la montre i par substitution d'acide borique à la silice.

Les montres 022 à 01 1 de la montre 022 par addition de quantités croissantes du mélange APO^ -h 2SiO-.

La figure 38 donne la représentation graphique de ces

MONTRES FUSIBLES

Nos

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