‹ Mesures de quelques modifications physiologiques provoquées chez les Aliénés par l'Aliment ThérapeutiqueChapitre 30 sur 41 · EN EE · texte numérisé non relu

EN EE

Il est difficile de reconstituer l’histoire de cette malade, qui, dans les rares moments où elle ne dévide pas le fil de son délire incohérent, devient réticente et vous oppose un : « vous le savez bien » ou bien « ça ne vous regarde pas s à la façon des persécutés.

Ce qu'il y a de certain, c’est que le délire alcoolique pour lequel elle a été internée, n’a pas déterminé chez elle une agitation de longue durée. Très peu de temps après qu'elle fut à Villejuif, elle fut considérée comme une malade calme et put travailler dans les ateliers.

Ce n’est qu’au bout de ro mois qu'elle commença à s’exciter, à l’occasion de l’arrivée d’une malade qui portait le même nom qu’elle bien que ne lui étant nullement parente.

On la vit se monter progressivement. Ce n’était qu'aux moments où elle se trouvait en présence de cette fâcheuse homonyme, qu'elle entrait en des accès de colère inexplicable. Du reste, elle criait beaucoup, mais, n’a jamais frappé qui que ce soit.

Puis, brusquement, une excitation maniaque s’empara d’elle ; on dut la passer dans un quartier d’agitées où elle est restée depuis; son agitation dès lors est continue, entretenue d'hallucinations, et aggravée de violences par intervalles.

C’est une excitation incohérente, elle divague sur tous les sujets qu’on lui propose, mais elle refuse derépondre directement à aucune question.

Son pouls est rapide et sa pression sanguine prise à la radicale est faible, alors même qu’elle est excitée.

Elle a un tremblement fibrillaire rapide de la langue, et des doigts les pupilles sont égales et réagissent bien. Il n’y a pas d’embarras de la parole. J

Hallucinations du goût et de la sensibilité générale, comme en témoignent ses discours. C’est, du reste, une débile mentale,

«Ici on mange du pain avec du savon noir dedans ; cela à un drôle de goût,est-ce que j'ai besoin de nourrir des Rois et des Empereurs, des noyaux de pêches que je ne connais pas ?... Je n’ai d'ordre à recevoir de personne, le commissaire de mon arrondissement est à mes ordres, comme fout le monde depuis 8 ans.

Pourquoi a-t-on transformé les chambres en cabines télégraphiques etélectriques — dit-elle à cause du téléphone dans le cabinet —

Paul Meunier. 7

es OR

on m'a volé mes vêtements, et je n'ai rien à voir avec les femmes

publiques. »

Cette observation comprend 60 jours levés et 80 jours

couchés. C’est donc une agitation maniaque qui, au commencement de l'observation, dure depuis 3 ans et demi,

sensiblement identique à elle-même au point de vue men-

tal, bien que dans ces derniers temps le symptôme agitation semble s'être nettement amendé.

60 jours de lit, 6o jours de lever puis 20 jours de lit, après quoi l'observation n’est plus utilisable à cause d’interventions pharmaceutiques Cette suspension est particulièrement regrettable, à cause d'une évolution propre qui s’affirme àtravers les alternances.

Les 20 premiers jours de coucher donnent le maximum d'agitation 9,55 et la moyenne des deux séries de 20 jours couchés qui suivent, tombe à 6,70, puis 6,85. Y a-t-1il donc amélioration par le coucher ou par évolution propre ?

Levons la malade 60 jours, la moyenne des 20 premiers jours continue l’amélioration 6,25. Ce n’était donc pas lali-

‘tement à moins qu'il ait un effet à distance. Mais bien mieux, dans les 2 séries de 20 jours qui suivent, cette amélioration continue à s’accentuer plus nettement que par les trois séries précédentes d'alitement et donne 5,8 puis 4,20 ; la malade estcouchée de nouveau : l’amélioration continue ; la moyenne d’agitation tombe à 3,523. Cette dernière amélioration n’'affirme une différence que de 0,677 alors que la différence de la 3° à la 2° phase de lever était de 1,60, de la 2° à la 1° de 0,45, et de la 1°" phase du lever à la dernière du coucher précèdent de 0,6. À tout le moins, ici encore l’alitement ne semble pas accélérer ladiminution d’agitation d'une façon évidente ; au contraire.

Voici les variations concomittantes :

Au coucher :

Agitation jour Agilation nuit Sommeil total — 0,99 + 0,3 — 0,58 et au lever :

L'évolution rend la moyenne générale peu éloquente, nous avons, pour les 24 heures :

Agitation Calme. Sommeil DOUCHE. 2eme, 6,656 9,900 8,042 PR TE TU no ee DRIO0MEEL0 200 278,939 Période diurne :

Agitation Calme Sommeil COtEner se 5 5,591 6,395 0 Lever ST, 4,683 7,316 0 Période nocturne :

Agitation Calme Sommeil COHCHEL AE dti Ne ei: 1,064 2,905 8,185 DEN OES Sb eRe eee eine 0,733 SRAE O enite PE HE

Dans l’alitement :

L’agitation totale est augmentée de 1,240.

Le calme total est diminué de 0,79.

Le sommeil total est diminué de 0,29.

L’agitation diurne est augmentée de 0,908.

Le calme diurne est diminué de 0,921.

L’agitation nocturne est augmentée de 0,33 1. Le calme nocturne est diminué de 0,028.

Le sommeil nocturne est diminué de 0,148.

Pour avoir 60 jours de part et d’autre, nous n’avons qu’à faire abstraction de la période de 20 jours couchés qui termine l’observation ; nous avons ainsi l’inconvénient de ne pas laisser la moyenne du coucher bénéficier de l’amélioration quise manifeste en cette dernière période, comme elle avait commencé à se manifester dans la dernière série de 20 jours du lever.

Nous avons ainsi les chiffres suivants :

24 heures.

Agitation Calme Sommeil Coucher: ae ee 7 7,70 8,09 8,2 HEVETS A EE ER ER BA: 10 200 ER 02

Période diurne.

Agitation Calme Sommeil Coucher..." 417200 GEO RE LOVE RER EME LES 4,683 7,316 0

Période nocturne.

Agitation Calme Sommeil

COtahereenr., 7 TERRES 18145 2,685 8,183 Léver enr. -PORS 0,733 2,094 00100

Ut

Dans l’alitement :

L’agitation totale est augmentée de 2,284.

Le calme total est diminué de 2,16.

Le sommeil total est diminué de 0,133.

L’agitation diurne est augmentée de 1,883.

Le calme diurne est diminué de 1,9.

L'agitation nocturne est augmentée de 0,4.

Le calme nocturne est diminué de 0,248.

Le sommeil nocturne est diminué de 0,133.

Observation VIII

Dé. — 58 ans, entrée dans les asiles le 1° octobre 1898 sur certificat du D' Garnier :

Délire mélancolique, gémissements incessants, anxiété très vive, hallucinations de l’ouïe (elle entend les cris des enfants qu’on assassine), idées et tentative de suicide,insommie complète, chagrins de famille. -

Dr GARNIER.

28 novembre 1898. — Etat mélancolique en rapport avec une intoxication alcoolique récente. Cette malade qui n’est pas dangereuse peut être rendue à son fils qui la réclame et se charge de la surveiller.

D' TouLrouse.

Mais elle ne reste pas longtemps dehors.

6 décembre 1898. — Délire mélancolique avec hallucinations. Idées de persécution, tentative de suicide, sortie samedi de Villejuif.

D' MAGnan.

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