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une mème tige, soient contiguës les unes aux autres. Bien différentes des galles de feuilles, elles offrent au centre douze à quinze cellules, ou même davantage, qui sont les logements d'autant de larves. Les Cynips éclosent au milieu de l'été, etilsemble probable que l'espèce a deux générations annuelles. On l’a nommée, à raison de la coloration de la femelle, le Cynips terminal (Cynips terminal). Les deux sexes diffèrent beaucoup entre eux : le mâle,
Femelle, Mâle, CYNIPS TERMINAL
(Cynips terminalis).
pourvu de grandes ailes diaphanes, a le corps d’une teinte fauve assez claire et uniforme; la femelle, absolument privée d’ailes, est plus brune, avec la partie postérieure de son abdomen d’un noir luisant.
Chez l'un des plus gros Cynips connus, les ailes manquent dans les individus des deux sexes (Cynips aptera). Cette espèce pro duit des galles volumineuses sur les racines des Chênes.
Personne n'ignore, pensons-nous, que les noix de galle du commerce, employées à la confection de l'encre et des teintures noires, sont dues également à la piqüre d’un Cynips, le Cynips des galles à teinture (Cynips galle tinctoriæ). Ces galles, particulières à un Chêne de l'Orient (Quercus infectoria), sont d'une remarquable dureté, de forme arrondie, avee quelques tubereules
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à leur surface; elles ne renferment jamais plus d’un habitant. La cellule étant médiocrement spacieuse, les parois ont ainsi une extrème épaisseur, et cependant le petit Cynips les perfore sans grande difficulté pour venir à la lumière.
Les noix de galle font l’objet d'un commerce qui n'est pas sans importance. En 1865, d'après le Tableau officiel, il en a été importé en France 739881 kilogrammes, représentant une valeur de 2891 662 francs.
Une des galles les plus singulières est celle du Cynips du bédégar (Cynips bedeqaris), que l'on observe communément sur les charmants Églantiers qui poussent le long des haïes et à la lisière des bois.
L'Insecte adulte, long de 4 à 5 millimètres, la taille ordinaire des Cynips, est d’un noir luisant, avec les pattes et l'abdomen, sauf l'extrémité, d’un brun ferrugineux, et les ailes diaphanes légèrement enfumées.
A la fin de mai ou vers le commencement de juin, les Cynips pondent leurs œufs; les galles se forment, grossissent d’abord avec lenteur, puis avec une certaine rapidité; lorsque vient l'automne ; quand arrive la saison froide, elles sont tout à fait développées.
Les galles du Cynips de l'Églantier sont des plus étranges parmi toutes les galles connues : quelquefois arrondies, plus souvent élargies, et plus ou moins irrégulières, elles rappellent la forme des nèfles, dont elles ont, du reste, à peu près le volume. Ces galles semblent toutes moussues ; on les croirait composées d'une multitude de filaments rameux, rapprochés les uns des autres : de là le nom de galles chevelues, qui leur à été appliqué. Cette dénomination pourtant n’est pas la plus habituellement employée, celle de bédégars a été presque partout adoptée.
A la fin de l'été, les bédégars, ou galles du Cynips du Rosier, présentent des nuances vertes et rouges entremêlées, dont l'effet est charmant. Portés, comme ilsle sont, sur une sorte de pédicule, on penserait volontiers avoir sous les yeux des fruits d'un genre
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inconnu. En hiver, les galles chevelues perdent leurs riches teintes, et deviennent d’un ton brunâtre uniforme.
A ne considérer que la surface de nos bédégars, on se douterait peu de leur dureté; cette mousse qui les revêt, si fine et si douce, semble les constituer en totalité. Il faut essayer de couper ces galles pour apercevoir jusqu’à quel point les larves des Cynips sont bien protégées. En effet, la partie ligneuse du bédégar a une grande épaisseur et un tissu fort serré.
Une de ces galles étant fendue perpendiculairement par le milieu, on voit les loges assez irrégulières qui occupent l’intérieur. Chaque loge est habitée par une larve qui, dans l’espace le plus resserré du monde, se développe et subit toutes ses transformations.
Les larves des Cynips de l'Églantier sont, comme nous avons dépeint d'une manière générale les larves de Cynips, blanchâtres, avec les yeux seuls colorés. Une fois qu’elles ont pris tout leur accroissement, ces larves passent par un long temps de repos ; elles se raccourcissent, se ramassent sur elles-mêmes, et demeurent à peu près immobiles depuis la fin de l'automne jusqu'au printemps suivant. A cette époque, s'effectue la métamorphose en nymphe. Les Cynips ne vivent guère plus de dix à quinze jours sous cette forme : les Insectes adultes éclosent ; mais si la température est froide encore, ils restent dans les loges étroites où ils viennent de naître, attendant, pour sortir, que le temps chaud se fasse sentir pour tout de bon. Quand on ouvre des bédégars au printemps, il est très-fréquent de voir les Cynips sur le point de percer la paroi de leur prison pour s'échapper.
Les seules galles en usage dans l’industrie sont les noix de galle, et cependant d'autres peut-être seraient susceptibles de fournir des produits utiles. M. Weddell a vu dans les Cordillères des Indiens tirer une belle couleur verte d’une galle particulière. Il serait à désirer que des essais fussent entrepris avec nos espèces indigènes.
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En Orient, dans quelques parties de l'Europe méridionale, en Afrique, des Cynips vivant dans les figues sont employés à hâter la maturité ou caprificalion de ces fruits. On attache des figues contenant des Cynips sur les Figuiers tardifs ; les Insectes en sortent, s’introduisent couverts de poussière fécondante dans l'in térieur des nouvelles figues, et hâtent la maturité des fruits en fécondant les graines. Ge sujet a donné lieu à une foule décrits de la part de de la Hire, de Tournefort, de Linné, ete., dans le siècle dernier; de Westwood, de Læw, etc., dans le siècle actuel.
(Ichneumonides, Chalcidides, Proctotrupides).
C’est un monde bien particulier que l’ensemble des Hyméno— ptères ici réunis sous le nom de Parasites. Monde immense d'êtres ayant tous les mêmes mœurs, les mêmes métamorphoses, les mêmes instincts. Ces Hyménoptères, c’est l’armée qui, dans la nature, a pour fonction d’empècher la multiplication excessive des espèces phytophages. Chaque Parasite, müû par un instinct indéfinissable, attaque, en particulier, une espèce déterminée ou des espèces voisines, et chaque espèce est exposée aux atteintes de plusieurs Hyménoptères parasites. Ce fait seul suffit à donner une idée du nombre prodigieux de ces Insectes dans la nature.
Ces Hyménoptères appartiennent à trois types parfaitement distincts; mais ces trois {types ont pour caractères communs la présence, chez les femelles, d’une tarière droite, mince, aiguë à son extrémité, et la forme des pattes, celles-ci toujours longues, grèles, simples, c’est-à-dire dépourvues de toute armature. À l'état adulte, les Parasites sont des Insectes de proportions élégantes, doués d’une vivacité et d’une agilité presque sans
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égales. Dans leur premier âge, ce sont des créatures incapables de se mouvoir, absolument privées de moyens de locomotion, dont les téguments sont mous, faciles à déchirer. Les larves de ces Hyménoptères, d'apparence vermiforme, naissent et arrivent au terme de leur croissance dans un état de développement organique très-peu avancé. Au reste, le contraste entre la faiblesse des nouveau-nés et la puissance des adultes, déjà si prononcé chez les Parasites, deviendra beaucoup plus frappant encore chez les Hyménoptères industrieux.
Tous les Parasites recherchent la chenille, la larve, l’Insecte qui leur convient, pour introduire un œuf dans son corps. De l'œuf du Parasite naît une larve qui d’abord se nourrit du sang, de la graisse de sa victime, respectant d’une manière absolue tous les organes essentiels à la vie, car la mort de la victime amènerait fatalement sa propre mort; c’est seulement lorsqu'elle approche du terme de sa croissance, de l’époque de sa transformation en nymphe, que, n'ayant plus besoin de rien épargner, elle dévore en entier les parties internes de l’Insecte aux dépens duquel elle à vécu. La peau, l'enveloppe tégumentaire seule est respectée, et cette dépouille souvent servira à la protection de la nymphe du Parasite.
Il nest pas d'Insectes qui ne soient exposés aux attaques de plusieurs Hyménoptères parasites. On voit souvent des chenilles lisses, de couleurs claires, ayant sur la peau un point noir : c’est la cicatrice de la petite plaie produite par la tarière de l'Hyménoptère introduisant un œuf. Quand les entomologistes rencontrent de ces chenilles ainsi marquées, ils reconnaissent qu'elles ne subiront pas toutes leurs métamorphoses, car elles sont rongées par un Parasite; dans leur langage, ces chenilles sont ichneumonées. Il est des chenilles qui sont détruites à peu près vers le temps où leur croissance est achevée; il en est d’autres qui se transforment en chrysalides, mais là est le terme de leur existence, Que l’on se figure la surprise, la stupéfaction
des premiers observateurs, en voyant sortir d’une chrysalide de Lépidoptère un Hyménoptère : ils ne savaient rien encore de la vie des Parasites; le fait dont ils étaient témoins demeurait pour eux sans explication possible.
Les Hyménoptères parasites, dont nous connaissons aujourd'hui toutes les conditions d'existence, ne sont pas cependant sans être pour nous un sujet d’étonnement par les manifestations de leurs instincts. Quand nous voyons l'Hyménoptère rencontrant une chenille vivant à découvert, nous imaginons qu'il la découvre comme nous la découvririons nous-mêmes ; mais quand nous constatons qu'il atteint sans la voir une larve logée dans un fruit, dans une branche d'arbre, dans un tronc, nous nous demandons par quelle faculté l’Insecte parvient à ce résultat, et nous n'avons pas de réponse satisfaisante à nous faire.
On met volontiers cette faculté sur le compte d’un odorat trèssubtil, mais c’estune simple supposition n'ayant pour elle qu'une certaine vraisemblance. Un autre instinct de ces Hyménoptères n’est pas moins curieux. Le Parasite de grande taille dépose un seul œuf sous la peau d’une chenille ou d’un autre Insecte; car une seule de ses larves destinées à devenir grosses épuisera en entier sa victime; s’il y avait deux ou trois larves, la victime serait anéantie longtemps avant la fin de leur croissance, et elles périraient faute d'aliments. Au contraire, si le Parasite de taille moyenne s'attaque à une espèce d’assez forte dimension, il introduit dans son corps deux ou trois œufs, et s’il est d’une taille exiguë, il fera sa ponte entière, cinquante, soixante œufs dans le même Insecte. Ne dirait-on pas que l'Hyménoptère parasite est en état d'apprécier, de calculer, d’après le volume de sa victime, combien celle-ci pourra nourrir de larves de son espèce?
Tous les Insectes ne sont pas au même degré exposés aux attaques des Parasites : ceux qui savent se construire des abris le sont moins que ceux qui vivent à découvert; les chenilles trèspoilues, épineuses, moins que celles qui sont rases. Ces longs poils
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touffus, ces épines rameuses, couvrant leur corps, paraissent être des instruments capables de les protéger contre les atteintes des Ichneumons. Par les mouvements qui leur sont imprimés, poils et épines gênent l'Hyménoptère cherchant un point vulnérable, et parfois l'Hyménoptère échoue dans son entreprise. Il a besoin de lutter d'adresse avec l’Insecte dominé par l'instinct de la conservation. La lutte dans la vie est la loi de la nature pour tous les êtres.
Les Hyménoptères parasites recherchent surtout des larves pour opérer le dépôt de leurs œufs, et c'est là une nécessité facile à comprendre. La vie de la plupart des Insectes adultes étant fort courte et exposée à une foule de hasards, l’existence des larves parasites serait bien incertaine. Des Insectes adultes, dont la vie est assez longue, se trouvent seuls en butte aux atteintes des Ichneumons. Des Coléoptères tout cuirassés, tels que des Charançons, ne sont pas épargnés ; l’agile Hyménoptère les pique de sa tarière au défaut de la cuirasse, c’est-à-dire entre les articulations.
S'il est des Parasites d’assez grande taille, il s'en trouve des quantités prodigieuses dont la dimension est d’une extrême exiguité. Plusieurs de ces Hyménoptères peuvent se développer à la fois dans le corps d’un Puceron, dans l’intérieur d'un œuf d'Insecte. Les œufs de divers Lépidoptères sont fréquemment détruits de la sorte.
Presque tous les Hyménoptères parasites introduisent leurs œufs sous la peau de leurs victimes, leurs larves ainsi ne se montrent jamais au dehors; mais on en connaît cependant qui collent simplement leurs œufs sur la peau de certaines chenilles ou d’autres Insectes. Les larves, venant à éclore, entament la peau de l'animal avec leurs mandibules, enfoncent dans son corps la partie antérieure de leur tête, et sucent son sang en restant suspendues à l'extérieur.
Tous les Hyménoptères parasites ayant à peu près le même
genre de vie, on peut être assuré de ne rencontrer parmi eux que d'assez légères différences de conformation. Îl est une diffé rence cependant de nature à être remarquée, elle est dans la longueur de la tarière des femelles. Les femelles qui déposent leurs œufs dans le corps des chenilles ou des larves se tenant à découvert ont une tarière fort petite; celles qui attaquent des larves enfoncées dans la terre ou protégées par certains abris ont une tarière plus longue, afin de les atteindre dans leurs retraites; celles qui recherchentles larves enfouies dans les troncs d'arbres ont une tarière énorme pour arriver jusqu'à elles. Ainsi, d'après la longueur de la tarière d’un Ichneumon, on sait à quelle sorte de larves s'en prend l’Hyménoptère.
Les Parasites jouent un rôle considérable dans la nature : ils empêchent la propagation indéfinie d'une foule d’Insectes; ils contribuent d’une manière incessante à maintenir dans de certaines limites la diffusion des espèces. En étudiant les Insectes les plus nuisibles à nos grandes cultures, on est singulièrement frappé de l'importance des services que peuvent rendre les Hyménoptères parasites. Les progrès de la culture ont favorisé à l'excès la multiplication de différents Insectes. L'abondance du végétal dont ils se nourrissent leur a été fournie; les conditions les plus favorables ont été créées, pour les espèces qui rongent les racines, par un extrême ameublissement de la terre. De là ces apparitions immenses d'Insectes qui dévorent la Vigne, les Oliviers, les Céréales, les Colzas, les Betteraves, les plantes fourragères et potagères, ete., menaçant parfois de tout anéantir sur de vastes étendues. Le cultivateur s’en prend naïvement à la pluie, à la sécheresse, à la direction du vent qui a régné, et s'attend à voir disparaître le fléau avec un changement atmosphérique. Il se rappelle, en effet, qu'à une autre époque, les champs avaient été dévastés par les mêmes Insectes, et que ces derniers ont à peu près disparu après avoir fait beaucoup de mal. Le cultivateur se lamente et appelle à son secours la Providence.
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La Providence ici se manifeste sous la forme des Hyménoptères parasites. Chacun imagine bien que l'Ichneumon, déposant un seul œuf dans le corps d’une chenille, ne parvient pas toujours, dans les circonstances ordinaires, à rencontrer soixante ou quatrevingts chenilles de l'espèce qui lui convient pour effectuer le dépôt de tous ses œufs; il périt alors, laissant une postérité bien restreinte. Mais dans les circonstances où notre Hyménoptère trouve partout à sa portée les individus qui lui sont nécessaires, presque aucun de ses œufs n’est perdu. Un seul [chneumon frappera mortellement une légion de chenilles, et l’année suivante les Parasites seront si nombreux, que l'œuvre de destruction marchera avec une étonnante rapidité. Voilà les Insectes nuisibles à la végétation devenus rares : les IHyménoptères abondent au contraire et se trouvent dans l'impossibilité d'assurer le dépôt de leurs œufs; ils périssent la plupart sans laisser dé postérité, et alors l'espèce phytophage recommence à se multiplier en paix,
C'est ainsi que se produisent, dans un grand nombre de circonstances, les apparitions et les disparitions successives de certains Insectes. L’explication a bien des fois déjà été donnée, mais les vérités, si simples qu'elles soient, ne se répandent qu'avec des peines infinies.
Pendant longtemps les naturalistes attachés à l'étude des Hyménoptères parasites se contentaient de les recueillir au hasard et de donner des descriptions de leurs formes et de leurs couleurs. C’élait se contenter de peu ; mais il est dans la nature des plus grandes choses d’avoir d'humbles origines. Maintenant les observateurs se préoccupent de savoir aux dépens de quelles espèces vivent ces Parasites. Dans un intéressant ouvrage sur les Insectes nuisibles, M. Goureau, un colonel du génie aujourd'hui en retraite, investigateur sagace et ingénieux, s’est appliqué à faire connaître les Parasites de chacune des espèces dont les agriculteurs ont à s'inquiéter.
L'épithète de Parasites a été acceptée d'une manière générale
pour qualifier les Hyménoptères dont les larves vivent dans le corps d’autres Insectes, et, en l'absence d’un autre terme précis, nous sommes à notre tour obligés de l’accepter; elle est cependant vicieuse. Un entomologiste auquel on doit des observations de mœurs, et particulièrement des travaux descriptifs sur les IHyménoptères, le comte Lepelletier de Saint-Fargeau, s'est efforcé de prouver qu'il fallait employer le mot de Parasites dans une acception beaucoup plus restreinte que ne le font d'ordinaire les naturalistes. Se fondant sur la vraie signilication du mot, il a dit: le parasite est l'individu qui vit aux dépens d'autrui en mangeant son bien, et non pas en mangeant l'hôte lui-même. Or, parmi les Hyménoptères, il existe en nombre, nous le verrons bientôt, des espèces qui dévorent les provisions que d’autres Hyménoptères ont amassées pour leurs larves, sans jamais attaquer ces dernières. Ces espèces seules devraient s’appeler des Parasites, d'après le sentiment de Lepelletier de Saint-Fargeau, d'accord avec cette définition du Dictionnaire de l'Académie française : «Le parasite est celui qui fait métier d'aller manger à la table d'autrui.» Malgré la justesse de la remarque, la pauvreté de la langue nous oblige à continuer de qualifier de parasites les Hyménoptères dont les larves vivent de la propre substance d’autres Insectes.
Nous avons dit que ces Hyménoptères appartiennent à trois types très-faciles à reconnaître. Ils forment ainsi trois grandes familles : les Ichneumonides, les Proctotrupides, les Chalcidides.
Les IcuNeumonnes ont presque toujours un corps long, mince, des pattes grêles; des ailes relativement assez grandes, très— veinées, les nervures formant des cellules complètes; des antennes vibratiles, longues, filiformes, rapprochées à leur insertion et. composées d’une longue suite d'articles; des màchoires pourvues de longs palpes.
Tout, dans la conformation des Ichneumons, dénote l’agilité :
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le corps souple, d’un poids très-faible, les pattes propres à la course et les ailes puissantes. Les yeux saillants, et surtout les antennes, dans un état de vibration continue, donnent à ces Insectes une physionomie vive et animée. Quand on veut les saisir, ils s'échappent avec une prestesse merveilleuse, et les femelles que l’on maintient entre les doigts cherchent à se défendre avec leur tarière, instrument du reste peu dangereux, vu l'absence de tout appareil vénénifique.
Dans cette immense famille des Ichneumonides, nous distinguerons les représentants de deux tribus et de quelques groupes ou grands genres. Les deux tribus sont les Ichneumonines et les Braconines. Chez les premiers, on compte quatre articles aux palpes de leur lèvre inférieure ; chez les seconds, trois seu— lement.
Commençons notre examen par les espèces auxquelles a été réservé plus spécialement le nom d’Ichneumons (groupe des Ichneumonites), appliqué autrefois à tousles représentants de la famille des Ichneumonides. Ceux-ci, en général d’une assez grande taille, ont l'abdomen arrondi sur les côtés et une tarière fort petite, qui, dans l’état de repos, ne fait nullement saillie à l'ex trémité du corps. Les Ichneumonites introduisent leurs œufs dans le corps de chenilles ou d’autres larves vivant à découvert.
Les espèces composant le genre Ichneumon des entomologistes de l’époque actuelle ont l'abdomen assez épais, attaché au thorax par un assez long pédicule. Ces Insectes, aux formes élancées, sont ordinairement parés de bandes et de taches Jaunes ou rougeâtres qui se détachent sur un fond noir.
Les Pimplites sont des Ichneumonides dont l'abdomen est peu rétréci à son origine et dont la tarière est toujours fort saillante. Ghez les Pimplas, et particulièrement chez les espèces que les auteurs ont distinguées sous le nom d'Ephialtès, la tarière des femelles a une longueur beaucoup plus considérable que tout le
corps de l’Insecte. Prenons pour exemple le type du genre, un
Hyménoptère fort commun dans le centre et le nord de l'Europe, l'Ephialtès noir (Ephalles manifestator), que lon voit pendant l'été dans les avenues des bois, se posant sur les fleurs ou courant sur le tronc des arbres.
Son corps en entier est d'un noir luisant ; ses ailes transparentes sont légèrement enfumées, ses pattes longues et grèles, d'un roux vif avec les jambes et les tarses de derrière rembrunis. Le mâle est grêle et de taille médiocre, la femelle très-grande compara— tivement et beaucoup plus robuste.
Dans son premier état, cette espèce est parasite des larves de Buprestes et de Capricornes vivant dans l’intérieur des troncs. Rien de plus intéressant à voir que l'Ephialtès en quête d’une larve ou en travail pour opérer le dépôt d'un œuf. Par un beau temps, lorsque le soleil surtout est dans son éclat, ilsemble plein d'une indescriptible animation. Ses antennes, en perpétuelle vibration, s’agitent en divers sens; ses ailes frémissent; il parcourt un tronc avec une étonnante rapidité; par moments, il s'arrête, il explore, puis, rapide comme un trait, il se porte sur un autre point, renouvelant son exploration. Cent fois les mêmes manœuvres se répètent. Soudain, l’Insecte paraît prendre position en un endroit; il a reconnu la présence d’une larve à sa conve— nance, celle d’un Capricorne si c'est dans nos forêts, d'un Bupreste (Chalcophora mariana) si c’est dans les Landes ou dans les sombres forêts de Pins de l'Allemagne; il s’est assuré de l'existence d’une fissure qui lui permettra d'introduire sa tarière et d'atteindre sa proie. Alors, la tète dirigée en bas, fortement accroché avec ses pattes, il soulève son abdomen, ramène sa tarière par une vigoureuse contraction, la fait pénétrer par l'étroite fissure, et atteint la larve qui, reufermée dans son obscure galerie, semblait à l'abri de tout danger venant de l'extérieur. Dans ce mouvement, les deux valves de la tarière s’écartent, se courbent, prêtant un appui aux stylets qui pénètrent en droite ligne. Notre dessin montre l'Ephialtès pendant sa grave opération, le tronc coupé, afin de
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LES HYMÉNOPTÈRES. 339 faire voir comment se trouve piquée la larve du Capricorne, Tout
est sujet de surprise pour nous dans l'acte de l’agile Hyméno- ] (e pi
D'UREUN.
LES ICHNEUMONIDES DU GENRE PIMPLA,
Un Ephialtès noir (Zphialtes Manifestator\ mâle au vol — Un indivi
lu femelle de la même espèce introduisant un œuf dans le corps d'une larve de Capricorne, — Un Ephi
altès persundant (Rhyssa persuasoria) femelle,
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ptère; il reconnait malgré l'épaisseur du bois la prése larve, et il ne peut voir cette larve ; il a l'instinct de chercher et