‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 155 sur 174 · MÉTAMORPHOSES DE L'ÉRISTALE GLUANT · texte numérisé non relu

MÉTAMORPHOSES DE L'ÉRISTALE GLUANT

(Bristalis tenax).

avec de larges taches rousses sur l’abdomen; sa larve, pourvue d'assez gros yeux et d’une queue mince, vit dans les mares - puantes, peu profondes, dans les matières liquides qui s’écoulent

des fumiers. Pour l’observer, on peut la mettre dans de l’eau pure, elle n'y périra qu'après un certain temps. Alors on peut se procurer un curieux spectacle. La larve de l’Éristale est couverte d'une faible quantité d’eau; sa queue, dressée pour prendre l'air par les orifices placés à son extrémité, est courte. De l’eau est ajoutée ; la queue s’allonge en proportion, de façon à toujours atteindre la surface, et quand la hauteur du liquide commence à devenir trop considérable, cette queue s’allonge jusqu'à sa dernière limite; un peu encore, et l'animal est noyé. Les larves des Hélophiles (Helophilus pendulus), plus longues, plus minces que celles des Éristales, vivant dans les mêmes conditions, sont susceptibles encore d'un plus grand allongement.

Les Syrphes ont le corps étroit et comme déprimé; petits Diptères au corps bronzé, bleu, verdâtre, etc., avec des ceintures

jaunes, ils sont en foule sur les fleurs pendant la belle saison, et

leurs espèces sont nombreuses. Toutes ont les mêmes mœurs, les mêmes métamorphoses. Ces Insectes déposent leurs œufs sur les arbustes ou autres végétaux. Les larves qui en naissent, ayant le corps atténué en avant, marchent sur le feuillage par un mouvement de reptation et en s’aidant de leurs mandibules en crochets. Le Syrphe ceinturé (Syrphus balleatus) est un des plus communs dans les jardins; ses larves, d’une teinte verte pâle, se voient fréquemment sur les Rosiers, où elles saisissent des Pucerons et les sucent avec une merveilleuse rapidité. Beaucoup de larves de Syrphes attaquent des chenilles, et s’enfoncent même en grande partie dans le corps de ces Insectes. Leurs orifices respiratoires étant placés au dernier anneau de l'abdomen, elles ne courent aucun risque en s'engageant de la sorte.

La famille des Musaes, des véritables Mouches, est de toutes les familles de la classe des Insectes la plus immense eten même temps l’une des plus naturelles. Il y a des milliers de Mouches qui se ressemblent d’une manière désespérante pour les classificateurs, et cependant toutes ces Mouches sont bien différentes,

car chacune vit dans des conditions qui lui sont propres. Un entomologiste, Robineau-Desvoidy, a été le premier à comprendre que l’on ne connaîtrait bien ces Insectes qu'après avoir étudié l'histoire entière de chacun d'eux.

Les Muscides ont une grande trompe formée de toutes les pièces buccales réunies, et surtout de la lèvre inférieure grande, plissée, douée d’un tact très-sensible. Les mandibules, en

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