‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 105 sur 174 · COQUES DE L'HYDROPHILE BRUN · texte numérisé non relu

COQUES DE L'HYDROPHILE BRUN

4. Coque isolée, — 2. Coque atlachée à une feuille, — 3, Coque ouverte pour montrer à l'intérieur la disposition des œufs,

petits Limnées ou de petits Planorbes en renversant sa tête; elle brise la coquille et dévore l'animal. La nymphe porte au bord antérieur du thorax et sur l'abdomen des cils fort épais, dont l'usage n'a pas encore été bien reconnu.

Des Hydrophiles d'assez petite dimension, mais très-voisins des précédents par leur conformation, n’ayant toutefois la massue de leurs antennes canaliculée qu'à l'extrémité, constituent le genre Hydrous. Le {ype (Æydrous caraboides), un Insecte ovale et noir, fort abondant dans les mares, a des habitudes très-semblables à celles de l'Hydrophile brun.

D’autres Hydrophilines, caractérisés surtout par les proportions des articles de leurs palpes, les Hydrobies et les Philhydres, dont la taille est très-médiocre, forment des coques ou capsules

ovigères d'une physionomie particulière. Ces coques, fixées aux plantes, sont lamelleuses. Les Béroses (Berosus spinosus) ont des larves dont les anneaux de l'abdomen sont pourvus sur les côtés d'une paire de très-longs appendices garnis d’une fine pubescence servant à la natation, et fonctionnant aussi bien probablement à la manière de branchies.

D'autres Coléoptères se rattachant à la même famille par l’ensemble de leur conformation en diffèrent par quelques caractères et par les habitudes : ce sont les Sphæridiines. Ceux-ci ont le corps globuleux, le lobe interne des mâchoires membraneux, et ils vivent, les uns aux bords des eaux, les autres dans les bouses. Comme les autres Hydrophilides, ils enveloppent leurs œufs dans une capsule soyeuse, mais ils enfouissent cette coque, soit dans la terre humide, soit dans le fumier.

Les espèces du genre Cercyon, toutes de petite taille, se tiennent sur la vase. On trouve communément le Cereyon des rivages (Cercyon littoralis). Sa larve, privée de pattes, est rampante ; elle fouille la terre et se nourrit de petites larves de Diptères.

Les espèces du genre Sphéridie recherchent les fumiers. Le type, le Sphéridie scarabéoïde (Sphæridium scarabæoïdes), petit Insecte long de 6 à 7 millimètres, arrondi, noir, avec les élytres ornées de deux taches d’un jaune rouge, fréquente les bouses de Vaches. Sa larve, bien étudiée par M. Schiodte, a de très-petites pattes sans tarses, mais sa marche est singulièrement aidée par des appeñdices placés sur les côtés de l'abdomen.

Les Dvyricnes ont une parenté extrêmement étroite avec les Carabides. Comme ceux-ci, ils ont le lobe externe de leurs mâchoires converti en un palpe articulé, des mandibules acérées, des pattes ayant cinq articles à tous leurs tarses, des antennes filiformes. La principale différence entre les Dyticides et les Carabides consiste dans des adaptations à des conditions de séjour. Les Dyticides, mieux que les Hydrophiles, sont conformés pour la vie aquatique; leur corps est large, souvent très-

plat, les pattes propres à la natation, les postérieures constituées en véritables rames. Au contraire, les Carabides, au corps svelte et aux longues pattes grêles, sont conformés pour la vie terrestre.

Les Dyticides vivent dans toutes les eaux dormantes et dans les petites rivières herbues dont le cours est peu rapide. Pourvus d'ailes très-amples, ils volent, et fréquemment on les voit sortir de l’eau, et se porter d’une mare dans une autre. Malgré leur genre de vie spécial, ces Coléoptères, organisés comme les espèces terrestres, sont obligés, surtout pendant la saison chaude, de venir, à de courts intervalles, à la surface de l'eau, pour les besoins de leur respiration. Une disposition bien simple permet aux Dyticides de s’approvisionner d'air. Leurs stigmates, situés à la face dorsale de l'abdomen et protégés par les élytres qui embrassent exactement les côtés du corps, ne sont pas exposés au contact de l’eau. L’Insecte montant à la surface soulève ses élytres, l'expiration a lieu; il les abaisse aussitôt que l'inspiration s'effectue, et une certaine quantité d'air se trouve retenue sous les élytres formant une sorte de voûte.

Les Dyticides sont exclusivement carnassiers; ils s’attaquent à tous les animaux aquatiques, qu'ils déchirent sans peine avec leurs puissantes mandibules. Les larves vivent comme les adultes, faisant une chasse incessante à une foule d’Insectes, à des Mollusques, à de jeunes Poissons. Ces larves, allongées, amincies en arrière, revêtues de téguments coriaces, sont véritablement cuirassées. Leur tête est large, leurs pièces buccales saillantes; leurs mandibules arquées sont perforées à l’extrémité, et ainsi propres à la succion ; leurs pattes, déjà longues, ont des tarses unguiculés. Les larves des Dyticides, douées d'une grande agilité, nagent avec aisance au moyen de leur abdomen flexible terminé par deux appendices souvent foliacés. Ces Insectes, pourvus de stigmates sur les côtés de tous les

zoonites abdominaux, viennent cependant respirer en élevant à la surface de l’eau l'extrémité de leur corps, où se trouve située, au voisinage de l’orifice anal, la dernière paire de stigmates. Étant sur le point de se métamorphoser, elles sortent de l’eau, et vont s’enfoncer dans la vase ou dans le sable du rivage, s'y façonnent une cellule à leur taille et se transforment en nymphes.

Jusque dans ces derniers temps, les métamorphoses n’avaient .été observées que chez un très-petit nombre de Dyticides, mais les études récentes de M. Schiodte ont beaucoup accru nos con naissances sur ce sujet.

La famille des Dyticides est peu nombreuse, si on la compare à celle des Carabides. Ses espèces ont, en général, une distribution géographique très-étendue; plusieurs se trouvent répan— dues dans une grande partie du monde. C’est là un fait intéres— sant à noter : il prouve que sous des climats où les conditions d'existence sont fort différentes pour les espèces terrestres, ces mêmes conditions demeurent presque semblables pour les espèces aquatiques. |

Dans la famille des Dyticides, il y a deux types bien tranchés, et par conséquent deux tribus : les Dyticines et Gyrines. Les premiers ont de longues antennes filiformes et des pattes antérieures assez courtes; les seconds, de petites antennes épaisses dont le deuxième article est prolongé en manière d'oreillette, et les pattes antérieures beaucoup plus longues que les autres.

Des espèces de la tribu des Dyticines ayant toujours cinq articles à leurs tarses, composent un premier groupe (Dyticites). Les vrais Dytiques, Insectes d’assez forte taille, ont le dernier article de-leurs palpes aussi court que le précédent et leurs tarses postérieurs munis de deux crochets mobiles. Toutes les espèces du genre ont les mêmes mœurs.

Le Dytique bordé (Dytiscus marginalis) est abondant dans les

eaux stagnantes de toute l'Europe; il vit très-longtemps à l’état adulte, de sorte que certaines personnes prennent plaisir à le conserver dans des bocaux pour s'amuser de ses mouvements agiles, et de sa voracilé, quand il se jette sur une proie. Le Dytique bordé est un gros Coléoptère, en dessus d’un brun verdâtre foncé avec une bordure jaunâtre, en dessous d'un ton fauve ferrugineux avec un liséré noir à chaque anneau de l'abdomen. Le mâle a les élytres lisses; la femelle a les élytres cannelées. La femelle a les tarses antérieurs simples; le mâle a les trois premiers articles de ces mêmes tarses extrèmement élargis et garnis en dessous de nombreuses cupules ou plutôt de ventouses, deux assez grandes, les autres trèspetites. Voilà, entre les individus des deux sexes, des différences considérables dont le but est facile à comprendre. Ces Insectes s'unissent dans l’eau, tout en nageant : avec des tarses simples, jamais le mâle n'aurait eu la possibilité de retenir sa femelle, avec l'appareil dont ces appendices sont pourvus, il prend adhérence sans la moindre difficulté, et la femelle ayant des élytres cannelées, l’adhérence s'effectue d’une manière bien autrement efficace que si leur surface avait été lisse.

Le Dytique détruit une foule d’Insectes et de Mollusques et dans les ruisseaux comme dans les étangs. Quelquefois des Dytiques s’attaquent à des Grenouilles; s’accrochant sur le dos de l'animal, ils en entaillent la peau avec leurs mandibules et se mettent à la ronger. La Grenouille toute saignante se débat en vain contre les morsures des Dytiques, elle finit toujours par succomber. |

Les Dytiques laissent tomber leurs œufs au fond de l’eau; les jeunes larves naissent et grandissent rapidement, car leur voracité est extrème. Au terme de leur croissance, elles sont longues de près de 5 centimètres, d'un gris jaune varié de brun. Leur tête, large et arrondie, porte de chaque côté six yeux disposés

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IMPR, DE E. MARTINET

(Dutiseus marginalis).

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