‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 2 sur 174 · TO" O7 CONTE TS · texte numérisé non relu

TO" O7 CONTE TS

tacés abondent sous toutes les latitudes, donnant le spectacle d'habitudes étranges, de surprenantes métamorphoses révélées par des études encore bien récentes.

Le promeneur errant dans la campagne ou dans les allées de la forêt; le philosophe faisant le tour de son jardin, avec la conscience que touf ce qui est du domaine de la nature offre de nobles enseignements à l'esprit humain, est facilement porté à la contemplation de tous ces. Insectes, les uns paisibles, les autres pleins d’agitation.

Durant une partie de l’année, l’activité est sans égale dans ce petit monde. Les Chenilles, les larves dévorent avec une avidité incomparable; elles mangent, elles rongent sans cesse, devant grandir dans le moins de temps possible. Les Insectes ailés se recherchent, se poursuivent, pour accomplir au plus vite leur mariage de quelques moments. Les femelles fécondées sont en quête d’un endroit propice au dépôt de leurs œufs. Les espèces laborieuses, tous ces Hyménoptères, ces Mouches à quatre ailes, comme le vulgaire les appelle, qui semblent vivre uniquement pour le travail, se montrent occupées comme si elles avaient conscience qu’elles n’ont point un instant à perdre. C’est l’Abeille solitaire creusant le sol ou les murs décrépits, bâtissant des cellules ; puis humant le miel, récoltant le pollen des fleurs, et s’empressant de porter ces provisions dans les cellules destinées à recevoir un œuf. C'est le Sphex aux allures vives, enlevant une chenille où un autre insecte, et se hâtant d'aller l’enfouir dans son nid pour servir de pâture à sa larve. Ailleurs, l’Ichneumon, au corps svelte, aux antennes vibrantes, rencontre une chenille, et lui perçant la peau d’un coup de sa tarière, dépose un œuf dans le corps de l'animal sans défense. Les espèces carnassières, fortement cuirassées et vigoureusement armées, sont à la poursuite des espèces phytophages. Les larves carnassières, à la peau molle et facile à blesser, tendent des piéges avec une habileté incroyable et se tiennent à l'affût pour s'emparer de leur proie.

n LES MÉTAMORPHOSES DES INSECTES.

Sur un autre point, le spectacle est différent. Le cadavre d’un animal est gisant sur la terre, le sol est souillé d'immondices. Des Diptères s'arrêtent sur ces matières dont la présence blesse nos sens; des Coléoptères les fouillent. Bientôt des larves fourmillent au milieu de ces affreux débris, les anéantissent ou les disséminent dans la terre.

Merveilleuse mission de ces Insectes! Ils fertilisent le sol en éparpillant les détritus; ils font disparaître les matières dont les émanations vicient l'atmosphère. ;

Mais tous ces êtres ne remplissent-ils pas un rôle au sein de la nature? Une plante se propage à l'excès ; les Chenilles arrètent la propagation exagérée de cette plante. Les Chenilles apparaissent en nombre trop considérable ; les Ichneumons se multiplient à leur tour, et tuent les Chenilles par milliers. Les espèces phytophages, dont la vie est facile, tendent toujours à accroître leurs populations ; les espèces carnassières empèchent cet accroissement.

Ainsi, à travers les siècles, est maintenu l'équilibre dans la création. Des perturbations peuvent se produire : les Sauterelles voyageuses viennent parfois désoler une vaste contrée. Ces perturbations sont plus ou moins passagères.

Si, en Europe, on a continuellement à s'inquiéter des espèces nuisibles, c’est que les immenses cultures ont altéré l’ordre de la nature.

Dans le tourbillon où s’agitent tant de créatures dont la merveilleuse histoire est encore si peu connue de la généralité des hommes, dominent constamment les deux grands instincts dévolus à tous les êtres : l'instinct de la conservation et l'instinct de la reproduction. L'instinct de la conservation donne à l'individu l’art de se procurer sa subsistance, la volonté de fuir, et la ruse pour échapper à des ennemis redoutables ou la hardiesse pour les combattre, L'instinct de la reproduction se traduit chez le grand nombre des animaux par le sentiment qui porte l'individu d'un sexe à s'unir à un individu de l’autre sexe.

Parmi les Oiseaux, l'amour de la progéniture existe chez le mâle comme chez la femelle. Au contraire, dans le petit monde que nous nous préparons à étudier, les mâles ont achevé leur mission dès l'instant qu'ils quittent leurs femelles; mais les femelles, les mères, n’ont pas fini. A la vérité, beaucoup d’entre elles n’ont plus à remplir qu'un devoir bien limité. Guidées par leur instinct, elles vont déposer leurs œufs dans l'endroit où ces œufs seront le mieux à l'abri des chances de destruction, où les jeunes larves qui doivent naître bientôt se trouveront dans la situation la plus favorable pour rencontrer la subsistance. Après leur ponte, ces femelles meurent; leur postérité est abandonnée à la Providence, qui ne l'abandonnera pas.

Une des plus grandes merveilles de la création, c'est le spectacle de la perfection organique à tous les degrés chez les ôtres. Dans chaque groupe, dans chaque famille de ce monde immense qu'on appelle le Règne animal, il y a des espèces d’une organisation moins parfaite que les autres, ayant des instincts peu développés; des espèces d’une organisation plus élevée, ayant des instincts admirables, des lueurs d'intelligence plus surprenantes encore.

Des femelles préparent des retraites, construisent des habitations pour leur postérité, emplissent ces demeures de provisions, et ne disparaissent de la scène qu'après avoir assuré l'existence de chaque larve qui sortira de leurs œufs. Quelquefois l'instinct de la maternité se manifeste sous une forme différente : la mère nourrit ses jeunes depuis leur naissance jusqu'au jour de leur métamorphose, n'oubliant jamais le devoir qui lui est imposé.

Ailleurs, c'est une mère vivant sans souci de sa progéniture, mais entourée d’une foule de travailleuses, d’une nuée de nourrices qui suppléent à son insuffisance.

L'instinct de la maternité, avec toutes ses ardeurs sublimes, se montre chez quelques-uns de ces êtres dont nous allons esquisser l’histoire.

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