MÉTAMORPHOSES DU LAMPYRE BRILLANT
(Lampyris splendidula).
métamorphose alors en une véritable nymphe. Aïnsi, chez les Cantharidides, il y a un changement de régime et une succession de métamorphoses dont on n’a pas d'exemple ailleurs; ce que M. Fabre a appelé une hypermélamorphose.
Souvent, pendant les belles soirées de l'automne, au milieu des herbes, brillent des perles lumineuses, et chacun s’écrie : Un Ver luisant! Le Ver luisant est un Coléoptère du genre Lampyre, un
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type de la famille des Lamrynoes. Les Lampyrides ont un corps élancé, des élytres flexibles, des téguments de faible consistance. Par leur aspect général et par de nombreux détails de leur eonformation, ils se rapprochent beaucoup des Cantharides, mais on ne saurait jamais les confondre; les Lampyrides ont cinq articles à tous leurs tarses, et leur corselet large s’avance plus ou moins sur la tête comme un bouclier. Ce dernier caractère est très-prononcé pour les Lampyres. Chez ces Insectes, les mâles ont des élytres longues, des äiles amples; les femelles n’en ont que des rudiments, de véritables imoignons : elles ressemblent à leurs larves. Ces dernièrés;, Insectes déjà très-avancés dans leur développement, en diffèrent surtout par l'absence d'ailes et par la petitesse des añtennés et des pattes. Les Lampyres sont remarquables par la Propriété dont ils jouissent de produire une vive lumière entre /lés anneaux de l'abdomen, c’est-à-dire sur des points du corps'où le tégument est très-mince. En Italie, dans des localités où ces Insectes sont rassemblés en grand nombre (Zampyris itahica), c’est un charmant spectacle de voir les Lucioles, ainsi qu'on les appelle, comme des milliérs de perles lumiñieusés, au milieu du feuillage ou traversant l’espace. Les éspècés'de notre pays, le Lampyre brillant (L. splendidula) et le Lampyre noctiluque (L. noctiluca), ne se montrent jamais en aussi grande abondance. Elles ont du reste leur utilité, surtout dans leur état de larves, car elles attaquent et dévorent les Colimaçons et les Limaces. Nous avons déjà indiqué la source de la production de lumière de ces Insectes dans des glandules lamelleuses; ces parties ont été étudiées récemment par M. Max Schultze (de Bonn) et par M. Targioni-Tozzetti (de Florence).
A la famille des Lampyrides se rattachent les Malachies (Malachius), petits Coléoptères agiles, ayant des couleurs vertes et rouges, que l’on voit continuellement sur les fleurs, montrant
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sur les côtés de leur corps des vésicules rouges, des cocardes, qu'ils font saillir quand on les inquiète; les Téléphores, Insectes des plus communs, tels au moins, le Téléphore brun (Telephorus
MÉTAMORPHOSES DE L'ALAUS OCELLÉ (Alaus oculatus).
fuseus), et le Téléphore livide (T. lividus), qui ont des larves trèscarnassières, paraissant vêtues de velours.
Des Coléoptères qui appellent l’attention des moins curieux, à cause de la singularité des sauts qu'ils exécutent, sont, de leur
nom vulgaire, les Taupins, et, de leur nom scientifique, les ÉaréRipes. Ceux-ci sont faciles à reconnaitre : ils ont les téguments solides; les antennes en dents de scie ou en peignes; les tarses de cinq articles, les premiers plus ou moins élargis et garnis en dessous de lames flexibles, assurant leur marche sur des végétaux. Mais ce que ces Insectes présentent de plus caractéristique, c’est une pointe du prosternum qui s'engage à leur volonté dans une cavité du mésosternum. Les Élatérides ont le corps long, un peu convexe, et des pattes assez courtes; renversés sur le dos, ils ne peuvent guère se relever avec le secours de leurs pattes; mais par une vigoureuse contraction, la pointe sternale pénètre dans sa cavité, une brusque détente projette le corps en l'air, et l’animal a la chance de retomber sur ses pieds : s’il n’a pas réussi du premier coup, il recommence sa manœuvre tant de fois qu'il est nécessaire. Ces Insectes, répandus par le monde entier, ont une nourriture végétale, et quelques-unes de leurs larves sont fort nuisibles à nos cultures,
Les larves des Élatérides, très-caractérisées par le mode d’articulation de leurs mächoires et de leur lèvre inférieure, ont presque l'apparence du Ver de farine, au moins celles de plusieurs de nos espèces indigènes, car il en est dont le corps est un peu déprimé; les larves qui nous sont connues des espèces de l'Amérique n’ont pas, comme les espèces d'Europe, les anneaux de l'abdomen cuirassés à la façon du thorax. En exemple, nous représentons sous ses diverses formes un grand et beau Taupin de la Louisiane (Alaus oculatus).
Les Pyrophores, qui comptent aussi parmi les plus grands de la famille des Élatérides, se font remarquer par la présence de deux plaques ovalaires situées vers la base du prothorax. Après la mort, ces plaques ont une apparence d'ivoire un peu jaune, et pendant la vie une apparence de verres de lanterne; car elles s'illuminent à la volonté de l’animal d’une lumière verdâtre assez vive pour permettre de lire dans une obscurité profonde, pour peu
que l’on promène l’Insecte sur les lignes. Les Pyrophores abondent dans toutes les régions chaudes de l'Amérique, où ils sont appelés des noms de Cucuyos et de Coyouyou. En plusieurs pays, et en particulier au Mexique, les dames, pour leurs promenades nocturnes, aftachent à leur chevelure de ces Insectes qui les parent de leurs globules lumineux. Des Pyrophores ont été apportés du Mexique à Paris dans ces dernières années, et avec quelques soins nous avons pu en conserver de vivants pendant plusieurs mois. Ces Coléoptères, au fin pelage cendré, avec leurs