MÉTAMORPHOSES DES PHRYGANES
(Phryganea flavicornis, Ph. rhombica, Ph. fusca).
transparente, les paquets s’attachent aux pierres et aux plantes aquatiques. Les Phryganides sont surtout intéressantes dans la première condition de leur existence. Larves très-carnassières,
avec des téguments mous, elles se fabriquent des étuis, des fourreaux avec des corps étrangers réunis par un peu de soie, à la manière de certaines chenilles, telles que les Psychés et diverses espèces de Tinéines. Comme ces dernières, elles portent leur abri, ne sortant que la partie antérieure de leur corps. Un danger les menace-t-il, au plus vite elles rentrent tout à fait dans leur fourreau. Chaque espèce travaille à sa façon et montre une prédilection très-marquée pour des matériaux déterminés. IL est des larves de Phryganides qui confectionnent leurs tuyaux
invariablement avec des graviers, d'autres avec de petites co-
quilles, d’autres toujours avec des bûchettes, d’autres avec des fétus ou des brins d'herbe, de sorte que l'inspection d’un fourreau permet de reconnaître par quelle espèce il a été construit. Quelques=unes se logent dans des abris fixes (Hydropsychés).
Les larves de Phryganides, vivant constamment dans l’eau, portent sur les côtés de l'abdomen des filaments propres à la respiration aquatique; elles ont une tête écailleuse, les anneaux thoraciques revêtus de plaques de consistance coriace, des pattes très-longues, un abdomen à peau molle, terminé par deux crochets servant à l’animal à retenir sa demeure portative. Au terme de leur croissance, ces Insectes fixent leur fourreau contre un corps quelconque, le ferment hermétiquement, et se transforment en nymphes. Celles-ci ont le même mode de respiration que les larves. Aujourd'hui, on connaît un grand nombre d'espèces de Phryganides, c’est à M. Pictet que l’on doit la plus belle étude des caractères et des métamorphoses de ces curieux Névroptères.
Parmi nos espèces les plus communes, nous citerons la Phrygane à antennes fauves (Ph. flavicornis), qui, à l’état de larve, construit son fourreau avec de grosses büchettes ; la Phrygane rhombifère (Ph. rhombica), qui choisit de petits brins de plantes aquatiques; la Phrygane brune (Ph. fusca), qui fabrique un tuyau central avec de petits graviers, y ajoutant à l'extérieur des fétus d’une longueur surprenante.
D dt. di nets
Vr.
mi. sit uni, Lh,) D.)
Éuoncer ce fait , que dans l'ordre des Hémiptères, on réunit les Punaises, Punaises de bois et Punaises domestiques, les Cigales, les Pucerons, les Cochenilles, c’est donner à chacun une première notion de l’ensemble de cette grande division de la classe des Insectes. Chez les Hémiptères, les ailes, au nombre de deux paires, sont membraneuses, avec des nervures en baguettes plus ou moins ramifiées, mais sans réticulation transversale. Chez un grand nombre, ces organes ont la même consistance dans toute leur étendue, tandis que chez les autres, ceux de la première paire sont en quelque sorte partagés en deux moitiés de consistance fort inégale : la portion basilaire est coriace, l’autre portion membraneuse, ce qui a inspiré le nom d’Hémiptères (futoue, demi; #repa, ailes). L'appareil buccal est très-caractéristique ; les Hémiptères sont les Insectes suceurs par excellence. Leur labre est une pièce étroite et aiguë; leurs mandibules, de véritables
stylets, minces et acérés; leurs mâchoires, d’autres stylets où l’on retrouve à peine le vestige d'un palpe, et la lèvre inférieure, ordinairement divisée en plusieurs articles, une gaine qui, dans l'état de repos, renferme les autres pièces buccales. IL y a ici un exemple remarquable des merveilleux procédés de la nature pour atteindre un but, pour adapter des organes à différents usages, en apportant les plus légères modifications possibles. Les mandibules et les mâchoires ayant été rendues très-grèles, un étui capable de les empêcher de s’écarter, et, en s’écartant, de fonctionner comme suçoir, leur était indispensable; par une simple modification de la lèvre, tous les avantages désirables sont obtenus. Le suçoir, toujours replié dans l'état de repos sous la tête et le thorax, de façon à ne pas gêner les mouvements de l'animal, est plus ou moins long, suivant les conditions dans lesquelles l’Insecte doit puiser sa nourriture.
Parmi ces Insectes, les uns sucent le sang de l'Homme et des Animaux ; les autres, infiniment plus nombreux, sucent la séve des végétaux. Toujours pourvus de glandes salivaires extrèmement volumineuses, ils versent dans la plaie occasionnée par la piqûre une certaine quantité du produit de ces organes, ce qui détermine sur l'Homme et les Animaux une vive irritation locale, sur les végétaux un afflux de séve.
Les Hémiptères n’ont pas de véritables métamorphoses; de même que les Orthoptères, ils naissent avec des formes peu différentes de celles des adultes. Les larves subissent plusieurs changements de peau, et deviennent nymphes après avoir acquis des rudiments d’ailes, pour passer à l’état adulte en subissant une dernière mue. Les œufs de ces Insectes sont souvent très-jolis; diversement cannelés ou ciselés, selon les espèces, ils affectent la forme de petits barillets avec une sorte de couvercle. Ceux des espèces phytophages sont déposés par plaques sur les feuilles ou les tiges.
À raison de la texture des ailes et du mode d'insertion du
Late ht
ddr dédie" ble à jar” it dx tcbirtité barbe:
suçoir, plusieurs auteurs ont vu deux types d'ordres parmi les Hémiptères; cependant tous ces Insectes étant liés par les affinités naturelles les plus évidentes, l'expression de leurs relations demeure infiniment préférable, si l’on conserve dans son ensemble l’ordre des Hémiptères, en le partageant en deux sections : les Hétéroptères, où les ailes, coriaces dans leur moitié antérieure, sont transparentes dans le reste de leur étendue, où le suçoir naît de la partie inférieure de la tête; les Homoptères, où les ailes sont entièrement membraneuses, où le suçoir naît de la région frontale.
Dans la section des Hétéroptères, nous reconnaitrons quatre familles : les Scutellérides, les Lygéides, les Réduviides et les Népides; quatre également dans la section des Homoptères : les Cicadides, les Fulgorides, les Aphidides et les Coccides.
Les SourezLérpes sont les Insectes auxquels s'applique particulièrement le nom de Punaises de bois. Ayant le corps court et large, ils se font surtout remarquer par l'énorme dimension de leur écusson. On distingue deux types principaux : les Scutellérites, chez lesquels l’écusson couvre tout le corps en arrière du prothorax, et les Pentatomites, dont l’écusson triangulaire n’en couvre qu'une partie.
Les premiers ont peu de représentants dans notre pays; ceux qui composent le genre Tetyra (Tetyra maura et T. hotlentota), Insectes d’un gris ou brun terne, sont parfois nuisibles aux céréales. Les espèces de l'Inde, des Philippines, des Moluques, ete., sont parées de couleurs métalliques ou de vives nuances.
Parmi les Pentatomites les plus communs, nous avons le Pentatome gris (Pentaloma grisea), que l’on rencontre en groupes plus ou moins nombreux sur une infinité de plantes basses, que l’on voit aussi grimpant après les murailles; puis le Pentatome orné ou le Pentatome du Chou (P. ornala), de taille un peu moindre, offrant sur tout son corps un mélange de noir et de rouge. Des centaines d'individus se trouvant parfois ras-
st tbt dt à à RÉ Le d'ions Dans Ce me. cl ee. it A TO ET
semblés sur les Choux et les tiges d’autres Crucifères, deviennent fort nuisibles. L'odeur caractéristique de Punaise est très-
prononcée chez ces Hémiptères.
MÉTAMORPHOSES DU PENTATOME GRIS (Pentatoma griseæ),
Les Lycéipes ont une forme assez élancée et un écusson toujours assez petit. Ils offrent trois types principaux : les Lygéines, aux antennes insérées au-dessous des yeux, avec le dernier article
PET IT OR I EN TT TE TS AE ET ni ts
en fuseau; les Mirines, distincts par le dernier article des antennes très-grêle, et les Coréines, qui ont les antennes insérées sur la même ligne que les yeux, et les tarses pourvus entre leurs crochets de deux lamelles qui n'existent pas chez les précédents.
Parmi les Lygéines, il y a une espèce devenue le type du genre
L'ASTEMME APTÈRE
(Astemma uptera).
Astemme (À. aplera), caractérisé par l'absence d’ocelles, que l’on rencontre à chaque pas pendant l'été, dans les jardins comme dans la campagne; un Insecte noir et rouge, qui court à terre par les chemins et les avenues. Cet Hémiptère offre une intéressante particularité : ses ailes sont d'ordinaire imparfaitement développées, leur partie membraneuse demeure rudimentaire. Quelquefois, cependant, il arrive au même degré de perfection
que les autres Lygéines; nous en représentons un individu chez lequel les ailes sont complètes.
Les vrais Lygées ont des ocelles sur le front. En général, ils sont de couleur noire et rouge, ou d’une teinte plombée avec des espaces rouges rehaussés par des taches noires. Ces Insectes se tiennent habituellement en groupes, serrés les uns contre les autres sur les tiges des plantes (Lygeus mililtaris, L. equestris, ete.).
Les Mirines, c’est la foule des Hémiptères les plus mignons, les plus élégants, les plus joliment peints de fraiches nuances, que l'on puisse imaginer. Les Miris et les Phytocoris voltigent et courent avec une étonnante prestesse sur tous les végétaux.
Les Coréines vivent sur les plantes comme les Lygéines, mais en demeurant d'ordinaire plus isolés. Le type du genre Corée est d’un brun uniforme, et comme son abdomen élargi déborde sur les côtés, on l'appelle le Corée bordé (Coreus marginatus). Jeune, ses antennes paraissent énormes, et les dilatations de son abdomen, un peu festonnées et relevées, donnent à l’Insecte une physio-nomie assez étrange.
Les Répuvunes constituent une grande famille, où l'on compte plusieurs formes nettement caractérisées. Ces Hémiptères se re connaissent à leur tête rétrécie en arrière, de façon à figurer une sorte de cou, et à leurs yeux globuleux très-saillants. La plupart des Réduviides sucent le sang des Animaux et même celui de l'Homme ; mais il en est de phytophages, qui, par l’ensemble de leur organisation, s’éloignent médiocrement des espèces carnassières. Nous distinguons dans cette famille : les Aradines, ayant une tête avancée, presque pointue; les Réduviines, dont la tête, petite proportionnellement au volume du corps, est très-rétrécie en arrière ; les Hydrométrines, ayant seulement deux articles aux tarses, tandis qu'il y en a trois dans les autres divisions; les Saldines, dont la tête, à peine rétrécie en arrière, porte de gros yeux très-proéminents.
Parmi les Aradines, nous avons les Tingis, tout petits Insectes
— dus ge de ne ue tre ln fée th td ndidindt used delle cit tite née RSS GS SE SSL DR
des plus charmants; leur corselet a des expansions latérales, et ces expansious, de même que les élytres, sont admirablement réticulées : à la loupe, on croirait voir les plus jolies ciselures,
À | ls K
MÉTAMORPHOSES DU CORÉE BORDÉ (Coreus marginatus).
les plus délicates broderies. Ces Hémiptères, ayant une nourri ture végétale, deviennent parfois très-nuisibles dans les localités où ils se multiplient. C’est ainsi que le Tingis du Poirier (Tingis
Piri) cause souvent de graves préjudices dans les vergers. Les Arades, au corps aplati, aux antennes épaisses, vivent sous les écorces, où ils sucent d’autres Insectes. Le nom de Punaises (Cimex), qui s’appliquait pour les anciens auteurs à presque tous les Hémiptères hétéroptères, a été réservé aux espèces dont le corps est ovalaire, la tête peu rétrécie en arrière, les antennes minces vers le bout. Le type est connu de tout le monde, c’est la Punaise des lits (Cimex lectularius). Cet Insecte se nourrit exclusivement du sang de l'Homme. Qui ne connaît ses habitudes ? Pendant le jour il se tient caché sous les tentures, dans les fissures des murailles, dans d’étroits interstices ; il sort la nuit pour chercher ses victimes, déployant un instinct surprenant. Des personnes éloignent leur lit des murailles, dans l’idée de se mettre à l'abri de visites trop intimes; les Punaises montent au plafond, et parvenues au-dessus des dormeurs, elles se laissent tomber : leur but est atteint. Elles déposent leurs œufs dans les endroits un peu cachés; les jeunes croissent avec plus ou moins de rapidité, suivant que les circonstances leur sont plus ou moins favorables. Ces Insectes n’ont que des rudiments d'ailes; adultes, ils représentent donc l’état de nymphe des autres Hémiptères : c'est ce qui est attesté par le nombre de leurs mues. On suppose que la Punaise des lits a été importée d'Amérique, et l’on assure qu'elle n'avait pas été vue en Angleterre avant le xvir siècle; à cet égard, la certitude est impossible à obtenir. On a décrit deux ou trois autres espèces de Punaises; l’une d’elles se trouve dans les pigeonniers.
Les Réduviines, aux formes sveltes, ont beaucoup de représentants dans les régions chaudes du monde, mais peu d'espèces en Europe. Nous avons un Réduve assez singulier, qui vit dans les maisons malpropres : le Réduve masqué (Reduvius personatus). A l’état de larve ou de nympbhe, cet Insecte, en effet, est toujours masqué; il se tient dans la poussière; il en couvre son corps avec des filaments de toute sorte, et dissimule ainsi sa présence, tant