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vol bas qui ressemble à un sautillement, des teintes tristes, brunes, grises, ou d’une nuance fauve sans vivacité : ; ils paraissent être, au milieu de la foule des espèces parées de belles couleurs, de véritables plébéiens, comme Linné en avait jugé. On les voit partout, depuis le commencement jusqu’à la fin de la belle saison. :
Les plus grands sont le Silène (Satyrus circe), qui est surtout répandu dans nos départements méridionaux ; le Sylvandre (S. hermione), se posant habituellement sur les roches. Dans les localités arides et montagneuses, le Grand-Nègre-des-bois (S. phœdra), auquel ses ailes très-sombres, avec des taches ocellées, donnent une assez belle apparence. Parmi les espèces de taille moyenne, volent, dans les endroits arides et rocailleux, le Faune (S. fauna) et V Agreste(S. semele). Les plus communs sont l'Ariane d'Engramelle(S. mæra) et le Satyre de Geoffroy (S. megæra), qui voltigent sur les chemins, et surtout le long des murailles ; le Pireis (S. ægeria) et la Baccanthe (S. dejanira), qui habitent les bois et se cachent dans les fourrés; le Myrtil (S. janira), qui aime les clairières, recherchant les fus des Ronces, de même que le Tristan (S. hyperanthus). Les plus petits, ayant généralement les ailes fauves, d'un ton uniforme, sont l Amaryllis (S. tithonus), le Mélibée (S. hero), le Céphate (S. arcanius), le Procris (S. pamplilus), le plus petit et le plus abondant entre tous.
Il est des espèces de Satyrites de l'Amérique du Sud bien différentes des nôtres sous le rapport des contours et de la coloration des ailes. Les Hætera du Brésil et de la Guyane ont les ailes festonnées et en partie transparentes. Leurs écailles, presque disséminées, deviennent très-grèles en certains endroits et finissent par être de simples petits poils; la membrane alaire est irisée : de là de très-jolis effets de miroitage, des teintes mordorées qu’on n’observe pas ailleurs.
Les Érvanpes, troisième famille ce Lépidoptères diurnes,
pourraient, au premier abord, passer pour des réductions des espèces des deux familles précédentes, Papilionides et Nymphalides. Véritables miniatures, parmi les Papillons de jour, elles sont aussi bien partagées que les grandes espèces sous le rapport des formes, sous le rapport de la variété, de la suavité du coloris. Pour les unes, les formes des espèces du genre Papillon semblent avoir été imitées; pour les autres, les formes des Nymphales.
Pour des yeux exercés, il est extrêmement facile de reconnaître à première vue une espèce quelconque de la nombreuse famille des Érycinides. Un port particulier, une physionomie spéciale, servent suffisamment à ceux qui ont étudié les collections. Les caractères qui distinguent ces Lépidoptères, soit des Papilionides, soit des Nymphalides sont faibles en réalité. Les pattes antérieures sont fréquemment impropres à la marche, comme chez les Nymphalides., mais il est ordinaire qu'elles atteignent le même développement que les autres chez les femelles. Dans tous les cas, les crochets des tarses sont extrèmement petits. Les antennes sont terminées en massue ovalaire. Les palpes ont le dernier article nu presque dégarni d’écailles.
A l’état de chenilles, les Érycinides sont vraiment remarquables. Leur corps est court, ramassé, large, avec une très-petite tête. C'est l'apparence des Cloportes, par conséquent un aspect très-différent de celui de toutes les autres chenilles. Pour se transformer, elles s'attachent exactement comme les Papilionides, au moyen d’une ceinture et par l'extrémité du corps. Les chrysalides sont courtes, massives, obtuses.
Les Érycinides ont très- ordinairement les ailes postérieures terminées par un prolongement caudiforme d’une longueur trèsvariable suivant les espèces. Aussi les anciens entomologistes appelaient-ils ces jolis Papillons, les Petits-Porte-queue. Gette famille de Lépidoptères se partage d'une manière très-naturelle en deux groupes, les Lycénites et les Érycinites.' Les premiers
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ont des palpes qui dépassent notablement la tête; les seconds ont ces mêmes palpes tout à fait exigus,
Les Lycénites ont de nombreux représentants en Europe, entre soixante-dix et quatre-vingts, que l’on répartit dans quelques genres faciles à distinguer. Les Théclas, les Polyommates, les Lycénas. Les Théclas ont leurs ailes postérieures prolongées en une petite queue, des antennes avec une massue médiocre ment épaisse. Ce sont de petits Papillons brunâtres en dessus pour la plupart, et en dessous d’une teinte claire, avec des lignes ou des dessins caractéristiques des espèces.
Prenons pour exemple l’un des Théclas les plus communs dans notre pays : le Porte-queue brun à ligne blanche de Ernst, où Thécla W blanc (Thecla W album). Le papillon est tout brun en dessus, avec une ligne blanche près du bord ; il est d’un gris clair en dessous, avec des lignes noires, rouges et blanches, l’une de ces dernières figurant, vers l'extrémité des ailes postérieures, la lettre W parfaitement reconnaissable : de là le nom adopté pour l’Insecte, et un caractère qui permet de le reconnaître sans difficulté. La chenille de cette espèce vit sur les Ormes et quelquefois sur l'Aubépine. Courte, élargie, déprimée en dessus, comme les autres chenilles de Lycénites, elle a toute l'apparence d’un Cloporte; cependant elle n’en a pas la couleur. La chenille du Petit-Porte-queue brun est ordinairement d’un vert-pomme qui ne diffère pas beaucoup de la couleur des feuilles de l’Orme, lorsqu'elles ont encore toute leur fraicheur printanière. Sa tête, très-petite, brunâtre, se retire entièrement dans le premier anneau du corps pendant le repos. Sur chacun de ses anneaux couverts d’une fine pubescence, on remarque deux petites saillies dorsales, et de chaque côté un trait plus obseur que la teinte générale de l'animal. Les pattes écailleuses de cette chenille sont très-petites ; les pattes membraneuses sont également fort courtes, et comme le corps est loin d'être svelte, on peut être assuré que l’Insecte doit être fort lent dans sa marche.
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Les épines des pattes membraneuses circonscrivent une cavité
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MÉTAMORPHOSES DU THÉCLA W BLANC (Thecla W album).
agissant à la manière d’une ventouse : c'est un indice que la chenille marche sur une surface d'ordinaire plane comme une feuille,
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qu'elle ne grimpe guère après les tiges. En effet, toutes les chenilles des Lycénites, très-lentes dans leurs mouvements, se déplacent fort peu. Après avoir rongé une feuille, elle se porte sur la feuille voisine, et c’est là leur plus grand voyage. De la couleur du feuillage au printemps et blotties habituellement à la face inférieure des feuilles, ces chenilles sont difficiles à apercevoir. C'est une sauvegarde contre leurs ennemis, tous les insectivores, qui volontiers en feraient leurs délices.
Les chenilles du Thécla W blanc se trouvent communément sur les Ormes de nos routes, des pares, de la lisière des bois ; elles se transforment en s’attachant aux feuilles sur lesquelles elles ont vécu. Les chrysalides, légèrement pubescentes, sont d’un gris brun, avec une rangée latérale de points noirs. Comme chez toutes les espèces du groupe, les anneaux de leur abdomen sont immobiles. Le papillon éclôt une quinzaine de Jours après la métamorphose de la chenille, et on le voit voler pendant tout le mois de juin. On n’a pas encore observé où il dépose ses œufs, ni sous quelle forme l’Insecte passe l'hiver.
Tous les autres Théclas ressemblent à celui-ci par leur genre de vie comme par leur transformation. Le Thécla du Prunellier (Thecla Spini) se montre souvent dans les jardins. Le Thécla du Chêne (Thecla Quercs), dont les ailes sont glacées de bleu violacé, n'est pas rare dans les bois. Le Thécla de la Ronce (Thecla Rubi) est commun dans la plupart des taillis où croît la plante qui nourrit sa chenille. Il offre une coloration exceptionnelle chez les Lépidoptères; ses ailes, brunes en dessus, sont en dessous d'un vert clair uniforme. Une espèce de la Californie (Thecla dumelorum, Boisd.) en est toute voisine, ayant ses ailes absolument de la même couleur. Il est du reste très-remarquable de voir combien une foule d'espèces de la partie occidentale de l'Amérique du Nord ressemblent-aux espèces de l'Europe tempérée.
Le genre des Polyommates se distingue des Théclas par les antennes, dont la massue est plus courte et plus épaisse, et par
les ailes postérieures sans prolongement. Le nom de Polyommates, qui signifie beaucoup d'yeux, fait allusion aux petites taches cerclées, assez semblables à des yeux, qui ornent la face inférieure des ailes de ces jolis Lépidoptères. En dessus, les ailes des Polyommates sont en général d'un fauve doré et d’un éclat métallique produit à peu près de la même manière que chez les Morphos. Toujours chez les femelles, quelquefois chez les mâles également, ces ailes brillantes sont tachetées de noir.
Pendant leur premier âge, les Polyommates ressemblent extrêmement aux Théclas. L'espèce la plus commune du genre est le Pronzé de Geoffroy (Polyommatus phlæas ). Comme quelques Vanesses, elle a une grande partie du monde pour patrie; elle vole partout sur les chemins, dans les champs rocailleux, dans tous les endroits découverts. Le Polyommate de la Verge-d'or (Polyommatus virgaureæ) est le plus étincelant : les ailes du mâle sont d’un rouge doré uniforme. C’est une espèce qui habite les Alpes et qui ne se trouve jamais que dans les pays de montagnes. Le Polyommate chryseis (Polyommalus chryseis), où l'Arqus-satiné-changeant d'Engramelle , presque aussi beau, mais d’un ton un peu violacé et chatoyant, est parfois abondant dans les grandes forêts. C’est charmant, au mois de juin, de le voir briller au soleil, dans les petites avenues de la forêt de Chantilly.
Sous le nom de Lycéna, on a distingué des Polyommates toutes les petites espèces aux ailes bleues en dessus, quelquefois brunes chez les femelles, et généralement ornées en dessous d'une multitude de taches ocellées. Ce sont de vrais Argus, comme les appelaient les anciens entomologistes, et comme nous voudrions les appeler encore, si le nom d’Argus ne désignait, depuis Linné, une espèce en particulier.
A ce genre se rattache le Porte-queue bleu strié de Geoffroy (Lycæna bætica), d'un bleu grisâtre en dessus, tout strié en dessous, et orné à l'angle des ailes postérieures de quelques points
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ocellés, ayant une pupille d'or. C’est un joli petit papillon, auquel la petite queue de ses ailes donne infiniment d'élégance. IL est fort répandu dans l'Europe méridionale, en Afrique et en Asie, et il est devenu commun dans une grande partie de la France, depuis que le Baguenaudier a été propagé dans les pares et les jardins. Sa chenille vit dans les siliques de cet arbrisseau et en ronge les graines.
La plupart des Lycenas n’ont pas de rayures à la face inférieure de leurs ailes, mais seulement des taches ocellées. Partout, dans les plaines, au milieu des champs de Trèfle, de Sainfoin, de Luzerne, voltige l'Argus bleu (Lycœna alexis). Le mâle a les ailes du plus beau bleu de ciel, avec des reflets cha toyants; la femelle a les ailes brunes. Sa chenille vit sur les Légumineuses les plus répandues. L’Argus bleu céleste (L. adomis), un peu moins abondant que le précédent, est peut-être encore plus joli. L'Argus bleu nacré (L. corydon) se plaît dans les avenues des bois et dans les plaines arides. Les chenilles de ces espèces vivent sur différentes Légumineuses.
Les Erycinites, dont les variétés de formes sont extrèmes, habitent les régions chaudes du monde. Par leurs premiers états, par leurs métamorphoses, d'après les observations de plusieurs voyageurs, elles diffèrent fort peu des Lycénites. Une seule espèce de ce groupe se trouve en Europe, et cette espèce a la coloration et toute l'apparence d’une petite Mélitée : des ailes fauves quadrillées de noir. C’est la Lucine ou le Fauve à taches blanches d'Engramelle (Nemeobius lucina), Lépidoptère très-commun au mois de mai, dans les clairières des forêts et des grands bois. Sa chenille possède la physionomie des Cloportes, comme celle des autres Erycinides, et sa chrysalide, ramassée, obtuse, est couverte d’une fine pubescence.
Les Hespérupes, qui forment notre quatrième famille de l’ordre des Lépidoptères, s’éloignent d'une manière très-notable des types précédents. Ce sont des Diurnes qui déjà se rapprochent
des Nocturnes d’une façon saisissante. Ils ont un corps épais; une tête forte, élargie; des antennes renflées en une massue allongée comme un fuseau, et souvent courbée à l'extrémité, à la façon d’un crochet ou d’un hameçon. Leurs pattes sont bien développées, et les postérieures en particulier sont fortes, avec leurs jambes munies de deux paires d’épines. Les ailes de ces Lépidoptères ont une ampleur très-médiocre, relativement au volume du corps; elles ont très-généralement des couleurs grises, brunâtres, fauves.
Les Hespériides étaient mises par Linné au nombre des Plébéiens; cette classification était justifiée par une taille petite, par des couleurs ternes, par un vol saccadé, lent, humble en quelque sorte. En considération de leur allure incertaine, Geoffroy les nommait les Estropiés.
Ces Lépidoptères voltigent dans les endroits couverts, les étroites allées des bois, les taillis sombres; ils semblent presque confus de se montrer à la lumière. Les Hespériides sont parfaitement des Diurnes, et elles affectent une analogie d’allure surprenante avec certains Nocturnes.
Si les Hespériides, à l’état adulte, diffèrent beaucoup des familles précédentes, elles s’en éloignent aussi sous leur première forme. Leurs chenilles, par leur aspect, par leurs mouvements brusques, rappellent la démarche des Pyrales. Elles ont un corps mince, allongé, une tête grosse, arrondie. Pour dissimuler leur présence, elles se cachent souvent dans les rigoles d’une feuille dont elles retiennent les bords au moyen de quelques fils. Au moment de subir leur transformation, elles établissent avec plus de soin leur retraite, puis elles s’attachent par l'extrémité de leur corps comme tous les autres Diurnes, et s’enlacent en outre avec un certain nombre de fils entrecroisés : c’est une sorte de réseau très-léger. Les chrysalides sont minces, longues, anguleuses.
Les Hespériides ne sont, à proprement parler, qu'un grand
genre; mais, d'après des particularités ou des détails de faible importance, elles ont été réparties en plusieurs genres. Les espèces étrangères à l'Europe ont une taille moyenne. Ce sont les Eudames, surtout abondants dans l'Amérique du Sud. Quelques-uns d’entre eux se trouvent dans les régions méridionales de l'Amérique du Nord. Leurs premiers états ont été représentés dans le grand ouvrage de Smith et Abbot, et M. Agassiz a étudié les métamorphoses de l'Eudame tityre (Eudamus lityrus), dont la