‹ Métallurgie générale: procédés de chauffageChapitre 16 sur 63 · DESSICCATION · texte numérisé non relu

DESSICCATION

69. C^énéralités. — Nous avons vu que certains combustibles contenaient beaucoup d'humidité, et que cette circonstance était de nature à diminuer notablement leur valeur. On leur enlève une partie de cette humidité en les exposant longtemps à Tair. Mais pour l'enlever complètement, il faut recourir h des procédés de chauflage. En général, pour opérer ce chauffage, on soumet les matières à Faction d'un courant d'air ou de gaz chauds. Dans les usines, on peut utiliser les gaz qui s'échappent encore chauds des fours ou des chaudières ; dans ce cas, on n'a pas à brûler de combustible spécialement pour la dessiccation, et comme les différents appareils de l'usine fournissent en général une masse de gaz chauds surabondante, on n'a pas à se préoccuper de l'économie, et on recherche les installations les plus simples et les plus commodes. Parfois, au contraire, on entretient un foyer spécial pour opérer la dessiccation : alors il faut chercher surfout à en utiliser le mieux possible la chaleur. Les gaz peuvent être mis en contact direct avec la matière à dessécher, ou circuler dans des tuyaux qui échauffent la masse ambiante par rayonnement. Le premier procédé utilise mieux leur chaleur, mais il faut prendre des précautions contre les incendies : faire passer d'abord les gaz dans une chambre où leur vitesse se ralentit et où ils déposent les étincelles qu'ils pourraient avoir entraînées ; en outre, avant de les diriger sur le combustible, on les refroidit sïly a lieu au moyen d'un mélange d'air extérieur en proportion convenable.

La dessiccation s'applique surtout aux bois et aux tourbes.

68. DcBsiecaiion du boid. — Le bois, bien desséché à l'air libre, contient environ 20 0/0 d'humidité : on peut les lui enlever en le chauffant k 120 ou 130V Si on pousse la température plus haut, le bois s'altère et perd une partie de son eau de constitution. A 160 ou 170°, il perd 40 0/0 de son poids, et on obtient le bois torréfié qui a un pouvoir calorifique notablement plus fort que le bois desséché. En allant à 230 ou 300°, on obtient le charbon roux.

60. Four* ordinaires. — Le procédé le plus simple pour dessécher le bois consiste à l'entasser dans de grandes chambres

en maçonnerie, chauffées par les gaz d'un foyer, et à l'y laisser séjourner jusqu'à ce qu'il soit sec. Il faut à peu près deux jours pour une dessiccation bien complète. On laisse refroidir pendant un ou deux jours avant de défourner. On peut faciliter le chargement et le déchargement en plaçant des rails sur la sole. La charge de bois est encore empilée d'avance sur des trucs, qu'on pousse dans le four et qu'on retire après l'opération : cette disposition permet d'abréger la période de refroidissement, et de traîner aux fours où il doit se brûler le bois encore chaud.

Les gaz destinés au chauffage de ces enceintes circulent dans des tuyaux placés à la partie inférieure, ou se répandent directement dans la chambre :dans ce cas, ils doivent sortir près de la sole, afin que la vapeur dont ils sont chargés puisse s'écouler après s'être condensée à l'état d'eau. Si, au contraire, les gaz s^échappaient par la partie supérieure de l'enceinte, il devraient sortir tout le temps de l'opération à une température d'au moins 100**, afin de pouvoir entraîner la vapeur. Toute la chaleur qu'ils retiennent à cette température serait donc perdue.

Avec le chauffage par tuyaux, la consommation de combustible peut s'élever à 30 0/0 du poids du bois desséché ; lorsque les gaz proviennent d'un foyer spécial, on brûle pour cet usage des menus bois et des déchets de peu de valeur. Avec le chauffage direct, la consommation est d'environ 20 0/0.

GO. Oalerie» à ohauffag^e méthodique. — On peut obtenir de meilleurs résultats en rendant le chauffage méthodique. Pour bien utiliser la chaleur des gaz, il faut qu'ils sortent froids du four. Ceci ne peut être réalisé que si le bois circule lui-même en sens inverse des gaz^ de manière à passer successivement dans des régions de plus en plus chaudes. On fera passer les trucs chargés de bois par une longue galerie que le courant gazeux traversera en sens inverse. De cette manière, la température de 120° y régnera du côté qui servira à l'entrée des gaz et à la sortie du bois, tandis que la température à l'autre extrémité pourra être à peine supérieure à la température ambiante, si la galerie est assez longue pour que les gaz s'y refroidissent complètement (fig. 8).

La galerie recevra une légère pente dans le sens du mouvement des bois. Elle sera fermée par deux portes qu'on ouvrira à tles intervalles réguliers^ pour introduire un wagon à l'extrémité

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supérieure et en retirer un de lautrecôté. Vers le bas, la voûte sera percée d'un carneau pour l'entrée des gaz, qui auront dV

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