‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 144 sur 174 · MÉTAMORPHOSES DU RÉDUVE MASQUÉ · texte numérisé non relu

MÉTAMORPHOSES DU RÉDUVE MASQUÉ

(Reduvius personatus ).

tout effilé, avec de longues pattes grèles, qui semble mesurer l'espace : c’est l'Hydromètre des étangs (Hydrometra stagnorum). Les Gerris, dont le corps est plus épais et les pattes de devant assez courtes, se promènent sur l’eau de la même façon, et l'on a recueilli dans les mers équatoriales des espèces au corps trèsramassé, les Halobates, marchant sur les vagues avec la même facilité. Ces Insectes ont le corps garni en dessous d’une pubes-

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cence très-serrée, qui retient une mince couche d'air; il ne leur en faut pas davantage pour marcher sur les eaux avec une parfaite sécurité.

Les Nérmes, ou les Punaises d'eau, carnassiers comme les Réduves, se distinguent par leurs antennes très-courtes, cachées dans des cavités au-dessous des yeux, et par deux tiges à l’abdomen, constituant un siphon respiratoire. Nous en avons de plusieurs groupes. Il y a les Népines, pourvus de pattes grêles, les antérieures ravisseuses, la jambe se repliant sous la cuisse comme chez les Mantides. C'est à l’aide de ces instruments que les Népines saisissent leur proie. Ces Insectes déposent leurs œufs par plaques sur les plantes aquatiques ou sur les pierres, et plusieurs d’entre eux les portent sur leur dos. Les Ranatres ont le corps long et mince et de très-grandes pattes; les Nèpes, le corps assez large et tout plat. Les Bélostomes, les géants de l’ordre des Hémiptères, sont particuliers aux contrées les plus chaudes du monde. On en à découvert une espèce en Algérie.

Les Notonectines sont les vrais nageurs de la famille des Népides; ils ont une grosse tête, des pattes antérieures courtes, des pattes postérieures en longues rames. On distingue les Cori ses, ayant des tarses antérieurs d’un seul article, qui nagent sur le ventre, et les Notonectes, ayant des tarses de deux articles et un corps très-convexe, qui nagent sur le dos. On les a nommés quelquefois les Punaises à avirons. Les Corises et Notonectes attachent leurs œufs sur les plantes aquatiques. Dans les lacs du Mexique, et particulièrement dans le lac Tezceuco, abondent une espèce de Notonecte et une espèce de Corise, et à une époque de l’année les habitants du voisinage fauchent les herbes chargées des œufs de ces Insectes. Les œufs, détachés, sont convertis ensuite en une sorte de farine dont on fabrique des galettes ou du pain que l'on appelle, dans le pays, du nom de haulle, et que l’on vend sur les marchés de Mexico. Ce pain, assurent des voyageurs, n’est pas désagréable à manger, malgré une saveur de poisson assez

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prononcée. L'usage de cet aliment existait parmi les anciens Aztèques, il s’est transmis chez les nouveaux habitants du Mexique.

Sans transition bien manifeste on passe des Hémiptères hétéroptères aux Homoptères. Les Cicanipes constituent une famille des mieux circonscrites et des mieux caractérisées, Elles diffèrent

LES NÉPIDES,

Le Ranatre linéaire (Ranatra linearis). — La Nèpe cendrée, larve et adulte (Nepa cinerea). Le Notonecte glauque (Notonecta glauca).

entre elles si médiocrement, qu’on pourrait dire qu’elles appartiennent toutes au même genre : le genre Cigale (Cicada). Dans l'Europe méridionale, les Cigales, célèbres depuis l'antiquité, sont connues de tout le monde. Dans le centre et dans le nord de l'Europe, elles n'existent pas, et le vulgaire donne volontiers leur nom à des Insectes d’un autre ordre, comme les Sauterelles. Les Cigales, dont la taille est généralement grande, ont un gros corps,

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de petites antennes de trois articles terminées par une soie grêle, des ocelles très-apparents, de gros yeux, des tarses de trois articles, el ce qui est bien plus frappant, de grandes plaques sous l'abdomen des mâles, recouvrant un appareil musical. L'appareil du chant des Cigales est en effet fort remarquable ; il n'existe rien d’analogue ailleurs. C’est un appareil situé à la base de l’abdomen, qui consiste en deux cavités, recouvertes chacune séparément par une sorte de volet susceptible de se soulever et de s’abaisser. A l’intérieur, les deux loges, séparées par une cloison, offrent en avant une membrane molle ; en arrière, une membrane mince, tendue, que l’on nomme le miroir; de chaque côté, une membrane plissée, appelée la tim— bale, adhérente à une pièce triangulaire de consistance solide, Des muscles puissants attachés à cette pièce mettent les tim— bales en vibration. Le son se produit dans la cavité, et résonne avec plus ou moins de force, suivant que les volets s'élèvent ou s’abaissent. Les Cigales femelles sont muettes; elles ont un appareil musical rudimentaire. Le chant des Cigales, rauque, désagréable, plaisait beaucoup aux Grecs, si l’on en croit leurs écrivains, et surtout leurs poëtes. Dans la patrie d'Homère et de Platon, des amateurs prenaient plaisir à conserver de ces Insectes en cage, ainsi qu’on le fait encore aujourd’hui en Chine. La vie des Cigales offre un médiocre intérêt : quand on chante, on ne travaille pas. Cependant il est curieux de voir les femelles opérer le dépôt de leurs œufs. Pourvues d’une sorte de scie, elles agissent à peu près à la façon des Tenthrédides ; sur les troncs ou les branches, à l’aide de leur tarière, elles pratiquent des entailles et mettent un œuf dans chaque fente. La tarière, en effet, se compose de deux valves et de deux stylets dentelés extérieurement, unis à une pièce médiane aiguë. Les métamorphoses des Cigales, un peu plus considérables que celles des autres Hémiptères, sont analogues à celles des Libellulides. Les larves, à peine nées, descendent au pied de l'arbre et s’en

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