MÉTAMORPHOSES DU CRIOCÈRE DU LIS
(Crioceris merdigera)
Une nymphe isolée, vue en dessus, — Une nymphe grossie, vue en dessous,
lui-même fait allusion à des nuances dorées. Les larves de ces Coléoptères, pour le plus grand nombre, vivent à découvert : massives, ramassées, pourvues de très-petites pattes, elles sont lentes dans leur marche ; plusieurs d’entre elles, ayant des téguments mous, ont recours à des moyens de protection qui s'offrent comme le côté le plus curieux de leur histoire.
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D'après quelques caractères tirés de la forme du corps et surtout de la configuration des mâchoires, on distingue les Criocérines, les Cassidines, les Chrysomélines, les Gallérucines.
Des espèces de la première division, d’une forme plus élancée que les autres représentants de la famille, les Donacies, au corps vert ou bronzé, affectionnent le bord des eaux et courent sur les plantes aquatiques. Ce sont ces mêmes plantes, les Nénuphars, les Sagittaires, les Lenticules, que leurs larves blanches, décolorées, rongent au collet.
Les Criocères sont oblongs, avec la tête et le prothorax beaucoup plus étroits que les parties postérieures du corps. Sur les tiges et les feuilles des beaux Lis blancs que l’on cultive dans les jardins, on voit continuellement ce charmant petit Coléoptère tout brillant, noir, avec le corselet et les élytres d’un beau rouge vermillon. Sa larve n’est pas jolie, mais comme elle montre un curieux instinct! Destinée à vivre à découvert, avec des téguments minces et sans consistance, la nature lui a donné un singulier moyen de protection. Elle se fait une épaisse couverture de ses déjections; son orifice anal étant placé de façon que les matières sortant de son intestin puissent être versées sur son dos. Ainsi cachée sous ce misérable vêtement, la larve du Criocère a moins d’ennemis à redouter et se trouve garantie du soleil. Enlevez-lui son abri; pour, au plus vite, en fabriquer un nouveau, elle se met à manger avec une extrême avidité. Dans les potagers, une autre espèce de Criocère (Crioceris Asparagi) est fort commune sur les Asperges.
Les Cassidines ont un corps presque orbiculaire, le prothorax large comme une sorte de bouclier, et dans la grande majorité des espèces fort avancé au-dessus de la tête. Il y en a de bien belles dans le monde des Cassides; il y en a qui semblent vêtues d'or. Celles de notre pays sont petites, et nous n’en citerons qu'une en particulier, la Casside verte (Cassida viridis), tout entière en dessus d’un vert frais. Vous la verrezsur les Chardons qui bordent
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la route, sur les Artichauts du potager. Vous y trouverez aussi sa larve, une larve bien singulière, large, plate, portant sur les côtés de longues pointes ciliées ou épineuses et à l'extrémité de l'abdomen un appendice fourchu recourbé au-dessus du corps. L'orifice anal est situé à la base de cet appendice, les déjections sont reçues sur cette fourche, et la larve de la Casside est ainsi pourvue d’un parasol : il lui suffit d’un mouvement brusque pour s’en débarrasser à sa volonté.
Dans la grande tribu des Chrysomélines, il y a plusieurs types bien caractérisés. Les Chrysomèles sont presque orbiculaires, avec la tête dégagée du thorax ; leurs larves, ayant des téguments colorés et d’une certaine résistance, ne cherchent pas d’autres abris que le feuillage des plantes. Il y en a beaucoup dans notre pays : la Chrysomèle du Gramen (Chrysomela Graminis), d'un vert doré
métallique; la Chrysomèle ensanglantée (Chr. sanguinolenta), :
noire, avec une bordure rouge, etc. A raison d’un élargissement des antennes vers leur extrémité, on a distingué des Chrysomèles les Linas. Les Peupliers sont quelquefois singulièrement maltraités par une espèce de ce genre, la Chrysomèle ou Lina du Peuplier. L’adulte est d’un vert bronzé, avec des élytres rouges ; la larve est jaune, avec des taches d’un noir brillant. C’est la larve surtout qui détruit le feuillage ; comme tant d’autres Chrysomélides, elle ronge le parenchyme et respecte toutes les nervures : les feuilles ressemblent alors à une dentelle. Sur le point de se métamorphoser, cette larve s'attache par l'extrémité postérieure ; sa peau se fend, la nymphe se montre, mais encore retenue par la dépouille de la larve.
Les Bumolpes, avec leur prothorax moins large que les élytres, ont les derniers articles des antennes très-grands. IL y en a de magnifiques dans les pays chauds ; il y en a un, assez petit, noir, avec des élytres ferrugineuses, qui est très-commun dans nos vignobles, l’Eumolpe de la Vigne (Eumolpus Vis). Les vignerons l’appellent l’Écrivain, et en considérant les dessins irrégu-
gras à
sers à
liers que l'Insecte trace sur les feuilles en les découpant par petites lanières, le nom paraît bien justifié.
Les Galérucines se distinguent des précédents par leurs antennes plus longues, par le dernier article de leurs palpes très grand, etc. Elles ont, du reste, dans leurs différents états, des