INTRODUCTION
Durant notre année d’internat chez le D' Toulouse, nous avons eu l’occasion de nous familiariser avec les méthodes de mesure qu'il a créées pour les faits dela pathologie mentale, notamment avec celle qu’il emploie pour étudier les effets de l’alitement et dont il a communiqué les principes et certaines applications au dernier congrès international de psychiâtrie.
Ces méthodes d’enregistrement systématique, ne sauraient supprimer les méthodes cliniques ordinaires de simple observation, maiselles remplacentla sensation personnelle parune certitude rationnelle directement transmissible à autrui.Au dernier congrès de médecine, la discussion sur l’alitement a mis en présence des adversaires dont l’un déclare : « L’alitement a des effets excellents » et l’autre : « Jen’en ai jamais retiré de bons résultats. » Chacun s’en est allé avec sa conviction propre. Précisant et discutant pied à pied les conditions de leurs observations, nul doute que ces auteurs se fussent instruits réciproquement. Pour être complexes, les phénomènes pathologiques n’en suivent pas moins des lois, qu’il s’agit d’élucider.
Nous avons voulu dans ce travail montrer ce qu’on peut faire avec des documentsexpérimentaux recueillis dans des conditions nettement déterminées.
. Le fin psychologue, lhabile expérimentateur Vaschide bien connu par ses travaux de psychologie expéri- Paul Meunier 1
LPEGREE
mentale, a bien voulu nous prêter son concourspour la si délicate question des variations de la pression sanguine. Sa collaboration confère une autorité à nos conclusions.
Nous remercions le docteur Legrain de Ville Evrard, chez qui nous trouvâmes bienveillance et instruction.
Nous saluons avec gratitude la mémoire du D' Bouchereau, vieux clinicien bourru et bienfaisant, qui fut notre premier maître en aliénation mentale.
Nous remercions vivement notre maîtreM. Ed. Toulouse, de nous avoir inspiré ce travail pour lequel il a mis à notre disposition tous les documents en sa possession et nous à aidé de son conseil précieux.
Un travail de cette sorte n’était possible que dans le service du D' Toulouse qui, poursuivant la mesure avec une ingéniosité sans cesse à l'affût, s'applique à donner à la clinique la précision d’une science expérimentale.
D'ailleurs, la médecine avait été déjà lancée dans cette voie par les travaux de Bouchard. Par ses nombreux ouvrages de physiologie et de pathologie, Bouchard est le premier qui ait doté la science médicale de l’ordre et de la méthode rigoureuse usitée dans les sciences biologiques. Il a ainsi établi des conclusions définitives et vraiment scientifiques sur maintes questions : les sécrétions internes, le rôle du système nerveux dans la nutrition, le rôle des agents pathogènes dans la circulation, les virus, les intoxications et les substances antitoxiques, etc., etc.
Que M. le professeur Bouchard veuille bien accepter nos sentiments de vive reconnaissance, pour le grand honneur qu'il nous fait en présidant notre thèse.
DR