‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 149 sur 174 · LE MALE DE LA COCHENILLE, TRÈS-GROSSI · texte numérisé non relu

LE MALE DE LA COCHENILLE, TRÈS-GROSSI

(Coccus Cacti),

un abri pour leurs œufs et pour les nouveau-nés. D'après quelques observations de M. Leuckart, elles engendrent seules comme les Pucerons, au moins pendant une période de leur existence. Les mâles, toujours très-petits relativement au volume des femelles, ne paraissent qu'à un moment de l’année. Les Coccides femelles sécrètent par la peau en plus ou moins grande abondance une matière cireuse, qui a pour but de les garantir de la pluie et de les protéger contre une foule d’ennemis.

Le genre important de cette famille est celui des Cochenilles

(Coccus). La Cochenille fine (C'occus Cacti) est celle qui donne la plus-belle matière tinctoriale. Originaire du Mexique, elle a été transportée avec succès dans plusieurs des Antilles, dans diverses parties de l'Amérique du Sud, en Espagne, plus récemment aux îles Canaries, et enfin en Algérie. La femelle est un Insecte globuleux, rougeñtre, se montrant toujours saupoudré de matière cireuse, et portant en arrière deux petits filets très-courts. Le mâle, long de 1 à 2 millimètres, a des antennes assez longues, un abdomen muni de deux longs filets, un bec rudimentaire ; il ne prend aucune nourriture.

La Cochenille est devenue une source de richesse pour diverses contrées. Aux Antilles et sur plusieurs points du continent américain, on cultive les Nopals sur de vastes étendues, pour nourrir le précieux Insecte. La récolte en est faite à des époques fixes. Un traité sur cette culture a été publié en 1787 par Thierry de Ménonville.

Beaucoup d'espèces fournissent une couleur plus ou moins belle : la Cochenille de Pologne (Coccus polonicus), objet autrefois d'un commerce considérable, devenue le type du genre Porphyrophore; la Cochenille du Chêne vert (Coccus Ihcis), employée pour les teintures en cramoisi. Une; espèce d'Algérie a été signalée comme capable de fournir un beau produit; une espèce observée sur les Fèves par M. Guérin-Méneville donne également une matière tinctoriale. La laque qui nous vient de l'Inde est fournie par une espèce du même genre (Coccus lacca).

Divers Coccides, habituellement désignés sous le nom de Kermès, fournissent de la cire. Dernièrement, MM. Targioni-Tozzelti et Sestrini ont montré qu'on pouvait tirer un excellent produit du Kermès du Figuier (Chermes Ficds), qui est trèsrépandu dans l'Europe méridionale. Depuis quelques années, l'Angleterre achète sur le marché de Shang-Haï une sorte de ire d’un blanc d’albâtre qui provient d'une espèce de Kermès vivant sur des Frènes (Chermes sinensis).

LES APHANIPTÈRES — LES STREPSIPTÈRES

Les Aphaniptères sont des Insectes que tout le monde connaît ; les Strepsiptères, des Insectes que personne n’a vus, si ce n’est un petit nombre de naturalistes. Les Aphaniptères, ce sont les Puces, Insectes des plus intéressants par leur conformation, et des plus curieux par leurs habitudes, par leurs instincts, par leurs métamorphoses. Les Puces sont des suçeurs comme les Hémiptèrés, et cependant leur appareil buccal est construit d’une manière assez différente. Le labre est une tige acérée; les mandibules, de longues lames aplaties, finement denticulées sur leurs bords; les mâchoires, de petites pièces triangulaires, avec des palpes avancés sur le rostre, de façon à offrir l'aspect d'antennes; la lèvre inférieure, une lame membraneuse supportant de grands palpes. Chez les Aphaniptères, les yeux, situés sur les côtés de la tête, paraissent être simples; les antennes sont fort petites; les ailes n'existent qu’à l’état de vestiges sous forme d’écailles :.de là le nom d’Aphaniptères. Les pattes sont robustes et épineuses

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